La mégisserie Colombier se modernise

La mégisserie Colombier se modernise

Publié le 28/06/2019

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Patrimoine. Vendredi 21 juin, le maire de Saint-Junien et la sous-préfète Pascale Silbermann étaient en visite à la société nouvelle mégisserie Colombier, deux ans après sa reprise.
Julien Château, gérant de la mégisserie Colombier. (Ph. S. D.)

L’ancienne mégisserie Colombier créée au siècle dernier (en 1925) à Saint-Junien, a fait peau neuve.
Reprise il y a deux ans par Julien et Vanessa Château, la société nouvelle mégisserie Colombier est en pleine croissance. Julien Château, déjà directeur de l’entreprise Montbronnaise (16), spécialisée dans l’ennoblissement du cuir, le contre collage, l’impression numérique du cuir et du textile, cherchait à développer son activité.
C’est en bonne voie pour cette entreprise Saint-Juniaude qui compte aujourd’hui une production de  140 000 peaux à l’année, 24 salariés avec un responsable par atelier, et une clientèle étoffée sur le marché du luxe, du haut-de-gamme et de l’administratif (casques de pompiers par exemple).
Un développement local
Le couple regrette la baisse de qualité du cuir en France qui les oblige à s’approvisionner à l’étranger afin d’assurer la cadence de production : « ça nous rend malheureux de devoir aller chercher nos peaux à l’étranger », déplore Julien Château. Il explique également qu’il est compliqué de travailler avec la race limousine, la peau n’étant pas adaptée car trop épaisse pour être travaillée. La sous-préfète Pascale Silbermann, ajoute à ce sujet qu’elle souhaite travailler avec les éleveurs du département pour justement élever des ovins destinés au tannage. « Afin de relancer la filière ovine, nous avons besoin que vous travailliez avec nos éleveurs et nos abattoirs. Ce serait un vrai plus pour l’image de la filière ovine si on pouvait dire que nous produisons entièrement français. »
L’attachement du couple au savoir-faire local se vérifie aussi dans leurs méthodes de productions. Ils ont en effet conservé de vieux pelins d’époque (voir photo ci-contre). Ce dispositif d’antan sert à peler les peaux grâce à une préparation d’eau et de chaux. Certains clients tiennent à cette technique.
Vers le développement durable
Les réglementations concernant la protection de l’environnement sont de plus en plus exigeantes, l’industrie du cuir est souvent visée. En réponse, les industriels de la chimie et les fournisseurs des ateliers de tannerie, lancent de nombreuses campagnes de R&D pour faire évoluer les méthodes. Mais le cuir ne doit pas seulement protéger l’environnement. Le client attend que sa qualité progresse et que de nouveaux usages apparaissent. Le respect écologique, Julien et Vanessa Château l’ont toutefois bien compris, est indispensable pour l’avenir de leur entreprise.
Les avancées écologiques dans le monde de la tannerie portent notamment sur l’eau. D’énormes quantités d’eau sont utilisées, au cours des nombreuses étapes amenant à la transformation d’une peau brute en cuir fini. Les industriels du cuir adaptent leurs méthodes pour limiter ce gaspillage. De nouvelles techniques de nettoyage, des suites de procédés discontinus remplaçant plusieurs rinçages, permettent une gestion de l’eau affinée. La limitation du gaspillage de l’eau est la priorité de Julien Château qui souhaite trouver à court terme une solution de réutilisation de celle-ci.
Vient ensuite le tannage au chrome que le couple veut remplacer par le tannage végétal. Le chrome permet d’obtenir un cuir plus souple, plus doux qu’avec toute autre technique et améliore la fixation des teintures. Par contre, d’un point de vue environnemental, le tannage végétal est moins nocif. Il est également moins dangereux pour la santé, il permettrait de produire un cuir qui ne génère pas d’allergies. Cette technique représente aussi un avantage esthétique puisqu’elle produit un cuir aux teintes naturelles qui permet de fixer des teintes plus profondes et plus nuancées, il présente un toucher agréable et se patine avec le temps de manière naturelle.
Le recyclage des déchets suite au tannage du cuir est également un des projets de la société. Enfin, d’ici quelques années les deux gérants espèrent être autonomes en énergie.
Le tourisme industriel
Julien Château, conscient d’être à la tête d’une entreprise du patrimoine vivant, travaillle au développement du tourisme industriel autour de sa société. Son objectif est d’offrir une offre la plus dense possible qui satisfera un maximum de personnes : « Nous voulons montrer nos savoir-faire », souligne-t-il. Confronté aux nombreuses normes de sécurité en matière d’accueil du public, le projet est toujours en phase d’étude.
La société nouvelle mégisserie Colombier sera prochainement associée à la Cité du cuir, c’est en tous cas ce à quoi aspirent ses gérants : « Nous envisageons un partenariat qui permettrait de nous associer au circuit de visite de la Cité du cuir et inversement. Nous pourrions avoir un système de réservation sur nos sites respectifs », explique Julien Château. Une réunion est prévue dans quelques jours pour discuter des modalités.
Sandra Driollet

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Elevé au pis rosé clair u

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Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

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s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

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