Élever des abeilles ne s’improvise pas

Élever des abeilles ne s’improvise pas

Publié le 27/09/2018

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Abeilles. Fortement médiatisée, l’abeille séduit de nombreux amateurs. Des règles existent et le suivi sanitaire est important. Un plan varroa est développé en Limousin tandis que la filière s’organise au niveau Nouvelle-Aquitaine.

Si le nombre de détenteurs de ruches n’est pas connu avec précision, une tendance à la hausse est observée. En Haute-Vienne, de nombreuses structures, syndicats ou association, développent des ruchers écoles pour permettre aux personnes intéressées de s’initier à la vie des abeilles et de la ruche ainsi qu’à la récolte de miel. On considère que plus de 90 % des détenteurs de ruches sont des amateurs même si les professionnels concentrent la plus grande partie du rucher.

Après l’ouverture de la hausse, les abeilles sont enfumées sur le rucher de l’Association sanitaire apicole départementale (Asad) à Panazol. (Ph. NP)

Un plan de suivi varroa

Titulaire du diplôme inter-écoles Apiculture et pathologies apicoles, Delphine Audureau officie au Grasl où elle est chargée du PSE apicole depuis le début de l’année 2018. Elle travaille en lien avec l’Asad (Association sanitaire apicole départementale).

Le suivi du PSE apicole repose sur des visites de suivi et la réalisation de traitements anti-varroa. « On discute des pratiques développées, on propose des pistes d’amélioration et on établit un plan de lutte », indique Delphine Audureau qui met aussi en place des formations.

Elle indique : « Les problèmes de varroa sont la plupart du temps chroniques. Des progrès sont à faire. Deux types de luttes existent : la lutte zootechnique et la lutte chimique. » La lutte zootechnique comporte trois axes : le piégeage, la division de ruches et l’encagement de la reine.

Le piégeage se réalise avec l’emploi de cadres à mâles. En effet, le varroa s’installe généralement dans les cellules de mâles. Quand il est présent dans un cadre à mâles, une operculation est effectuée et le cadre est retiré de la ruche. Cette méthode, facile à mettre en œuvre et peu onéreuse, est la plus utilisée pour lutter contre ce parasite.

La division de ruche consiste à faire deux ruches à partir d’une seule. Une partie comprendra la reine et l’autre non. Pourquoi ce principe ? Le varroa se multiplie dans les larves d’abeilles. La partie qui n’a pas de reine n’aura très rapidement plus de larves. Le cycle reprendra quand les ouvrières en auront élevé une nouvelle (voir Le cycle d’une ruche). Ce principe permet donc de réduire la pression varroa pendant un laps de temps important.

Les cadres contenant le miel sont ensuite retirés. (Ph. NP)

L’encagement de la reine consiste à l’isoler pour l’empêcher de pondre. L’arrêt de la production d’œufs induit une baisse de la pression varroa. Dans notre région, cette pratique n’est pour le moment pas utilisée car un arrêt de la ponte se fait naturellement en hiver.

La méthode chimique est réalisée avec des produits de traitement spécifiques. Une vigilance est nécessaire à plusieurs égards. En effet, le varroa et l’abeille sont tous les deux des arthropodes. À forte dose, un produit nocif pour le varroa peut l’être également pour l’abeille.

Ces produits dégagent par ailleurs des molécules chimiques qui s’imprègnent dans la cire des cadres et dans le miel. Les résidus chimiques présents dans la cire y restent même quand elle est traitée pour fabriquer de nouveaux cadres. Ils peuvent parfois perturber le fonctionnement des abeilles.

Il est important de respecter l’ordonnance vétérinaire quand il y en a une et, à défaut, les recommandations du fabricant.

Une forte mortalité d’origine indéterminée

Cette année, un important problème de mortalité a été signalé dès février. Certaines personnes ont constaté beaucoup de pertes, d’autres moins.

Ce problème sanitaire d’envergure survient alors que le monde apicole est en train de se structurer au niveau de la Nouvelle-Aquitaine avec la mise en place d’une interprofession. Il est donc d’autant plus important de se mobiliser pour fournir des données chiffrées les plus précises possible afin de faciliter l’obtention de soutiens. Il s’agit d’être en mesure d’identifier avec précision les causes de cette mortalité et de dédommager les producteurs.

Sur le terrain, on sait qu’il y a une baisse du nombre d’oiseaux et d’insectes, indique Delphine Audureau. Les néonicotinoïdes sont souvent mis en cause car ils ont une action rémanente : ils restent dans le sol et dans la plante. Les apiculteurs soupçonnent également les semences traitées d’avoir un impact dans la rotation. Il est donc absolument nécessaire de travailler sur ce sujet pour lever toute ambiguïté et avoir une approche cartésienne, conclut-elle.

NATHALIE PÉNELOUX

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