Grand débat : Autant de monde, autant de doléances

Grand débat : Autant de monde, autant de doléances

Publié le 04/02/2019

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Grand débat. La première réunion de Haute-Vienne s’est tenue à Aixe-sur-Vienne le 26 janvier. Devant une salle bondée, le député Djebbari a souvent tenté d’apporter quelques réponses aux nombreuses problématiques posées.

Pour la première réunion publique organisée dans le cadre du grand débat national, samedi 26 janvier à Aixe-sur-Vienne, la salle Yves-Montand était pleine. Des participants étaient venus parfois de loin, de Bellac par exemple, pour s’exprimer, car, après avoir consulté le site internet du grand débat, seule cette date était facilement visible.

Malgré les mouvements d’humeur parfois bruyants de la salle, le député Jean-Baptiste Djebbari a tenté plusieurs fois de défendre la politique menée par le gouvernement, lors de la première rencontre organisée à son initiative en Haute-Vienne dans le cadre du grand débat national. C’était à Aixe-sur-Vienne le 26 janvier. (Ph. Stéphane Monnet)

Tous n’arboraient pas un gilet jaune et les plus de quarante ans étaient fortement majoritaires. Les femmes, sous-représentées, ont parfois eu du mal à prendre la parole. Mais, malgré l’affluence des demandes, les micros ont largement circulé aux quatre coins de la salle.

Instigateur de la réunion, le député de la circonscription, Jean-Baptiste Djebbari, a pris régulièrement la parole pour faire connaître son point de vue ou celui du gouvernement, rectifier une information. La rareté de sa présence sur le terrain haut-viennois lui a été reprochée plusieurs fois, il s’en est expliqué, rappelant que sa permanence de Nexon était ouverte et accessible et qu’il avait fait le choix d’être un parlementaire à plein temps à l’Assemblée nationale.

L’argent du peuple

Les sujets abordés au cours des deux heures trente d’échanges ont été des plus divers. La question des taxes et des impôts est revenue régulièrement. Un fonctionnaire des impôts a ainsi regretté les avantages fiscaux accordés aux uns et aux autres, l’opacité de certains montages financiers qui permettent d’échapper à l’imposition  : « Il faudrait moraliser tout cela. S’il n’y a plus de morale, nous ne pouvons plus vivre ensemble. Nous avons besoin de chacun d’entre nous, du plus simple aux plus riches. Le peuple, c’est tout le monde. Du contestataire à l’autre. Et monsieur Macron est aussi le peuple. »

Retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), suppression de toutes les niches fiscales (Jean-Baptiste Djebbari a fait remarquer qu’un crédit d’impôt pour renouveler sa chaudière était une niche fiscale...), que « tous les gens qui ont un salaire paient un impôt sur le revenu, même si c’est 1 euro », baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, de nombreuses propositions ont émergé.

ISF et CICE

Sur l’ISF, Jean-Baptiste Djebbari est resté sur la ligne défendue par Emmanuel Macron, rappelant à nouveau que cet impôt, bien que symbolique, ne rapportait pas grand chose au budget de l’État.

Sur cette question, il a été pris à partie par l’ancien conseiller régional du Front de gauche, Stéphane Lajaumont : « L’ISF pose la question du consentement à l’impôt. Les plus riches ont les moyens de donner beaucoup plus. » Comme d’autres, il a enchaîné sur le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) mis en place sous la mandature de François Hollande  : « Le CICE, c’est 40 milliards pour l’année qui vient. Avec ces 40 milliards, il serait possible de recruter et de payer du début à la fin de leur carrière 16 000 enseignants supplémentaires. »

Un gilet jaune s’est insurgé que le CICE ait pu profiter à de grands groupes qui versent 50 % de leurs bénéfices aux actionnaires tout en licenciant. « Et l’argent du CICE part ailleurs qu’en France. Oui, pour qu’on aide les TPE, pas les multinationales. »

Jean-Baptiste Djebbari a reconnu des effets d’aubaine sur certains dispositifs, il a ensuite fait un peu de pédagogie en rappelant qu’il n’existait que trois façons de « financer une nouvelle dépense : faire des économies par ailleurs, mettre une nouvelle recette ou faire de la dette. »

Quelques invectives

Si la dette, les finances publiques et les impôts n’ont pas fait consensus, chacun voulant plus d’argent pour ce qui le concerne directement, d’autres sujets ont déchaîné les passions. Ce gilet jaune racontait comment son voisin agriculteur n’arrive pas à trouver un employé convenable pour traire ses vaches : « Il a eu deux candidats et finalement la personne qui est venue est restée deux jours et demi avant de lui dire qu’avec 900 euros de chômage, elle allait pas venir traire des vaches.

– C’est nul comme exemple !a lancé quelqu’un.

 Remettez la France au boulot !, s’est emporté un autre.

– Ouh ! Tu te trompes de cible, a réagi un troisième.

– Les cas sociaux, non ! »

Le passage du micro à un nouvel intervenant a permis de faire baisser la tension. Elle est remontée un peu plus tard lorsqu’un premier retraité a lancé aux gilets jaunes présents : « Je préfère que ma retraite soit discutée à l’Assemblée nationale que dans les ronds-points » et qu’un second s’est levé pour lire le petit bout de papier qu’il avait préparé et a égrené les maux de la France d’aujourd’hui, estimant que le « troisième cancer du Français, c’est l’émigration. Ça coûte et ça va coûter. » Il a achevé son intervention sous les huées d’une partie de la salle.

La dernière intervenante a abordé la question écologique, absente jusqu’ici : « On a 10 ans devant nous. Après, tout va s’écrouler, plus de services publics, plus d’État, plus d’eau au robinet, les centrales nucléaires qui vont péter. Il faut nous préparer à ce désastre plutôt que de le subir. »

STÉPHANE MONNET

Le CICE est un crédit d’impôt accordé aux entreprises à partir de 2013. Depuis le 1er janvier 2019 il est remplacé par un allègement de charges. Comme le CICE était remboursable sur trois ans, en 2019, certaines entreprises vont donc bénéficier du CICE et de l’allègement de charges, ce qui fait dire à certains qu’il coûtera deux fois plus cher.

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