La Région veut favoriser l’achat de véhicules électriques

La Région veut favoriser l’achat de véhicules électriques

Publié le 26/06/2014

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Le véhicule électrique revient sur le devant de la scène. Le gouvernement espère enfin faire décoller les ventes. Une campagne de communication, en plus du bonus écologique, est prévue. La Région Limousin vient de signer une convention avec ERDF pour financer une étude : comment implanter en Limousin des bornes de recharge permettant de rassurer les futurs acheteurs d’un véhicule électrique. L’électromobilité reste pourtant un sujet complexe qui soulève de nombreuses questions.

«Seule une politique volontariste des pouvoirs publics est à même d’assumer la percée rapide du véhicule électrique. » Cette citation a vingt ans. Elle est extraite d’un rapport du sénateur Pierre Laffite sur « l’intérêt du véhicule électrique au regard de la protection de l’environnement » (1993). L’argument de la protection de l’environnement, et notamment de la protection de la couche d’ozone (un véhicule électrique n’émettant aucun rejet), reste l’argument phare des promoteurs de ce moyen de locomotion. Autres points forts, en fonctionnement, le véhicule est (au prix actuel de l’électricité) quatre fois moins cher qu’un diesel. La facture d’entretien est également réduite de 40 % par rapport à un moteur nécessitant huile et vidange.

Pourtant, la vente des véhicules électriques ne décolle pas. Malgré le bonus écologique de 6 300 e toujours en vigueur pour l’achat d’un véhicule électrique neuf et le consensus politique qui règne au plus haut sommet de l’État. Le 6 juin dernier, une proposition de loi visant à favoriser l’implantation des bornes de recharge pour véhicules électriques était débattue au Sénat. « Si nous sollicitons la nation, c’est pour organiser le maillage à l’échelle nationale. Pourquoi ? Parce que nous voulons amener les automobilistes à se tourner vers l’électromobilité, qui représente un changement de mode de transport, de vie, de société. Le gouvernement engagera d’ailleurs une campagne de communication à ce sujet » a martelé le ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg. Tous les sénateurs présents, quel que soit le parti politique, étaient d’accord. Seul bémol, du sénateur Vert, Ronan Dantec, pas sur les caractères non écologiques de l’électrobilité, mais parce que « rien ne dit que le véhicule électrique sera à terme « la » solution de mobilité individuelle. »

Le coût de la réassurance

Pour promouvoir le véhicule électrique, Jean-Paul Denanot, président de l’assemblée régionale du Limousin, recevait à la fin du mois de mai Thierry Pagès, directeur d’ERDF Limousin, pour la signature d’une convention visant à financer une étude pour l’implantation de bornes de recharge. « Nous prenons la question des véhicules électriques à bras le corps sur un territoire qui a besoin d’espérer », a déclaré Jean-Paul Denanot. Pour combattre les freins qui semblent encore retenir les particuliers d’acheter un véhicule électrique, le président estime que l’idée de rassurer les populations est la bonne. « L’automobiliste ne veut pas être pris au dépourvu. Nous étudions donc la possibilité d’implanter des bornes, pour pouvoir recharger son véhicule, au cas où. »

Thierry Pagès, directeur d’ERDF Limousin, et Jean-Paul Denanot ont signé une convention de partenariat pour une étude sur l’implantation de bornes de recharge pour véhicules électriques dans la région.

Les représentants d’ERDF, filiale d’EDF, avaient amené avec eux toute une série de chiffres montrant que le véhicule électrique était parfaitement adapté à un territoire comme le Limousin. Jean-Yves Gauthier a ainsi rappelé que 80 % des conducteurs effectuaient des trajets de moins de 40 km, que 85 % des trajets servent à se rendre sur son lieu de travail et que le Limousin est d’ailleurs la 2e région de France, après Poitou-Charentes, pour l’utilisation d’un véhicule personnel pour se rendre au travail. Brièvement, il évoquait les problèmes de la recharge des batteries et des possibles pics de consommation électrique... « Mais il suffirait de mieux gérer le réseau de distribution », a-t-il plaidé, les recharges se faisant essentiellement (à 95 %) au domicile ou sur le lieu de travail. Pour les recharges en journée, des solutions photovoltaïques pourraient même être étudiées...

Les élus régionaux présents ont écouté avec attention la présentation de ce tableau idyllique avant de tiquer sur la facture. Pour implanter 144 bornes mixtes (recharge de type normal ou accéléré) et 13 bornes rapides, il en coûterait plus de 2 millions d’euros. Ce réseau de bornes (dont l’étude doit préciser le positionnement et le nombre) ne servirait donc que dans 5 % des cas : quand un véhicule est rechargé en dehors du domicile ou du lieu de travail. Ce qu’ERDF désigne sous le vocable « de réassurance ».

L’énergie nuclaire n’est pas la question

Pour Marc Horvat, élu régional écologiste, « c’est prendre le problème à l’envers. À ce prix-là, il vaudrait mieux faire de la pédagogie que de la réassurance. On ne peut de toute façon pas imaginer remplacer toutes nos automobiles par des véhicules électriques. Nous n’avons ni une production d’électricité suffisante, ni les ressources pour construire toutes ces batteries. La voiture électrique doit être replacée dans un schéma plus vaste et il faut surtout favoriser l’accès aux transports en commun. »

Pour les partisans de l’électromobilité, la production d’électricité n’est jamais abordée. Lors de la signature de la convention, le directeur d’ERDF Limousin, Thierry Pagès, n’en a pas parlé et quand on lui pose la question, il répond qu’il n’est pas venu pour ça et que ce n’est pas le sujet. Au Sénat, à la toute fin du débat, le sénateur UMP, Jean-Claude Lenoir, s’en est étonné : « On a beaucoup évoqué le véhicule électrique, mais on a peu parlé de l’électricité. C’est un euphémisme de le dire : pour qu’une voiture électrique fonctionne, il faut de l’électricité ! En quelle quantité et selon quelle provenance ? Si tous les véhicules qui circulent en France étaient électriques, compte tenu du rendement beaucoup plus élevé d’un moteur électrique par rapport à un moteur à explosion – 86 % pour le premier, contre 30 % pour le second –, il faudrait à peu près douze réacteurs nucléaires de type EPR pour alimenter l’ensemble de ces véhicules. » Étrangement, son collègue écologiste Ronan Dantec a déclaré lors du même débat : « Si les écologistes font un lien entre le développement du véhicule électrique et le maintien, voire la survie, de l’industrie nucléaire, je pense que ce lien n’existe pas. »

Jean-Paul Denanot, sur cet aspect, reste pragmatique : « Dans nos territoires, à moins de ne plus nous déplacer du tout, le véhicule électrique n’est pas un mauvais choix. Et s’il faut du nucléaire pour produire l’électricité, je préfère le nucléaire à ce qui se fait en Allemagne, où sont brûlées énergies fossiles pour produire de l’électricité. Les 54 000 euros de cette convention sont destinés à financer une expérimentation. Si nous voulons que le véhicule électrique se développe... Mais nous n’écartons pas les autres systèmes de propulsion, notamment les véhicules à hydrogène. »

Stéphane Monnet.


La mairie de Limoges a choisi la Zoé

Pour remplacer plusieurs voitures de fonction roulant au diesel, la mairie de Limoges a fait le choix de l’électricité. « Avec les trolley, nous sommes dans une ville qui a une tradition de mobilité électrique, constate Roger-Émile Lombertie, maire de Limoges. Suite à notre appel d’offres, nous avons commandé trois Zoé. Un choix qui me satisfait doublement : Zoé, c’est Renault, et les bornes de recharge, c’est Legrand. »

Pour le particulier, la Zoé coûte aujourd’hui 13 700 euros (bonus écologique déduit), plus un forfait de location de batterie mensuel de 79 euros (pour 12 500 km/an). L’autonomie annoncée est de 150 km. Les temps de recharge sont de l’ordre de : 6 heures en recharge normale, 1 h 30 en recharge accélérée et 20 minutes en recharge rapide.

Roger-Émile Lombertie ne cache pas que la voiture électrique « ne répond pas à tous les besoins et reste globalement chère à l’achat pour les ménages. Je ne pense pas que nous pourrons tous passer au véhicule électrique. C’est un outil intéressant, mais dans les zones urbaines, pour les petits déplacements. »

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