Entretien avec Claude Trémouille : « La volonté de la Région Limousin a toujours été de ne pas bloquer les dossiers à l’installation »

Entretien avec Claude Trémouille : « La volonté de la Région Limousin a toujours été de ne pas bloquer les dossiers à l’installation »

Publié le 03/04/2015

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Alors que les agriculteurs bio ont manifesté leur mécontentement et que le cadre national du PDR vient d’être accepté par la Commission européenne, Claude Trémouille, neuvième vice-président de la Région Limousin délégué à l’agriculture et à la forêt, à la chasse et à la pêche, nous a reçus pour faire le point sur les dossiers du moment.

Claude Trémouille, neuvième vice-président de la Région Limousin, délégué à l’agriculture et à la forêt, à la chasse et à la pêche.

L’Union Agricole : Les agriculteurs installés en bio ont manifesté dernièrement pour dénoncer un double discours des pouvoirs publics. D’un côté, on vante l’agriculture biologique, de l’autre côté on couperait les crédits...

– Claude Trémouille : Je peux vous assurer que la Région n’a pas diminué ses aides à l’agriculture bio. Tout simplement parce qu’aujourd’hui, dans le cadre de la gestion des fonds européens assurée par la Région, nous nous en tenons aux décisions prises : aide de 5 ans pour la conversion, et encore 5 ans pour le maintien, c’est-à-dire 10 ans au total.

Dans le cadre du rapprochement avec l’Aquitaine, le président Gérard Vandenbroucke a dit : « on peut regarder ce qu’ils font, quels dispositifs ils utilisent, sachant que l’Aquitaine c’est surtout pour le 100 % bio ».

Je vais quand même citer un chiffre quant aux procès qui sont faits sur le manque de soutien de la Région à l’agriculture biologique : sur les politiques des filières et l’enveloppe financière des filières, 10 % de la somme allouée aux filières vont à 4 % des exploitations, qui sont des exploitations en bio. Je crois que c’est un signe de notre engagement et de notre reconnaissance de ce type d’agriculture.

Pour nous, il n’est pas question d’opposer l’agriculture biologique à l’agriculture de qualité. Pour nous, l’agriculture biologique fait partie de l’agriculture de qualité.

Il ne faut donc pas noircir le tableau : l’agriculture bio, la Région l’accompagne, la reconnaît et met les moyens derrière. On en voit aujourd’hui les résultats. Sur notre région, en terme de fermes ou en terme de SAU, la moyenne de développement du bio depuis 3 ans est supérieure à la moyenne de développement au niveau national (2012 - SAU niveau national + 3 - 4 %; En Limousin : + 10 - 11 %). Certes, ce n’est pas assez, mais la structuration d’aujourd’hui avec Interbio, présidée par Jean Maison, et le partenariat exemplaire avec les Chambres d’agriculture, permettent d’avancer sur ce dossier.

U. A. : Sur le dossier de l’installation, la Commission européenne vient de valider le cadre national. La Région avait des marges de manœuvre à l’intérieur de ce cadre, où en sommes-nous aujourd’hui ?

C. T. : Nous avons validé les montants de base de la dotation jeune agriculteur ainsi que la grille de modulation lors d’une commission permanente de février (voir encadré). Ce travail a fait l’objet d’une étroite concertation entre l’État, la Région et la profession agricole.

L’idée forte est de bonifier les secteurs sur lesquels l’identité limousine s’est forgée. Nous sommes partis du terrain, de l’existant, avant la fusion des régions. Par exemple, en agroécologie, nous allons parler d’autonomie fourragère. Nous avons mis en place un plan structurel herbes et fourrage, en partant d’une logique qui correspond à notre identité.

Je me souviens d’une réunion à la préfecture de région lors de laquelle nous avons ajusté certains chiffres dans le cadre des trois zones (plaine, défavorisée, montagne). À l’issue de la réunion, nous avons fait voter tous les partenaires, les syndicats, les Chambres... Nous avons abouti à un large consensus, voire une quasi-unanimité.

U. A. : La Commission européenne n’a, en revanche, validé que 6 PDRR sur 118. Cela pose-t-il problème pour les personnes qui veulent s’installer ?

C. T. : La volonté de la Région Limousin a toujours été de ne pas bloquer les dossiers à l’installation. Nous avons examiné des projets d’installation en comité de programmation en février. Pour pouvoir donner aux jeunes le montant définitif, il nous fallait attendre que le cadre national soit stabilisé. Maintenant que c’est fait, nous allons avoir des discussions directement avec la Commission européenne.

Au niveau des régions de France, nous avons dit : il y a deux sujets sur lesquels il faut aller de l’avant quitte à réorienter après et surtout ne pas attendre : l’installation et le PCAE (Plan pour la compétitivité et l’adaptation des exploitations agricoles). Notre objectif est clair : ne pas retarder les dossiers. Mais nous avons bien précisé au président de la Chambre régionale d’agriculture qu’une notification serait envoyée aux porteurs de projet mais que cette notification ne valait pas engagement tant que la Commission européenne n’aurait pas validée le PDRR. Les discussions en cours portent principalement sur les critères agroécologiques. Pour ceux qui n’ont pas de critères agroécologiques, il n’y a pas de difficultés majeures.

U. A. : Cette validation par la Commission européenne va prendre beaucoup de temps ?

C. T. : Nous faisons autant pression que nous le pouvons sur la Commission pour que cela aille vite. Au niveau de l’ARF (Assemblée des régions de France), nous avons envoyé plusieurs courriers à Phil Hogan (commissaire européen à l’agriculture)... Dans les prochains jours, je vais avoir une réunion à l’ARF et cette question est à l’ordre du jour. Nous avons sollicité le député européen de la circonscription, Jean-Paul Denanot (voir ci-contre). Tout est fait pour que la validation de ces PDRR soit accélérée.

Stéphanie Lucas (responsable du service Agriculture)  : Il est bon de préciser que, précédemment, le jeune ne pouvait pas s’installer tant qu’il n’avait pas la décision d’octroi de l’aide. Depuis le 1er janvier 2015, il suffit qu’il ait déposé son dossier complet. On lui fait alors une attestation comme quoi il a déposé son dossier complet et cette attestation lui permet de démarrer son installation et de mettre en œuvre son plan d’entreprise.

U. A. : Des arbitrages sont également attendus sur la mise en place de l’ICHN...

C. T. : Je crois que sur cette question il faut faire preuve de bon sens. Nous allons essayer de trouver la solution la plus favorable aux agriculteurs limousins. En s’inspirant du bon sens paysan.

S. L. : L’ICHN, c’est 63 % de notre maquette, c’est important en Limousin. Les services de l’État vont être destinataires d’outils qui vont nous permettre de faire des simulations pour déterminer assez rapidement les critères régionaux.

C. T. : Nous essayons toujours de trouver les mesures les plus équilibrées et les plus équitables. Je crois qu’à force de discussions, nous y arrivons.

U. A. : La fusion des Régions Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes va-t-elle engendrer des pertubations sur les PDRR ?

C. T. : La contractualisation du PDRR s’est faite avec la région Limousin. Il a été bâti pour 2015-2020. Je ne vois pas la Commission européenne dire : « en 2016, il y a eu regroupement de Régions, donc on va refaire les PDRR ». Ce n’est pas envisageable. Ce qui ne nous empêche pas de travailler sur des points de convergence avec les autres régions pour les années à venir.

U. A. : La Région a mis en place un plan pour le développement de la méthanisation. Lors du débat sur la transition énergétique, la FNSEA a demandé que des céréales puissent être brûlées dans les méthaniseurs français. Qu’en pensez-vous ?

C. T. : Je pense que la première des vocations de l’agriculture est de nourrir les hommes. Et les animaux, pour que les animaux nourrissent les hommes. C’est ça la vocation de l’agriculture. Faire de la culture pour faire de la méthanisation, produire de la culture pour la faire brûler, c’est non. On ne serait plus dans le droit fil de la cohérence que nous avons au niveau de notre économie agricole. Nous sommes une terre d’élevage, qui a besoin de végétaux.

Pour nous, il est hors de question que l’on fasse la promotion, en Région Limousin, d’un projet de méthanisation qui entre en conflit avec l’alimentation humaine et animale.

U. A. : Sur le projet de ferme dit des 1 000 veaux à La Courtine en Creuse, la Région va-t-elle financer ?

C. T. : Pour l’instant, ce dossier est encore en instruction. Nous voulons avoir sur cette ferme une approche globale... De l’élevage au départ, jusqu’à la méthanisation à la fin. La méthanisation est quelque chose d’important, surtout dans le cadre de la transition énergétique. Ce dossier n’a pas été présenté aux élus. Il le sera en temps voulu. Mais je peux dire aujourd’hui que si la Région y va, ce sera sur le volet méthanisation.

 

Propos recueillis par Stéphane Monnet.

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