Axione Limousin : dix ans d’une belle aventure technique et humaine

Axione Limousin : dix ans d’une belle aventure technique et humaine

Publié le 16/07/2015

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Ils sont trois, peu connus du grand public, ils ont œuvré au sein de l’entreprise Axione à l’aménagement numérique du Limousin. Pierre-Éric Saint-André, Éric Jammaron et Frédéric Bordes poursuivent ensemble une aventure commencée il y a dix ans.

En janvier 2005, Facebook n’est connu de personne, Twitter n’existe pas, la première Freebox vient juste de faire son apparition, Orange n’a pas remplacé Wanadoo et les élus du Limousin (toutes tendances confondues) ont décidé de s’attaquer à la fracture numérique. Leur projet : couvrir 93 % de la population avec des débits de 1, oui, 1 Mbps et raccorder au moins 73 zones artisanales. Pour l’époque, c’est ambitieux.

Depuis peu, les collectivités territoriales ont la possibilité de mettre en place des réseaux d’initiative publique (Rip). La Région Limousin, les trois départements, la ville de Limoges et les agglomérations de Brive, Tulle et Guéret s’unissent au sein du syndicat mixte Dorsal (Développement de l’offre régionale de services et de l’aménagement des télécommunications en Limousin) et optent pour une délégation de service public. Dorsal va confier à une entreprise privée le soin de construire l’infrastructure dont elle a besoin. L’entreprise privée s’engageant à financer 55 % des infrastructures en échange d’une concession.

Les candidats ne sont pas légion. Le Limousin ne représente, en 2005, que 0,8 % du marché français des télécoms. Dorsal reçoit les réponses de trois postulants. Parmi elles, une petite société qui exploite déjà un réseau en fibre optique à Pau et compte dans ses rangs Pierre-Éric Saint-André, Éric Jammaron et Frédéric Bordes : Axione.

Photo parue dans le journal Le Populaire début 2005.

« Nous avons appris que nous étions choisis le 24 décembre 2004, à Guéret, se souvient Frédéric Bordes, directeur d’Axione Limousin. Je savais bien que ça n’allait pas être simple. Nous avions deux ans pour déployer 1 200 km de fibre. Déployer sur une ville, c’est facile, nous savions faire. Mais là, ce réseau avait une autre dimension. Vu de l’extérieur, je ne sais pas à quoi cela ressemblait, mais de l’intérieur, ce fut deux années de folie ! ». Au plus fort des travaux, Axione coordonne le travail de 600 personnes sur le terrain. Faire le tour de la fibre qui est en train d’être posée représente un circuit de 560 kilomètres. « C’était une aventure technique et humaine », se souvient Frédéric Bordes. Il garde encore dans son bureau d’Ester Technopole une photo le montrant assis par terre, son ordinateur portable à ses côtés, des cartons dans un coin, le téléphone à l’oreille. Les meubles n’étaient pas encore arrivés.

« Avec Éric et Pierre-Éric, nous pensions que ce que nous faisions là allait structurer la suite. Le Limousin a été précurseur... Nous étions loin d’imaginer ce que représenterait ce chantier, mais ce que nous n’avions pas vu, c’était les difficultés que nous aurions à faire venir les gros opérateurs sur ce réseau public... Ils ne veulent pas venir sur les zones peu ou pas rentables. Finalement, c’est notre plus grosse réussite : lorsque nous sommes arrivés ici, la page était blanche. Il n’y avait que France Télécom, et, à la marge, SFR et UPC France. Dix ans plus tard, nous avons en Limousin 150 opérateurs alors que c’était une région qui n’intéressait personne du point de vue des télécoms. »

En dix ans, tout a changé

Dix ans plus tard, les trois hommes ont toujours plaisir à travailler ensemble et à se rencontrer. Même si l’entreprise a bien changé. Des 11 employés des débuts à Pau, ils sont aujourd’hui 700, dont une quarantaine à Limoges. Axione gère le Rip du Limousin, mais aussi des réseaux similaires dans le Jura, dans la Drôme, la Loire, en Bretagne, autour du Mans... La filiale de Bouygues Energies & Services a ainsi une quinzaine de Rip à son actif.

Entre les deux photos, dix ans se sont écoulés. Cette photo a été prise dans le Cantal à l’été 2014 lors de la dernière édition de Ruralitic. (De g. à dr.) Pierre-Éric Saint-André, directeur général d’Axione, Éric Jammaron, directeur du pôle « Territoires » de la société Axione, et Frédéric Bordes, directeur d’Axione Limousin, sont toujours là. Axione, qui comptait en 2005 une douzaine de collaborateurs, est aujourd’hui une filiale de Bouygues Energies & Services de plus de 700 salariés.

Mais si Axione a bien changé, le monde des télécoms aussi. De concentration en concentration, de nouveautés technologiques en usages, le paysage numérique de 2015 n’est plus celui de 2005. « Je crois que Dorsal ne pensait pas que cela irait aussi vite, analyse Frédéric Bordes. Dorsal n’a pas anticipé que le raccordement fibre devrait être inclus dans le contrat de concession. » Dorsal et Axione sont liés par contrat. Mais les Rip tels que nous les avons connus ont vécu. Les débits et les offres ne sont plus actuels. Le haut débit (HD) laisse rapidement la place au trés haut débit (THD). Le 1 Mpbs visé en 2005 n’a plus cours depuis longtemps et les objectifs sont désormais de 100 % de Ftth (fibre optique jusque chez l’abonné) à l’horizon 2035.

« Les collectivités avaient imaginé les Rip de première génération. Construire ensemble les Rip 2, pour nous, cela avait du sens. Le gouvernement n’a pas retenu cette solution. Pourtant, avec Dorsal, nous nous sommes engagés, et des fois, au-delà de ce qui était prévu. Si on ne l’avait pas fait, nous n’en serions pas là en Limousin », constate Frédéric Bordes. Le directeur d’Axione Limousin n’a pas d’amertume. Il reste convaincu que le travail effectué avec Dorsal était la meilleure solution.

Hollande a pris conscience des enjeux du numérique en Limousin

« Je l’ai dit à François Hollande, quand il est venu signer le contrat de plan État/Région. Je lui ai dit aussi que j’étais déçu. Pas surpris, mais déçu. François Hollande, je l’ai connu quand il était à Tulle puis comme président du Conseil général de la Corrèze. Il a découvert le problème du numérique, les enjeux, ici, en Limousin. Il pensait que c’était Orange qui allait tout faire. Il a vu ce qu’on avait fait, le travail de Dorsal. Je lui ai dit que j’étais déçu par l’articulation Rip 1/Rip 2. On ne permet pas aux collectivités qui avaient pris de l’avance de continuer avec le même délégataire... »

Et l’avance fond comme neige au soleil. Il va falloir lancer un nouvel appel d’offres pour le Rip 2, trouver une solution (sans doute financière) avec Axione dont la délégation de service public sur le Rip 1 court jusqu’en 2029. Faire la grande Région. Ce flot d’incertitudes n’entame pas le moral de l’énergique Frédéric Bordes : « Quoi qu’il arrive maintenant, ce fut une belle aventure. Quand je vais à Bordeaux, on me parle de Dorsal. Du modèle Dorsal. Je pense qu’il peut être transposé à l’échelle de la grande région. Dorsal, c’est une pépite qui ne demande qu’à briller. »

Stéphane Monnet.

La carte du réseau exploité par Axione Limousin.

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