Cynips du châtaignier : Premiers lâchers de torymus en Haute-Vienne

Cynips du châtaignier : Premiers lâchers de torymus en Haute-Vienne

Publié le 29/04/2015

Agriculture > Sanitaire >

Les producteurs de châtaignes du département l’attendaient avec pragmatisme. Cet hiver, les premières galles de cynips ont été repérées. Après la Corrèze et la Dordogne, la Haute-Vienne est à son tour contaminée par ce parasite reconnu au niveau mondial comme le plus grand ravageur du châtaignier. Un seul moyen de lutte efficace est aujourd’hui mis en œuvre dans le monde : l’introduction dans les vergers touchés de son prédateur naturel, le Torymus sinensis. Cette opération coordonnée nationalement est menée chez nous par la Fredon Limousin, la Chambre d’agriculture et les organisations de producteurs.

Claire Mangin a sorti la glacière bleue de la voiture. Après avoir fait signer les papiers du lâcher au propriétaire du verger, Patrick Buisson, elle récupère dedans un tube contenant un lot de prédateurs connus du cynips du châtaignier : le Torymus sinensis, micro-hyménoptère qui a la bonne idée de pondre ses œufs dans les larves de cynips.

« On va se mettre dans la zone où le cynips a été observé », explique la technicienne.

« C’est facile, lui répond Patrick Buisson, c’est l’arbre qui est marqué ! » Comme les larves de torymus se nourrissent essentiellement de celles du cynips, il faut opérer les lâchers dans les zones où le cynips a été repéré.

Jusqu’à cet hiver, la Haute-Vienne, contrairement à la Dordogne et à la Corrèze, avait été épargnée. Mais lors de la dernière tournée d’inspection effectuée par les producteurs, la Fredon Limousin, la Chambre d’agriculture et les organisations de producteurs, les premières galles sèches ont été découvertes.

« On s’y attendait, commente avec philosphie Patrick Buisson. Il y en avait partout autour, il fallait bien que ça vienne chez nous. On n’a pas le choix. C’est comme ça, le cynips est là, il faut maintenant qu’on prenne le taureau par les cornes... »

Engager la lutte

Prendre le taureau par les cornes signifie, en l’occurence, mener la seule lutte qui a donné des résultats dans les autres régions touchées du monde (Japon, Italie) : l’introduction de torymus dans les vergers infestés. Elle a commencé en France en 2010 dans le sud-est. La réactivité à l’apparition du ravageur semble un gage d’efficacité.

Depuis l’an dernier, l’émergence des torymus a été confiée dans notre région à la Fredon Limousin. Comme il n’est pas possible de faire éclore des torymus en laboratoire, on récupère des galles de cynips potentiellement infectées par des larves de torymus et on les stocke au froid afin de maîtriser leur date d’éclosion. L’idée est de fournir les torymus au printemps, quand la végétation du châtaignier est au stade « feuille apparente. » La Fredon sélectionne les torymus avec le plus grand soin, afin que les tubes de lâcher ne contiennent pas d’autres parasites que ceux qu’on veut introduire sur le verger ciblé.

Le cynips ne connaissant pas de frontières et le châtaignier étant un arbre courant dans les secteurs où sont implantés les producteurs, le ravageur étend facilement son aire. Il a donc fallu coordonner à l’échelle nationale cette lutte. D’autant plus que la ressource en torymus est pour l’instant limitée. Depuis 2011, cette coordination est assurée par l’Inra. Le Syndicat national des producteurs de châtaignes assure le pilotage de l’opération. « Il était important que toutes les régions s’entendent pour lutter contre cet insecte, indique Clare Mangin. Dans le Sud-Ouest, les différents syndicats et les différentes organisations, que ce soient les Fredons, Invenio ou les organisations de producteurs, se rencontrent régulièrement pour mettre en place et coordonner la lutte contre le cynips : prévoir qui fait émerger ? Combien de galles et combien d’insectes ? Qui fait les lâchers ? Comment on se répartit géographiquement les zones ? C’est vraiment un travail collectif, au niveau de tout le sud-ouest. »

Tout le monde a conscience de l’ampleur de la menace. Si en Chine, où le torymus côtoie le ravageur depuis longtemps, les pertes de production sont estimées entre 15 et 30 %, en France, pays nouvellement touché et où le torymus n’est pas convenablement implanté, les premiers retours font état de pertes moyennes de 50 à 70 %.

« L’arrivée du cynips était attendue et c’est pourquoi nous réagissons immédiatement avec ces premiers lâchers, pour optimiser la réussite de la lutte », note Claire Mangin, avant de se tourner vers Patrick Buisson et de lui rappeler que le bon entretien et la bonne santé générale de son verger seront également un facteur incontournable de la lutte contre ce ravageur.

Stéphane Monnet.

Voir aussi : Cynips vs Torymus

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