Consommation : la part de l’alimentation à la hausse dans le panier des ménages

Consommation : la part de l’alimentation à la hausse dans le panier des ménages

Publié le 26/10/2015

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La consommation alimentaire dépend à la fois des modes de vie et du niveau de revenu, voilà ce que confirme une étude de l’Insee, parue ce mois-ci, qui analyse les dépenses des ménages pour leur alimentation entre 1960 et 2014.

On le sait, la part consacrée à l’alimentation dans le budget des ménages a fortement baissé. Elle est passée de 35 % en 1960 à 20 % en 2014. Cependant, en volume, la dépense de consommation alimentaire progresse d’environ 1 % par an. Cela est dû à l’élévation du niveau de vie des ménages qui, en consacrant un budget en légère progression à leur alimentation, ont pu augmenter fortement leurs autres dépenses de consommation. Ce constat doit être nuancé. D’abord, les ménages les moins aisés continuent à consacrer une part importante de leur budget à leur consommation alimentaire. Ensuite, la structure de la famille et la catégorie socio-professionnelle influent sur cette part : ainsi, à revenu égal, les ménages avec enfants, les ménages âgés et les ouvriers et employés affectent une fraction plus importantes de leur revenu aux achats alimentaires que les autres. Enfin, depuis 2007, la part consacrée au budget alimentaire progresse de nouveau. Ce constat doit être corrélé avec le ralentissement du pouvoir d’achat. Celui-ci affecte peu les dépenses de nourriture tandis que les autres dépenses sont réduites.

Composition du panier alimentaire en 1960, 1990 et 2014

Malgré une relative stabilité du budget alloué (consommation en volume), la composition du panier alimentaire a évolué depuis les années 1960. La part des viandes (20 % en 2014 contre 26 % en 1967), fruits, légumes, pain et céréales diminue. Cependant, la viande reste le premier poste de dépense alimentaire. Peu sensibles aux crises sanitaires (la consommation se reporte alors sur les autres viandes), les achats de viande, en particulier celle de bœuf et de mouton, sont influencés par les variations de prix. Les hausses de prix entraînent de fortes baisses de consommation et inversement (tout comme pour les fruits ou les produits laitiers). De même, il a été observé que la consommation de viande (sauf pour la viande de bœuf et de veau) progresse avec celle du pouvoir d’achat des ménages. À l’inverse, l’enrichissement d’un ménage fait diminuer sa consommation de pain et de céréales tandis que la hausse de prix de ces produits ne modifie pas les volumes d’achat, à budget constant. Il s’agit de denrées difficilement substituables et donc peu soumises à l’effet des variations de prix.

Le boom des produits transformés

Globalement, la consommation de pain a diminué depuis les années 1960, au profit d’autres produits à base de céréales (biscottes, biscuits, pâtes, riz, farine...), même si elle se redresse depuis la crise de 2008. Une plus grande part est accordée aux produits préparés, aux produits sucrés (sucre, confiture, confiserie, chocolat) et aux boissons non alcoolisées. Les légumes déjà préparés, les pizzas et desserts lactés frais bénéficient des nouveaux modes de vie dans lesquels la préparation des repas tient moins de place (- 25 % de temps de préparation entre 1986 et 2014).

La restauration hors domicile (cantines et restaurants) tient une part toujours croissante dans le budget des ménages en raison de la forte augmentation de ses prix (+ 5,9 % par an en moyenne depuis 1960). Elle est passée de 14 % du budget alimentaire en 1960 à 26 % en 2014. Cette part est plus importante pour les ménages jeunes, habitant en ville ou ayant un niveau de vie élevé. Les dépenses dans les débits de boisson sont en baisse, tandis que celles dans les cantines et restaurants sont en légère hausse. Ces évolutions peuvent être fortes d’une année à l’autre car il s’agit de dépenses dites « arbitrables » qui dépendent grandement de la perception que les ménages ont de leur pouvoir d’achat.

Enfin, les campagnes de communication et les recommandations nutritionnelles semblent avoir une faible influence sur les choix alimentaires. À la fin des années 2000, la campagne « Manger au moins cinq fruits et légumes par jour » a été largement diffusée. Au bout de quelques mois, une étude montrait que 93 % de la population avaient entendu ce message mais que seulement 3 % avaient modifié les habitudes alimentaires. Les campagnes de taxation des boissons alcoolisées ont semblé plus efficaces et leur consommation est en baisse.

E. Dueso.


Une crise structurelle de la consommation de viande

S’exprimant lors de l’assemblée générale des industriels de la viande, Pascale Hébel, du Crédoc, a dressé le constat d’une baisse durable de la consommation de viande. La crise, initiée en 2007, a provoqué une frugalité alimentaire de gré ou de force. L’obésité a même diminué. « C’est une crise économique profonde qui n’a jamais été vécue depuis la dernière guerre », analyse-t-elle. La consommation revient peu à peu, en lien avec une déflation. Mais ce n’est pas le secteur des viandes de boucherie qui va reprendre dans les mois à venir. Entre crise économique, arguments environnementaux, de santé ou de bien-être animal, la baisse de la consommation de viande est bien structurelle. Elle va durer. Un sondage du Credoc montre que dans les deux prochaines années, 33 % des Français diminueront leur consommation de viande et 16 % de produits laitiers. Cette baisse de la consommation touche surtout les urbains entre 40 et 50 ans en pleine ascension sociale, qui se tournent vers un régime flexitarien, réservant la consommation de viande à des occasions particulières (restaurant, repas de fête...).

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