En Haute-Vienne, Édouard Philippe prend le pouls des départements ruraux

En Haute-Vienne, Édouard Philippe prend le pouls des départements ruraux

Publié le 27/12/2018

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Politique. Le Premier ministre était en visite en Haute-Vienne vendredi dernier, à Saint-Yrieix-la-Perche et à Limoges. Il a rencontré les élus et deux délégations de gilets jaunes.

Pour sa première visite en province depuis le début de la crise des gilets jaunes, Édouard Philippe, Premier ministre, était en déplacement en Haute-Vienne le 21?décembre dernier. À Saint-Yrieix-la-Perche comme à Limoges, des manifestations ont ponctué son parcours : gilets jaunes dans les deux villes et avocats devant la mairie de Limoges. Le chef du gouvernement, qui devait préciser les modalités du grand débat national annoncé par le Président de la République, n’a sans doute pas pu se rassurer sur la popularité des réformes engagées en venant dans la capitale du Limousin.


Niveau de vie des actifs
Sa journée de rencontre avec les élus et les citoyens débutait par un échange dans l’atelier de Limdor avec les salariés de l’entreprise. Le directeur de Limdor, Jean-Luc Soury, a rappelé que la majorité du personnel y était féminin (à 70?%). Plusieurs salariés ont pris la parole pour une séance de questions au Premier Ministre qui tournait essentiellement autour de la redistribution des revenus : les modalités de calcul de la majoration de la prime d’activité, une éventuelle prime de mobilité ou la suppression de l’ISF. Édouard Philippe a indiqué que la prime d’activité majorée allait désormais concerner des salariés jusqu’à 1,3 smic?: «?Le nombre de foyers pouvant percevoir la prime d’activité va être accru considérablement.?» La prime de mobilité qui pourrait être allouée aux salariés devant effectuer de longs trajets entre leur domicile et leur travail est en cours de discussion sur le terrain entre « les organisations syndicales, les organisations patronales, ainsi que les Régions?». Quant à la suppression de l’ISF pour le remplacer par l’impôt sur la fortune immobilière, le Premier ministre l’a défendue en arguant que l’ancien système présentait des inconvénients supérieurs à ses avantages. La question qui lui avait été posée portait sur l’éventuel retour des entreprises depuis la suppression de l’ISF. Édouard Philippe n’a pas répondu à cette interrogation mais a indiqué qu’une commission serait chargée de faire le bilan de cette disposition fiscale. Si l’échange s’est déroulé dans la plus grande courtoisie, il était évident que les salariés de Limdor qui se sont exprimés – et qui perçoivent des salaires légèrement supérieurs au smic malgré leur ancienneté –, n’estimaient pas les mesures annoncées par le Président de la République comme suffisantes pour leur donner le sentiment d’une équité sociale.
Débat national
Ces questions relatives au revenu de ceux qui travaillent recoupaient celles que pose depuis plusieurs semaines le mouvement des gilets jaunes dont une délégation était reçue par le Premier ministre à la mairie de Saint-Yrieix-la-Perche lors de sa rencontre avec les élus. Les cris des manifestants restés dehors n’ont pas cessé durant toute la réunion. À l’issue des échanges qui se sont tenus à l’abri des regards de la presse, Édouard Philippe a indiqué s’être entretenu avec une quarantaine de maires, la plupart haut-viennois, d’autres venus de la Dordogne. Ensemble, ils ont principalement «?évoqué les conditions dans lesquelles nous allons organiser le grand débat national » a noté le chef du gouvernement. «?Il s’agit d’un débat qui doit permettre à tous les Français, à ceux qui ont l’habitude de participer aux institutions mais aussi à tous ceux qui se sont rassemblés et qui ont enfilé un gilet jaune, de dire ce qu’ils souhaitent et ce qu’ils ne souhaitent pas.[...]?Pour l’organisation de ces débats, les maires vont avoir une place éminente. Parce que ce sont eux qui sont les plus au contact de nos citoyens, parce que nous souhaitons que ce débat ne soit pas concentré au niveau parisien ou même concentré dans les capitales régionales. Pour qu’il soit au plus près des Français, nous voulons que ce soit organisé dans la mesure du possible au niveau des communes.?»
En plus de ces débats organisés sur la base du volontariat, des conférences seront mises en place qui réuniront dans chaque région «?une centaine de citoyens tirés au sort amenés à discuter des résultats de ce débat et à y participer. L’idée est de faire en sorte que des Français qui ne sont pas forcément les plus impliqués dans la vie publique puissent donner leur avis sur les propositions.?» Édouard Philippe a encouragé les élus à venir «?écouter?» ce qui se dirait dans ces débats. «?Il est important que nous soyons plus dans une logique d’écoute que dans une logique de prise de parole.?»
Réforme de la justice
Les avocats du Limousin n’auront pas bénéficié de cette faveur du Premier ministre pour l’écoute puisqu’ils ont attendu en vain sous la pluie sans être reçus à la mairie de Limoges où Édouard Philippe rencontrait une nouvelle fois une délégation de gilets jaunes. Moins médiatiques que ce mouvement, ils alertent pourtant depuis plusieurs mois sur les dangers qu’ils voient dans la réforme de la justice. Celle-ci serait à la fois défavorable aux justiciables les plus en difficulté mais aussi aux territoires ruraux.
«?Ce que nous reprochons principalement à cette réforme, c’est d’éloigner le justiciable de son juge, résumait Corinne Robert, avocate au barreau de Limoges. Cette réforme ne fait qu’aggraver la fracture territoriale.?» Quant à la cour d’appel de Limoges, les promesses du ministère de la maintenir dans son état de cour de plein exercice (c’est-à-dire sur toutes les compétences de ce niveau de juridiction) ont fait long feu. «?On nous propose dans le projet de loi des spécialisations qui vont, à terme, pour une petite cour d’appel comme celle de Limoges, certainement aboutir à sa disparition. C’est aussi pour cette raison que nous sommes mobilisés.?» La réforme prévoit également la fusion des tribunaux d’instance et de grande instance (TI et TGI). Pour les litiges portant sur un montant inférieur à 5?000?euros,  «?il n’y a plus d’accès direct au juge. Il faudra d’abord faire une tentative de conciliation. Il est question que ce soit des plateformes sur internet donc quid des gens qui n’ont pas accès à internet ? On va vers une justice complètement déshumanisée?».
Un dispositif de CRS et un groupe de policiers sans visage, tout en noir et cagoulés avait de quoi étonner face à la trentaine d’avocats limousins en robe détrempée par la pluie et contenus derrière des barrières. La manifestation des gilets jaunes se trouvait quelques mètres en contrebas de la mairie, dans l’avenue Georges-Dumas, derrière des barrières elle aussi. La visite du Premier ministre s’est déroulée sans contretemps.
Estelle Dueso

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