Abeilles et arboriculture sont compatibles

Abeilles et arboriculture sont compatibles

Publié le 28/09/2018

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Initiative. En 2016, l’installation de ruches de manière permanente dans les vergers des adhérents de Limdor a démarré. Aujourd’hui, on assiste à un véritable développement d’une filière miel en lien avec les arboriculteurs.

En pomiculture, les abeilles sont utilisées depuis toujours pour la pollinisation. Pendant des années, les adhérents de Limdor ont introduit des ruches (de 2 à 4 par hectare de verger) au début de la floraison et les ont retirées à la fin de la floraison. « Les abeilles sont les sentinelles de l’environnement. Quand elles sont là, on fait attention. Mais la focalisation des gens sur la problématique de ces insectes pollinisateurs nous a fait réfléchir. Nous nous sommes demandé comment convaincre le consommateur que l’arboriculture menée de façon saine ne tuait pas les abeilles », indique en introduction Jean-Luc Soury, le directeur de Limdor.

Jean-Luc Soury et Gabriel Rodrigues présentent quelques-unes des ruches installées par la coopérative dans les vergers des adhérents. Au total, 2 000 ruches sont mises en place. (Ph. NP)

Des abeilles au verger toute l’année

En arboriculture, on soigne les pommiers et les pommes de manière adaptée pour lutter contre les parasites sans entraîner de risques ni pour la culture, ni pour le consommateur. Jean-Luc Soury compare les soins apportés à la culture aux soins prodigués à une personne malade : quand une dose raisonnable de produit est employée, le nécessaire est fait et il n’y a de risque ni pour le verger, ni pour la santé.

Pour faire prendre conscience de ce point aux consommateurs, il a été décidé d’introduire des abeilles dans les vergers de façon permanente en déclinant la charte du label Bee Friendly (voir encadré). Depuis la mise en place de ce programme, « les abeilles vivent avec les arboriculteurs qui continuent de fonctionner normalement », en traitant si besoin, mais pas plus. Aujourd’hui, les ruches fonctionnent ; les pertes d’abeilles ne sont pas plus importantes que dans un rucher classique, ce qui montre que les méthodes développées pour la conduite d’un verger sont en adéquation avec l’environnement.

De 500 à 2 000 ruches

Le programme a démarré à la floraison en 2016 avec l’installation de 500 ruches. Aujourd’hui, Limdor en compte 2 000 qui sont installées chez tous ses adhérents à raison de 2 à 4 par hectare.

La mise en place de ce projet a nécessité une grande organisation. « Depuis que l’on a déployé des ruchers sédentaires au sein de nos vergers, nous avons fait évoluer quelque peu nos pratiques et repensé l’aménagement de nos vergers en accord avec le référentiel Bee Friendly. Depuis 2016, nous n’utilisons plus de néonicotinoïdes sur nos vergers (ndlr : ces produits sont interdits depuis le 1er septembre 2018), 12 km de haies mellifères et 8 ha de jachères fleuries y ont été implantées », indique Gabriel Rodrigues. L’apiculture est un métier qui nécessite des compétences, souligne par ailleurs Jean-Luc Soury. Limdor a financé les ruches avec une aide de l’Union européenne à hauteur de 50 %. Les ruches, toutes dotées d’un essaim, ont été installées dans les vergers. En parallèle, la coopérative a passé des conventions avec six apiculteurs (ils vont bientôt être huit) qui font leur métier en toute liberté (conduite des essaims, multiplication, suivi sanitaire, etc.). Intégrés dans la logique Bee Friendly, ils sont depuis peu adhérents coopérateurs de Limdor.

« En 2017, 9 tonnes de miel ont été récoltées pour 800 ruches », indique Gabriel Rodrigues, technicien chargé du suivi des vergers et de cette opération à la coopérative. Pour aller encore plus loin dans la valorisation de ce produit, « nous avons investi dans une miellerie », précise Jean-Luc Soury. La miellerie comprend une salle de réception, une salle chaude, une salle d’extraction avec du matériel moderne, une salle froide et une salle de conditionnement.

Un véritable projet de filière

« Ce dispositif permet de faciliter l’installation d’apiculteurs. C’est un point intéressant car en France on manque de miel et d’apiculteurs. À Limdor, nous développons un véritable projet de filière : nous fournissons les ruches, les apiculteurs utilisent la miellerie gratuitement, nous les rémunérons au kilo de miel récolté et nous assurons la commercialisation du miel. Nous développons aussi des liens avec les établissements de formation agricole de Saint-Yrieix (qui développent des formations ad hoc) pour aller encore plus loin », ajoute le directeur.

Si des personnes sont intéressées par ce type de projet, elles sont invitées à se manifester. Tout est encore possible.

NATHALIE PÉNELOUX

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Jeunes bovins

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