Geneviève Barat, indéfectiblement optimiste

Geneviève Barat, indéfectiblement optimiste

Publié le 05/02/2016

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Geneviève Barat était deuxième sur la liste creusoise présentée par le parti socialiste aux élections régionales. La victoire de la liste conduite par Alain Rousset a mené l’éleveuse de chèvres de SaintGermain-Beaupré jusqu’à un poste de vice-présidente. Bien connue des professionnels agricoles, Geneviève Barat s’est vu confier la ruralité, le vivre ensemble, la vie associative et la citoyenneté.

Geneviève Barat était en train de traire ses chèvres quand la nouvelle lui est tombée dessus : Lionel Jospin n’était pas qualifié pour le second tour de la présidentielle de 2002. « Depuis 1981, j’étais supportrice de la gauche mais sans avoir adhéré à aucun parti. Avec la défaite de Jospin, j’ai voulu me rendre utile. Entre un de mes enfants qui avait oublié de voter, l’autre qui avait voté Taubira et Jospin qui pensait qu’il avait tout bien fait, j’ai eu envie de me bouger. » Quand elle y repense, Geneviève Barat n’est pas étonnée. Née en Tunisie d’une mère « pure creusoise » mais d’un père pied-noir, elle a toujours entendu parler de politique. Surtout en 1962. « Mon beau-père aussi était très tourné politique. Après la défaite de Jospin, je suis allée m’inscrire, j’ai fréquenté les sections du parti socialiste. Mais je n’ai jamais pensé qu’un jour je serais élue quelque part. Éventuellement dans une mairie. C’était aussi une époque de ma vie où j’avais besoin de penser à autre chose et de sortir du monde agricolo-agricole. »
Avant d’être élue à la Grande Région, Geneviève Barat a eu une vie d’agricultrice bien remplie. Si elle prépare sa retraite, elle a encore de nombreuses responsabilités dans Capgènes (organisme unique chargé de la sélection, la création et la diffusion de la génétique caprine né de la fusion en 2008 de Capri-IA et Caprigène France), l’Association régionale de développement des élevages de petits animaux en Limousin (Ardepal), l’Association laitière limousine, Races de France...
Au démarrage, quand avec son mari ils décident à 22 ans de s’installer, elle était une toute jeune éducatrice spécialisée. « Cette ferme, à Saint-Germain-Beaupré, j’y passais les dimanches. C’était la ferme qui venait du côté de ma mère. Nous l’avons louée, avec une vingtaine d’hectares. Nous avons commencé avec des moutons, jusque dans les années 1980, mais nous n’y arrivions pas. »

Dans les chèvres

Dans le département de l’Indre voisin, une coopérative de lait de chèvre cherchait à se développer. « On a trouvé un troupeau de reprise de chèvres et nous nous sommes lancés. » Trente ans plus tard, le Gaec de Lorioux produit toujours du lait de chèvre avec trois associés, bientôt quatre. Et Geneviève Barat est intarissable sur les chèvres. Présidente de l’Upra caprine, elle a défendu toutes les races, des plus populaires, comme l’alpine, à celles menacées de disparition comme la poitevine. Venue aux chèvres par hasard, Geneviève Barat refuse de dire que c’est devenu une passion, mais « une fois qu’on fait ce métier, il faut le faire bien ».

Confrontée à la concentration du secteur des laiteries, elle a bataillé, remporté quelques victoires et regarde avec bienveillance ses débuts, quand sa coopérative produisait 35 000 l de lait pour 11 millions de litres aujourd’hui. « Lors d’une crise, à mes débuts, on s’était même groupés à 4-5 producteurs en syndicat de collecte. On avait acheté un camion, et quand notre chauffeur était en vacances, c’étaient les éleveurs qui prenaient le relais pour faire la tournée. On faisait les factures à la main... »
Aujourd’hui, la situation est favorable. « On cherche des producteurs. Au Gaec, j’ai dit aux jeunes : pour la construction de la nouvelle chèvrerie, vous avez 40 ans devant vous, faites-vous le bâtiment qui vous convient, pour être confortable. » Un quatrième associé devrait entrer prochainement dans le Gaec. « Cela faisait plusieurs mois que je me préparais à partir. Il fallait que je m’oblige, sinon je ne partirai jamais. »

Rousset, une locomotive

Son étiquette « agricole » lui a permis de travailler sur le programme de François Hollande, sur la Loi d’avenir. Et d’être finalement investi n° 2 sur la liste PS de Creuse pour les élections régionales. « On avait vu Alain Rousset. Il était venu nous parler à Guéret avec Jean-François Macaire. Parce que si la Grande Région est la première région d’Europe pour les chèvres, ce n’est pas grâce au Limousin ou à l’Aquitaine mais bien au Poitou-Charentes ! » Le candidat Alain Rousset a également fait une visite de terrain sur l’exploitation de Geneviève Barat, « on lui a fait traire une chèvre ! », et sur une ferme de veaux de lait, 4 emplois, 300 hectares. « Je crois que cette agriculture dynamique, qui installe des jeunes, lui a plu. De toute façon, Rousset, c’est une locomotive ! »
Élue en bonne place, Geneviève Barat sait qu’une vice-présidence est promise à la Creuse. Éric Correia, tête de liste en Creuse, annonce à Geneviève qu’au nom de la parité, il lui cède la place. « Éric, c’est la grande classe. » Et la veille de la session d’installation, Geneviève Barat a appris qu’elle serait vice-présidente d’Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes en charge de la ruralité, du vivre ensemble, de la vie associative et de la citoyenneté. « Je trouve ça énorme. C’est un tel chantier. »
Elle sait qu’elle peut s’appuyer sur son expérience agricole pour faire avancer les dossiers. Elle a déjà vécu la fusion de certains organismes agricoles pour cause de Grande Région. Et elle reste indéfectiblement optimiste. « En agriculture, par exemple, nous devons continuer à nous diversifier, à nous moderniser. Nous ouvrir aux autres. Nous ne pouvons pas nous renouveler démographiquement, l’agriculture n’a pas fait assez d’enfants. Nous devons faire des réserves foncières, prévoir des structures. Éviter l’agrandissement. Parce que les terres céréalières, c’est le vide. Il n’y a plus personne. Et pourtant, nous avons plein de choses à défendre en ruralité. J’ai mes idées sur la question. Nous ne pourrons pas défendre la ruralité s’il n’y a pas une circulation économique. Nous ne ferons pas revenir des populations sur les territoires s’il n’y a pas un minimum d’économie. Mais en même temps, il ne faut pas brusquer les gens, surtout ceux qui font des choses sur les territoires. À un moment, la Grande Région doit être là pour les accompagner, les faire passer au niveau supérieur. J’entends souvent dire : c’était mieux avant. Le problème, c’est que nous ne sommes plus avant. »
S. M.

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