Climat : « Nous ne pouvons plus faire ce que nous faisions hier »

Climat : « Nous ne pouvons plus faire ce que nous faisions hier »

Publié le 06/11/2018

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Région. Le rapport « Acclimaterra, anticiper les changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine » opère une synthèse entre différents travaux sur l’existant et les prospectives pour le territoire régional. Ce diagnostic doit guider les orientations politiques du Conseil régional à brève échéance.

« Le problème du changement climatique aujourd’hui n’est plus de savoir s’il s’agit d’un risque réel, mais de savoir définir et engager des actions pertinentes dans un contexte marqué par la complexité d’enjeux qui sont souvent contradictoires. Ignorer cette complexité c’est souvent se résoudre à l’inefficacité. Mais il ne faut pas non plus en faire le paravent de l’inaction. » Le rapport Acclimaterra, fruit du travail d’un comité scientifique régional, s’ouvre sur ce propos d’Hervé Le Treut, directeur de l’étude.

Commandé par la Région Nouvelle-Aquitaine, ce rapport propose de mettre en œuvre des mesures de réduction des gaz à effet de serre mais aussi d’adaptation à une hausse des températures inéluctable que l’on ne peut plus que modérer. Le phénomène devrait être particulièrement sensible dans la région. « Au niveau national, la Nouvelle-Aquitaine est l’une des régions où le changement climatique est le plus prononcé, dont témoigne l’augmentation de 1 °C de température enregistrée au siècle dernier, selon les observations de Météo France. Les prévisions climatiques prévoient jusqu’à + 4 °C d’augmentation des températures moyennes à la fin du siècle, pour les scénarios socio-économiques du GIEC les plus pessimistes. »

Émissions de gaz à effet de serre (2016)

Organisé par thématique, le rapport aborde différent types de territoire et de grandes activités économiques mais ne traite pas en tant que chapitre formalisé la question des transports (les orientations en matière de transports figurent dans un schéma régional dédié, le SRIT, élaboré en Aquitaine entre 2007 et 2009) mais souligne leur poids décisif. Ceux-ci sont les premiers émetteurs de gaz à effet de serre en Nouvelle-Aquitaine (39 % du total des émissions, en hausse). Ils sont suivis par le secteur agricole (28 % du total, en baisse).

Un premier travail avait été publié en 2013, à la demande du Conseil régional d’Aquitaine, avant la fusion instituée par la loi NOTRe. Le rapport Acclimaterra qui vient d’être rendu public est donc le deuxième du genre et étend son expertise au nouveau territoire régional de la Nouvelle-Aquitaine, le plus vaste de France, boisé sur plus d’un tiers de sa surface et disposant de 720 km de côtes sur le littoral atlantique.

Pour sa mise en œuvre, la Région dispose de leviers juridiques, notamment ses outils de planification : les différents schémas régionaux (schéma régional d’aménagement du territoire, plan de gestion des eaux, schéma régional air-climat-énergie...) vont inclure les prescriptions du rapport. Elle s’appuiera également sur le partenariat avec les autres collectivités territoriales, les organisations professionnelles et le secteur privé. Une large place est également faite à la concertation et à la participation citoyennes.

Pour marquer la priorité donnée à ce dossier, Alain Rousset, président du Conseil régional, a demandé au président de la République que la Région Nouvelle-Aquitaine soit labellisée région pilote. Ce statut pourrait aussi lui donner des moyens réglementaires supplémentaires.

Note : tous les chiffres-clés de ce dossier sont à l’échelle régionale.

Forêts : s’adapter, migrer ou mourir

Plusieurs forêts se partagent le territoire de la Nouvelle-Aquitaine. Le plateau landais, principalement constitué de pins maritimes, plus grande forêt plantée d’Europe est géré très différemment des forêts de feuillus des Pyrénées. Cependant, la propriété privée domine partout : seul 1/10e de la forêt néo-aquitaine est publique. La multiplicité des propriétaires et des types de gestion complique la transmission d’information et la mise en place de démarches concertées.

Comme le rapport le rappelle, le changement climatique offre aux espèces trois possibilités : l’adaptation locale, la migration ou la disparition. Une partie des essences de la forêt néo-aquitaine se trouvent en limite de leur zone climatique : tandis que des espèces méditerranéennes (pin maritime, chêne-liège, chêne vert...) sont en limite septentrionale, d’autres espèces tempérées (hêtre ou chêne sessile) sont elles en limite méridionale. Le changement climatique va les affecter tant quant à leur aire de répartition qu’à leur capacité de production.

D’après des observations récentes, la migration naturelle des arbres ne sera sans doute pas assez rapide et devra être accompagnée d’une intervention humaine. Là encore, la prudence est de mise : des pins maritimes d’Espagne plantés en Aquitaine ont donné des résultats plus que décevants après un fort épisode de gel auquel ont bien mieux résisté des pins maritimes locaux. En outre, la migration ne compensera que partiellement la baisse de productivité. « Nous sommes en face de conditions climatiques sans analogues dans le passé. En conséquence, c’est la recherche et l’acceptation d’un compromis entre une croissance plus modérée et une probabilité de survie plus élevée qui s’impose », note le rapport.

Les propriétaires forestiers néo-aquitains semblent dans l’ensemble assez mal préparés au bouleversement de leurs pratiques. Ils sont souvent âgés et préfèrent laisser à leurs successeurs le choix des changements à opérer.

Chiffres-clés

  • 62 % de forêts feuillues
  • 2,8 millions d’ha de forêts
  • 13 % des propriétaires forestiers limousins déclarent agir dès à présent.

Transports : augmentation des émissions

Le secteur des transports (personnes et marchandises) est à la fois le gros consommateur d’énergie et le plus important émetteur de gaz à effet de serre (GES) de la région. Alors que tous les autres secteurs voient leurs émissions baisser, malgré l’augmentation de la population, celui des transports progresse, notamment pour les déplacements des particuliers.

Cette évolution est due à un nombre de voitures par foyer toujours plus important, l’allongement des trajets domicile-travail et la faible utilisation des transports en commun dans la région.

Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine met la priorité sur le développement du transport ferroviaire. Le mauvais état du réseau explique en partie la baisse de fréquentation des TER à partir de 2013. Le rapport souligne l’effet positif attendu de la ligne LGV Bordeaux-Paris sur l’attractivité du service ferroviaire (voir également interview ci-contre).

L’organisation des transports poursuit des objectifs différents selon le niveau territorial : « les départements recherchent à désenclaver les territoires les plus isolés tandis que les communes et les intercommunalités multiplient les initiatives pour lutter contre la congestion des centres-villes », note le rapport.

Chiffres-clés

  • 2,38 millions d’actifs se déplacent chaque jour
  • 63 % d’entre eux travaillent et vivent dans deux communes différentes
  • 80 % prennent une voiture pour leur trajet domicile-travail et 5 % prennent les transports en commun.

Agriculture : trois scenarii d’adaptation

L’agriculture en Nouvelle-Aquitaine occupe plus de 50 % du territoire avec un produit brut de 11,3 milliards d’euros. Cette agriculture est très diverse avec des productions comme le vin, le cognac, le maïs, le blé, les fruits ou l’élevage de haute qualité. Toutes ces productions sont fortement exposées aux conséquences du changement climatique car les élévations de températures déjà enregistrées dans la région sont supérieures à celles observées au niveau national. Ce secteur est également très consommateur d’eau, dans un contexte où cette ressource est localement limitée et où le risque de déficit hydrique estival est de plus en plus fort.

Impacts

Les effets du changement climatique touchent et toucheront l’ensemble des productions. L’érosion des sols pourrait être accrue du fait de l’augmentation des pluies hivernales en particulier si les pluies de forte intensité deviennent plus fréquentes. La fertilité des sols pourrait être affectée via les impacts du changement climatique sur les cycles du carbone, de l’azote ou du phosphore dans les sols. Du fait de l’augmentation des risques de sécheresse estivale, on peut s’attendre à une raréfaction de la disponibilité en eau en été, alors que le rendement des cultures dépend largement de ce facteur. La culture de maïs grain, de légumes et les vergers sont très dépendants de cette disponibilité en eau pour l’irrigation. Ils nécessiteront plus de besoins compte tenu d’une évapo-transpiration plus importante. L’accroissement des tensions autour de l’utilisation de l’eau risque de se faire jour avec des étiages plus précoces, plus sévères et plus longs.

Le changement climatique va modifier probablement la biodiversité associée aux écosystèmes agricoles et, dans ces conditions, il existe une incertitude croissante sur la possibilité de maîtriser facilement l’ensemble des ravageurs et des maladies des cultures.

La production animale ne sera pas épargnée par le changement climatique et au-delà, des conséquences sur la disponibilité en aliments, les problèmes liés à la régulation thermique des animaux seront les plus préoccupants pour le bien-être et la productivité. Variables en fonction des espèces et des races, les augmentations de température affecteront le métabolisme respiratoire et alimentaire (réduction des quantités d’aliments ingérés et augmentation de la consommation d’eau) avec des impacts sur la croissance, la reproduction, la lactation et la santé. Les élevages hors-sol, de volailles notamment, s’avèrent particulièrement sensibles.

Alternatives

Si les modifications du climat restent dans la limite des simulations produites par le GIEC, l’ampleur et les impacts du changement climatique sur les productions agricoles seront donc significatifs et souvent pénalisants mais resteront dans la plupart des cas dans les limites pour lesquelles des leviers techniques d’adaptation existent. Les scientifiques d’Acclimaterra proposent trois modes d’adaptation.

Le premier, et potentiellement le plus déterminant, est celui du choix d’espèces, de variétés, de races mieux adaptées et plus résilientes face aux nouvelles conditions climatiques. La précocité, la durée du cycle, l’adaptation à la sécheresse, la moindre sensibilité aux stress thermiques, la résistance aux maladies seront les caractères à privilégier. Par exemple la culture du sorgho, plus résistante à la sécheresse, pourrait supplanter le maïs dans les zones à faible disponibilité d’eau.

On peut aussi associer, à ce premier mode, une adaptation des techniques de culture et d’élevage. Elle pourrait prendre la forme d’une avancée des dates de semis, d’un décalage des récoltes, de densité de plantation, d’allongement de pâturage, de modification de la composition des rations alimentaires ou de la climatisation des bâtiments d’élevage.

Le troisième mode est celui qui relève de la répartition spatiale des cultures. Il existe en effet à l’échelle locale une grande variabilité d’environnements avec des potentialités climatiques et agronomiques variées. Cette variabilité peut être mise à profit pour envisager une nouvelle répartition des cultures en fonction de leurs exigences et caractéristiques.

Ces différentes adaptations devraient conduire à la mise en place de nouveaux systèmes de production au niveau des exploitations et des filières qui permettront une meilleure adaptation aux défis climatiques et environnementaux.

Chiffres-clés

  • 4,2 millions d’ha de surface agricole utile
  • 76 400 exploitations agricoles en 2013
  • 1 exploitation sur 4 est équipée pour irriguer.

Villes : densifier et végétaliser

La majorité des Néo-Aquitains vit dans une grande aire urbaine (Bordeaux, Bayonne, Limoges, Poitiers, Pau, La Rochelle...). Si les territoires urbains sont les principaux émetteurs de CO2, ils sont également désavantagés lors des pics de chaleur. « À la campagne, dans les parcs et les espaces urbains végétalisés, près de la moitié de l’énergie solaire reçue est transformée par le biais de la photosynthèse et de l’évapotranspiration en frigories », note le rapport Acclimaterra. En ville, au contraire, l’environnement fortement minéralisé crée des îlots de chaleur qui ne permettent pas aux températeures de baisser suffisamment durant la nuit. La végétalisation des espaces urbains, avec toutes les contraintes qu’elle comporte (voir interview ci-contre), fait donc partie des priorités. Les modes de transport peu ou non polluants (marche, vélo), très minoritaires, sont conditionnés à un environnement urbain bien adapté. Les grandes villes doivent y travailler pour les développer.

L’étalement urbain engendre une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, notamment par les déplacements qu’il induit mais aussi par le grignotage des puits de carbone que sont les prairies et les forêts. Le rapport préconise donc une densification contrôlée des centres-villes. Il dresse un constat alarmant de la répartition des territoires en Limousin : l’éloignement des ménages les plus modestes ne pouvant se loger en proximité, la consommation de terres arables pour la construction et, malgré cela, la forte proportion de bâti ancien « dont la rénovation [...] est au-delà des capacités financières de leurs occupants » sont autant de handicaps pour lutter efficacement contre le changement climatique.

Chiffres-clés

  • 9,3% du territoire est artificialisé
  • 2/3 de la population vit dans une grande aire urbaine
  • 10 °C de différence entre une surface artificialisée et un jardin.

Entretien avec Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine

Constat. « La prise de conscience des conséquences du réchauffement climatique n’est pas totalement achevée. Il faut que les autorités politiques puissent s’organiser afin de se préparer, s’adapter et lutter contre le réchauffement climatique. D’où les deux structurations que nous avons faites et étendues à la grande région : d’abord le rapport Acclimaterra, qui est le deuxième, a réuni près de 300 scientifiques autour d’Hervé Le Treut pour une analyse extrêmement précise. La deuxième initiative que nous avons prise, c’est une forme de GIEC sur la biodiversité. On constate 80 % de baisse des espèces, il faut qu’on travaille sur les causes de cette baisse, sur le rôle de la biodiversité dans le sol et dans l’air, pour accompagner ces mutations. La Région a fait cette démarche scientifique qu’elle va faire partager maintenant, travailler avec toutes les organisations professionnelles. Décarboner notre économie sera une révolution technologique considérable plus importante, comme celle sur l’alimentation d’ailleurs, que le numérique. Nous devons aussi développer un système de stockage. On est en train de travailler à la batterie du futur à marche forcée.

Agriculture. « Concernant les agriculteurs, on ne fera rien si on n’embarque pas dans le train de la lutte et de l’adaptation au réchauffement climatique – puisque les deux sont obligatoires – les coopératives agricoles. Je compte beaucoup sur le travail avec la coopération et les organisations professionnelles dans ce domaine-là. [...] Il faut poursuivre notre appui au développement de l’agriculture biologique. Nous avons aujourd’hui une exposition aux risques assez considérables des agriculteurs eux-mêmes. On a un effort de recherche à faire. Nous avons d’ores et déjà un certain nombre de start-up qui travaillent sur des alternatives aux traitements contre le mildiou ou l’oïdium. Je voudrais négocier avec l’État que le délai d’autorisation de mise sur le marché puisse être raccourci. Il ne s’agit pas de mettre en cause les agriculteurs mais de les accompagner vers une transition agroécologique, énergétique le plus tôt possible. »

Aménagement des villes et emprise foncière. « La prise de conscience doit se faire aussi au niveau des municipalités. La Région toute seule ne pourra rien mais il faut absolument déminéraliser les villes. On sait très bien que si on a entre les immeubles des sols complètement minéralisés, sans plantations importantes, les températures ne vont pas baisser entre le jour et la nuit. Cela va entraîner l’achat de climatiseurs et donc le dégagement de gaz à effet de serre. Il faut sortir de ce cercle vicieux. Le point sur lequel nous allons insister dans le Sraddet (schéma régional d’aménagement du territoire), c’est la sanctuarisation des terres arables. D’abord il faut maintenir ces espaces agricoles, forestiers, de couvert végétal, ensuite l’augmentation de la population va entraîner des besoins en alimentation plus importants. C’est aussi un élément culturel indispensable aux habitants des villes qui ont besoin de retrouver des espaces agricoles et ruraux à proximité. Il faut quelques contraintes, la Région dans le Sraddet aura un pouvoir réglementaire. C’est un point qui peut heurter mais il faut absolument prendre conscience que nous ne pouvons plus faire ce que nous faisions hier. L’étalement urbain est un drame dont l’agglomération bordelaise a bien pris conscience et dont il faut que toutes les villes prennent conscience. Il y a un autre défi que va nous imposer le verdissement des villes, c’est celui de l’utlisation de l’eau. L’eau est un bien qui est devenu rare et nous ne savons pas aujourd’hui utiliser correctement l’eau des grandes précipitations. Il faut qu’on y travaille, je ne suis pas de ceux qui pensent que l’on peut faire une agriculture sans eau et je ne suis pas hostile aux retenues pour peu qu’elles rentrent dans un projet de territoire. Il faut que les villes utilisent les eaux grises, qu’on les transforme en eau propre pour arroser les plantations que toutes les villes vont devoir faire pour faire baisser la température. Il y a là un défi technologique et financier. »

Déplacements en zone rurale. « On ne va pas supprimer la voiture, on va je l’espère d’ici dix ans passer à l’électrique. D’où la décision de la Région de travailler sur la batterie du futur et les véhicules électriques que ce soient les bus ou les voitures. Il y a le train et il faut à la fois verdir la flotte et avoir avec l’État et SNCF Réseau un plan de réhabilitation de nos voies ferroviaires dans la grande région mais la Région ne pourra pas faire seule, ce n’est pas soutenable. Si on veut décarboner, il faut développer le transport en commun et les véhicules électriques. »

Échéances. « Le défi doit accélérer nos décisions. Nous devons réfléchir à 2030. Je ne peux pas renvoyer à 2050 les décisions sur le climat, il faut que nous les prenions dans cette décennie et même avant. »

DOSSIER RÉALISÉ PAR ESTELLE DUESO ET THIERRY GANTEIL

 

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