« Il n’y a rien à attendre du gouvernement »

« Il n’y a rien à attendre du gouvernement »

Publié le 25/10/2018

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Retraités agricoles. Le 22 octobre, les différents thèmes chers aux Anciens exploitants étaient abordés dont la hausse inconsidérée des différentes taxes auxquelles ils doivent faire face avec des pensions très faibles.

La liste des points qui mécontentent les Anciens agriculteurs est longue cette année. Très longue même. Daniel Deschamps, le président de la section départementale, l’a rapidement brossée. « Nous ne sommes pas du tout contents du vote de blocage opéré par le gouvernement sur la loi qui devait porter nos retraites à 85 % du Smic. Avec les augmentations du 1er janvier 2018 (taxes sur les carburant, hausse de l’électricité, de la CSG...), nous avons perdu presque un mois de retraite et cela continue et empire. D’accord pour les taxes en faveur de l’écologie mais quand elles sont faites par des Parisiens, dans des bureaux parisiens, on en a marre ! », s’insurge le président. « Quand on est à la campagne, on n’a plus de boulanger, on n’a plus d’épicier ni de pharmacien ou de docteur. On a souvent besoin de prendre sa voiture. On n’a pas de métro, ni de trolley ! Pour ce qui concerne le réchauffement climatique, on a entendu aussi que la pollution était due aux vaches et au fumier. Il va falloir le dire à ceux qui nous remplacent », ajoute-t-il.

D. Deschamps est aux côtés de B. Bulan (FDSEA), S. Beaudoin-Hubière (députée) et Yves Raymondaud (Conseil départemental). Les anciens étaient au rendez-vous. (Ph. NP)

Pour lui, le manque d’argent pour assurer un montant de retraite honorable est un faux problème : « Quand on veut trouver de l’argent, on en trouve ! » D’ailleurs, il évoque les rentrées importantes issues de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les départementales. « N’y aurait-il pas un moyen de faire quelque chose ? », demande-t-il. Parce que pour le moment l’augmentation annoncée pour les retraites de 0,3 % correspond à 1,50 euro par mois pour les retraités agricoles... « On se moque vraiment de nous », dit-il.

Parmi les autres points évoqués, outre la réforme des retraites, il y a l’importance de remettre en place la demi-part fiscale supplémentaire pour les veuves et veufs, le traitement des femmes avec trois enfants qui devrait être le même pour toutes les femmes quelle que soit leur profession, et bien sûr la perte d’autonomie, un sujet qui continue de préoccuper. « Quand on doit mettre quelqu’un en maison de retraite, ça coûte cher ; les économies sont vite consommées. Ce serait bien que ce risque soit reconnu. »

Il n’y aura pas d’argent

Sophie Beaudoin-Hubière, députée de la première circonscription de la Haute-Vienne, vice-présidente de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale et positionnée entre autres sur les questions liées à la ruralité et à la fin de vie assistait aux travaux de l’assemblée générale. Elle a tenté de répondre aux points soulevés par Daniel Deschamps. Elle n’a pas donné d’espoir aux personnes présentes dans l’assistance. Pour elle, tout est clair, net tranché et sans appel. Arguant sur l’importante dette de l’État, « supérieure au seul budget de l’éducation nationale », elle a clos d’entrée la possibilité de revaloriser quoi que ce soit. Quant à « l’argent des radars » évoqué par le président Deschamps, il n’est pas du tout prévu qu’il abonde ce type de dépenses. C’est une question d’orientation budgétaire. La réponse est claire : il n’est pas question d’espérer.

À propos de la hausse de la CSG pour les retraités, la députée s’est dite « surprise d’entendre ça puisque les retraités de Haute-Vienne ont pour la plupart des revenus inférieurs au seuil qui déclenche la hausse ». Mais la CSG s’appliquant sur l’ensemble des revenus, y compris les revenus fonciers, les fermages reçus sont concernés. D’ailleurs, Boris Bulan, le président de la FDSEA, a remarqué que cette situation ne facilitait pas la reprise des terres en fermage. La députée a alors indiqué qu’un chantier sur la fiscalité agricole et le foncier était en projet.

Autre sujet qui fâche : l’environnement. Là non plus, la députée ne partage pas les impressions des anciens, ou ne prend pas la mesure de leurs préoccupations, ou les deux. Le carburant devient cher, tant pis, « il faut agir, dit-elle. Le réchauffement climatique est là et son coût sera très vite supérieur à toutes les taxes qui ont été mises ».

La question de la demi-part fiscale supplémentaire pour les veuves et veufs dont la suppression a été ressentie en 2014 pour certains, a fait l’objet d’un débat à l’Assemblée nationale. Sophie Beaudoin-Hubière a fait partie de ceux qui se sont mobilisés pour la restaurer, contre l’avis du gouvernement, rappelant au passage que « nous ne sommes pas des béni-oui-ouiLe débat a été très dur. Nous avons perdu mais obtenu l’exonération de la taxe d’habitation pour les personnes qui aurait été exonérées avec cette demi-part supplémentaire ».

La question de la dépendance, notamment de son coût souvent répercuté sur les descendants, ne trouve pas grâce à ses yeux non plus. Pour elle, si on a construit un capital, il doit servir à assumer ces frais-là. Ainsi, « à titre personnel, la maison que je suis en train de payer devra me permettre de ne pas pénaliser mes enfants si je me trouve dans cette situation », a-t-elle dit devant une assistance ébahie. Si d‘aucuns attendaient quelques signes encourageants pour des jours meilleurs, ils en ont eu pour leur argent...

Mais cette tendance suit une tendance fortement ancrée au niveau national. Les « petites gens » n’en finissent pas d’en faire les frais. Ainsi Andrée Guillou, vice-présidente de l’Anraf, suit le dossier retraites au niveau national. Plusieurs rencontres ont eu lieu à Paris. Les grands principes de la réforme des retraites ont été expliqués, notamment l’existence d’une pension minimale, d’un système universel et du maintien des pensions de réversion. Malgré quelques avancées, dont une petite hausse prévue pour la retraite des femmes, « j’ai cru comprendre que tous les conseillers étaient sous le contrôle du président de la République. La démocratie est abolie, on est sous une royauté », a-t-elle regretté.

NATHALIE PÉNELOUX

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