Le budget se verdit doucement

Le budget se verdit doucement

Publié le 13/01/2020

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Le premier budget primitif de la Région après l’adoption de la feuille de route Neo Terra a été adopté. Les écologistes l’ont soutenu.

Lors de la dernière séance plénière du Conseil régional, les 16 et 17 décembre 2019, le vote du budget primitif 2020 était au programme. Après la séance de juillet 2019, consacrée au verdissement des politiques régionales, la position du groupe écologiste était attendue sur ce premier budget inscrit dans l’ère Neo Terra. « Ce grand rendez-vous attendu est une copie en progression, mais un peu décevante, a déclaré Léonore Moncond’Huy (EELV, Vienne), car il ne témoigne pas des sursauts et de la réorientation profonde que nous espérions suite à Neo Terra. Ménager la chèvre et le chou n’est pas compatible avec le virage qu’impose l’urgence écologique. »

Les écologistes ont toutefois voté la proposition de budget 2020, sous les quolibets de l’opposition. Dans les regrets mis en avant par Léonore Moncond’Huy, il y avait évidemment la question agricole. Si les Verts se félicitent de l’augmentation du budget agriculture (+ 25 %), « en réalité, seul augmente le budget alloué aux circuits courts, ce qui est une très bonne chose en soi, mais c’est surtout de l’investissement, a-t-elle constaté, nous déplorons qu’il n’y ait aucune augmentation du budget de fonctionnement affecté aux structures qui accompagnent sur le terrain l’évolution des pratiques agricoles ».

Que du bio

Pour l’écologiste, l’évolution des pratiques passent par une seule voie : la conversion au bio. « Nous avons voté en juillet l’objectif de sortie des pesticides de synthèse en 2030 et 80 % des exploitations certifiées en bio ou en HVE (Haute qualité environnementale). Dans les documents budgétaires, le HVE est beaucoup plus valorisé, or c’est bien la dynamique du bio qui est forte dans notre région. Je rappelle que le HVE est une certification incompatible avec l’objectif de zéro produit phytosanitaire de synthèse. Nous demandons donc que nos aides régionales soient conditionnées à une démarche de conversion en bio, dont la certification HVE niveau 3 peut être envisagé comme une étape. »

Pour Alain Rousset, président du Conseil régional, il ne faut pas brusquer la transition agricole : « Ce dont le milieu agricole a besoin, ce sont des zones atelier, des zones de recherche, de telle sorte qu’on puisse avancer sur la massification des bonnes pratiques. »

Pascale Réquenna (Modem /Union centriste Landes) a dénoncé dans son intervention le manque de clarté du budget qui ne permet pas de se faire une idée précise des changements opérés suite au vote de la feuille de route Neo Terra. « Je n’arrive pas à faire le lien entre les explications textuelles et les lignes budgétaires tellement tout ceci est globalisé », a-t-elle avancé, prenant l’exemple de l’agriculture biologique, de l’agroécologie et des circuits courts valorisés à hauteur de 12 M€.

Lors de la présentation du budget, Andréa Brouille (PS, Haute-Vienne), vice-présidente chargée des finances et du budget, avait annoncé une augmentation du budget agricole de 84 %, intégrant dans ses chiffres le programme largement financé par l’État VitiREV, qui vise notamment à faire sortir la viticulture de l’emploi de pesticides.

Manque de lisibilité

« On note bien un changement radical de vocable entre le rapport sur les orientations budgétaires et le budget primitif, avait encore noté Pascale Réquenna. La prudence, la frilosité, laisse place à une révolution verte, à une volonté très forte d’intégrer des ambitions posées par Neo Terra, malheureusement ce volontarisme affiché ne se traduit pas par de la clarté et de la lisibilité dans les lignes budgétaires. On parle de 70 M€ d’autorisations nouvelles, mais il est impossible de les identifier clairement dans les différents piliers et actions ».

À cette critique qui est revenu dans la bouche de plusieurs élus, Andréa Brouille a répondu qu’un outil de suivi de Neo Terra était en train d’être mis en place par les services.

Comme lors de précédentes discussions, Aurélien Sebton (UDI et apparentés, Gironde) a eu le don d’agacer Alain Rousset. Commençant par se moquer des textes qui accompagnent le document budgétaire, il a lâché un « Ah ouais » moqueur après avoir lu les lignes suivantes : « À la fois acte de maîtrise et point de départ, ce budget montre ainsi la voie d’une Nouvelle-Aquitaine durable, solidaire et ambitieuse, un budget effervescent, catalyseur, qui donne à la Région les moyens de sa verte révolution. » Il a poursuivi en estimant que « dans les faits, Neo Terra, c’est 70 M€ d’autorisations nouvelles, qu’il faut mettre en perspective avec les 910 M€ d’euros inscrits en investissement. Ce n’est pas une révolution. Ce sont en plus des autorisations, donc ces crédits ne seront même pas tous dépensés cette année, il faut vraiment relativiser sur Neo Terra ».

Alain Rousset, sur ce point, s’est défendu en rappelant que la Région ne ferait pas tout, que d’autres collectivités, des partenaires privés, allaient participer à la transition et que prévoir une « enveloppe plus importante supposerait que tout soit prêt, alors que tout n’est pas prêt. Il faut plus de temps, que, par exemple, les autorités territoriales soient en état de lancer leurs projets ».

Arrêter de financer l’avion

Aurélien Sebton ne s’est pas arrêté à cette critique et s’est aventuré sur un sujet plus polémique en demandant que le débat soit ouvert sur les financements régionaux encore en cours qui, selon lui, ne rentrent pas dans le cadre de la feuille de route Neo Terra : « Je prends l’exemple de l’aviation. Comment on peut imaginer qu’on est sur une démarche Neo Terra si, ici, on ne se pose pas la question de savoir si une institution comme la nôtre doit continuer à financer des lignes aériennes au travers de soutien aux aéroports, des lignes qui font le même trajet qu’un train, juste pour gagner une heure de temps. N’est-ce pas de l’argent qu’on devrait économiser et le mettre plus sur le train que sur l’avion ? »

Alain Rousset s’est amusé de cette remarque, enjoignant l’élu girondin à poser la question « au maire d’Agen, de Biarritz, de Brive, d’Angoulême ou de Limoges. » La question des transports avait déjà été abordée par le maire d’Agen justement, Jean Dionis du Séjour (Centriste, Lot-et-Garonne) avait, une nouvelle fois, demandé à Alain Rousset de revoir sa politique en faveur des aménagements routiers. S’appuyant sur une comparaison avec les budgets primitifs 2019 des autres régions de France, il a avancé que la Nouvelle-Aquitaine mettait la priorité sur l’enseignement (31 % de son budget contre 29 % en moyenne dans les autres régions) et sur le développement économique (20,3 % de son budget, pour 14,6 % en moyenne dans les autres régions), mais que sur les transports, « nous décrochons, c’est 11,6 % de nos dépenses, contre 25,5 % en moyenne dans les autres régions. C’est sur ce point que nous devons avoir un débat, vous ne pouvez pas vous cacher uniquement derrière une politique ferroviaire, il y a là, en jeu, toute l’Aquitaine de l’intérieur. Ces chiffres prouvent l’absence d’une véritable politique routière de la Région, une politique routière qui soit moderne et qui soit environnementale. »

Alain Rousset a contesté les pourcentages avancés par Jean Dionis, tout en se félicitant que la Région Nouvelle-Aquitaine ait fait « le pari de la jeunesse, avec l’éducation, la recherche, ce qui l’a rendu pour partie extrêmement attractive. » Répondant plus précisément sur le thème des routes, il a opposé une fin de non recevoir à l’élu centriste, estimant : « Vous voulez revenir à l’ancien monde, où l’on saupoudre, où l’on met un petit bout de route ici pour faire plaisir. »

Bonne gestion financière

Dans l’ensemble, les élus ont reconnu que la situation financiaire de la Région était satisfaisante, voire bonne. Olivier Chartier (LR, Vienne), président de la commission des finances, a décrit « un budget cohérent, pas en situation d’alarme à ce jour, même si la tendance est une tendance au détriment de la bonne santé financière dans laquelle était la région Aquitaine avant la fusion. Il faut qu’on arrive à dégager des pistes de mutualisation, d’économie, bien supérieures à celles qui sont faites aujourd’hui. » L’élu de l’opposition a alors évoqué des propositions faites par son groupe par rapport au fonctionnement des sites décentralisés de Poitiers et de Limoges. Sans que soient détaillées ces propositions, Alain Rousset lui a répondu que « pour des raisons politiques et de respect du territoire, je me vois mal en train de dégraisser les sites de Poitiers et de Limoges. On a besoin de proximité ».

Sur la dégradation de la situation financière de la Région, la réponse est venue de Stéphane Delpeyrat-Vincent (pour une écologie populaire et sociale, Landes) : « Puisque les problèmes du passé ont été réglés, puisqu’il n’y a pas de problèmes à court terme, on cherche à inquiéter sur le moyen et le long terme avec des prévisions qui, disons-le, manquent un tout petit peu de crédibilité. »

En conclusion des débats, et avant que le budget primitif soit adopté, Alain Rousset est revenu sur les critiques émises à l’encontre d’un budget qui ne serait pas assez en corrélation avec la feuille de route Neo Terra  : « Nous sommes en France la seule collectivité à avoir une stratégie systémique à l’égard de la transition écologique et énergétique. La seule. Est-ce que cela se passe sur deux ans ou un an ? Bien entendu que non, ça se construit. J’ai proposé que ce soit sur 10 ans et de toutes les dates que l’on entend sur ces sujets, c’est la date la plus courte, mais il faut qu’on accompagne, qu’on respecte, qu’on écoute. Sinon, on échouera. »

Stéphane Monnet

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