L’audiovisuel public est l’affaire de tous

L’audiovisuel public est l’affaire de tous

Publié le 15/12/2018

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Parlement. Alors que la loi de finances 2019 est en discussion, Marie-Ange Magne signe un rapport sur le budget de la culture et celui de l’audiovisuel public. La députée s’est notamment intéressée au devenir de la redevance télé.

Depuis 2014 et l’annonce par François Hollande d’une possible réforme de la contribution à l’audiovisuel public (Cap), plus connue sous le nom de « redevance télé », le sujet refait régulièrement surface. Pendant l’été, l’ex-ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait déclaré lors d’un déplacement à La Rochelle : « La redevance TV doit être déconnectée de la détention d’un téléviseur en 2020 ». Une proposition aussitôt écartée par les autres ténors du gouvernement d’alors. La péripétie n’a pas dû aider François Nyssen à conserver sa place lors du remaniement d’octobre 2018.

Marie-Ange Magne, députée de la 3e circonscription de la Haute-Vienne, à sa permanence parlementaire à Limoges le 26 novembre. (Ph. Stéphane Monnet)

Le sujet est sensible. Encore plus aujourd’hui avec l’ampleur prise par le mouvement anti-taxes des gilets jaunes. La députée du nord de la Haute-Vienne, Marie-Ange Magne, vient de s’intéresser de près à cette question. Dans le cadre de l’examen de la loi de finances 2019, elle a signé le rapport spécial consacré aux « médias, livre et industries culturelles, avances à l’audiovisuel public ». Derrière ce titre aride, l’élue s’est penchée sur les crédits affectés par l’État à tous ces domaines.

La télé au quotidien

« Ces questions peuvent paraître loin des préoccupations des Français, c’est pourtant leur quotidien, estime-t-elle. Je me souviens d’une réunion à Matignon avec le Premier ministre en avril dernier. Édouard Philippe nous a dit que la réforme du service public n’était pas un enjeu majeur pour le citoyen lambda, qu’il ne comprenait pas cette réforme et qu’il n’en voyait pas l’intérêt. Et la réforme a été repoussée à l’année prochaine. Pour le Premier ministre, il n’y avait pas de visibilité. Alors que tous les Français regardent la télévision, sur un poste de télé, sur une tablette ou sur un smartphone. Tous ont accès aux media, aux chaînes d’information, au sport, à des films, à des séries. De nouveaux acteurs sont apparus. On a maintenant Netflix ou Amazon. On a un secteur qui est inquiet. Je reste persuadée que l’accompagnement de ces évolutions est un défi important. »

139 euros de redevance

La réforme étant reportée, le Parlement étudie en ce moment au sein de la loi de finances 2019 ce que la députée considère comme un « un budget de transition à la veille de deux grandes réformes, une pour la presse, la réforme de la loi Bichet, une pour l’audiovisuel public. Et l’enjeu sera vraiment d’intéresser nos concitoyens. »

Actuellement, la Cap est collectée en même temps que la taxe d’habitation qui devrait totalement disparaître en 2020. Le mode de recouvrement de la redevance TV devra donc changer. Marie-Ange Magne a déposé un amendement à la Loi de finances demandant au gouvernement de remettre au Parlement avant le 1er juin 2019 un rapport sur cette question. L’amendement a été adopté en premier lecture à l’Assemblée nationale. « L’idée est que le gouvernement nous liste les différentes possibilités retenues pour recouvrer la Cap s’il n’y a plus de taxe d’habitation. On la raccroche à quoi ? Je n’ai pas la réponse. Mais je sais que Bercy travaille sur plusieurs scenarii possibles. »

Cette année encore, la Cap a donc été payée par les contribuables en même temps que la taxe d’habitation. Elle s’élevait à 139 euros en métropole. En 2017, elle a permis de collecter 3,9 milliards d’euros, soit 89 % du budget de Radio France et 82 % du budget de France Télévisions. « Derrière la redevance télé, il n’y a pas que de l’information, souligne la députée. Il y a aussi du sport, des séries, des téléfilms. L’audiovisuel public contribue aussi au cinéma au travers de coproductions. La Cap finance aussi le numérique. On a un site FranceInfo qui est quand même très dynamique, qui fonctionne très bien. La Cap finance encore l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Dans l’audiovisuel public, il y a France medias monde, TV5 Monde. Il ne faut pas l’oublier, c’est l’image de la France à l’international. »

Les jeunes s’abonnent

Malgré la Cap, le financement de l’audiovisuel public est à la baisse depuis plusieurs années. Au côté d’autres députés, Marie-Ange Magne s’est battue pour que le secteur de la création soit préservé « pour faire en sorte qu’on ait toujours une création vivante à la télévision, qu’on ait toujours des tournages sur nos territoires, avec des retombées économiques. En Haute-Vienne, on connaît bien tout ça. On a accueilli le tournage des Camarades, Un village français... »

La députée estime qu’il faut se poser les bonnes questions et ne pas craindre de parler sans détour du financement de l’audiovisuel public. « On s’aperçoit que les jeunes générations sont prêtes à s’abonner à des services payants comme Netflix ou Amazon pour accéder à des vidéos, des films, des séries. L’audiovisuel public peut légitimer son financement s’il propose un service qui correspond à une demande. On assiste à une baisse de l’audience des chaînes historiques. On constate un vieillissement des téléspectateurs de France TV. Que veut-on faire de notre audiovisuel public ? Qu’attendent les gens de notre audiovisuel public ? C’est de cela qu’il s’agit. »

Et certaines questions deviennent chaque année plus pressantes. Le 4 décembre, lors des débats sur la loi de finances, le sénateur socialiste David Assouline s’est inquiété : « Ce n’est plus sur France Télévisions que certains événements sportifs sont diffusés : ils coûtent tellement cher que le service public ne peut plus assumer cette dépense. On pense, bien sûr, au football. Mais pour les mêmes raisons budgétaires, on envisage d’abandonner le rugby dans les années qui viennent. Pour le tennis, qui reste sur France Télévisions, il en sera bientôt de même ! Heureusement que le Tour de France n’a pas lieu le soir et la nuit. La suppression de la publicité après vingt heures empêcherait d’en financer la diffusion, et pour cause : aujourd’hui, pour rentabiliser les émissions sportives, il faut des recettes publicitaires. Voilà une véritable carence ; mais, si elle se fait jour, c’est parce que le service public manque de moyens, et non parce qu’il en a trop ! »

Interroger tout le monde

Marie-Ange Magne a évoqué l’idée de porter un événement qui réunisse téléspectateurs, auditeurs, lecteurs de presse et professionnels du secteur. « Tout le monde doit se sentir impliqué. Pour nous, représentants de la nation, c’est le moment de dire qu’on prépare la réforme de l’audiovisuel public, quel impact cela va avoir sur notre quotidien ? Pourquoi fait-on cette réforme ? Parce qu’aujourd’hui nous regardons la TV sur un téléphone, une tablette, à la demande. Il faut que tout le monde s’adapte, qu’on puisse faire des propositions concrètes pour permettre à l’audiovisuel public de rivaliser ou de travailler comme ou avec les Gafan et évidemment de proposer les moyens correspondants dans des trajectoires de dépenses publiques qui sont revues à la baisse. »

STÉPHANE MONNET

La loi Bichet date de 1947 et réglemente la façon dont la presse écrite est distribuée en France.

Dans les Dom, elle s’élève à 89 e.

Gafan : acronyme pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Netflix.

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