Les hausses de prix tardent, les éleveurs s’impatientent

Les hausses de prix tardent, les éleveurs s’impatientent

Publié le 19/07/2015

Agriculture >

Le 18 juin dernier, les acteurs de la filière s’engageaient à revaloriser les cours de la viande bovine. La semaine passée, les éleveurs du Limousin sont allés de visu constater l’application de l’accord sur le terrain. Et le compte n’y est pas…

Cinq centimes de plus par semaine et ce, jusqu’à ce que le prix payé au producteur soit équivalent aux coûts de production, tels étaient les termes de l’accord. Moins de trois semaines après, l’application sur le territoire de l’accord du 17 juin sur la viande bovine est inégale. Inégale selon les opérateurs et selon les catégories d’animaux, alors que toutes devaient bénéficier de la revalorisation. Inégale aussi selon les régions. En Limousin, les éleveurs des FDSEA de Corrèze, Creuse et Haute-Vienne ont rendu visite aux abattoirs de Limoges et d’Égletons et à leurs clients la semaine passée. À la sortie de l’abattoir de Limoges, Pascal Lerousseau, président de la FDSEA de la Creuse et coordonnateur du Berceau des races à viande s’interroge : « Aujourd’hui, tout le monde se renvoie la balle. En un an nous avons perdu entre 30 et 40 centimes du kilo de carcasse ! Où passe l’argent ? ».

Simple maintien des prix

Après l’abattoir de Limoges, c’est vers ses clients Covilim, VLS et Plainemaison que s’est tournée la délégation d’éleveurs de Creuse et de Haute-Vienne, avec toujours la même question : la hausse de 5 centimes par semaine est-elle appliquée ? La réponse est sans appel : si le prix est maintenu, il n’augmente pas pour autant. La cause invoquée : l’impossibilité de répercuter la hausse à l’aval – en particulier pour ceux qui exportent en Grèce ou en Italie –, la chute de la consommation sur le marché français… Difficile à entendre pour les éleveurs. Les chiffres comparés de juin 2014 et de juin 2015, fournis par les transformateurs, montrent des cours stables. Dès lors, comment expliquer la baisse de 30 centimes du prix payé à l’éleveur ? Une chose est certaine, si les cours ne remontent pas c’est la mort à petit feu pour les éleveurs. Une nouvelle mobilisation n’est donc pas à exclure dans les semaines à venir.

La sécheresse en toile de fond

En Corrèze, des représentants de la FDSEA se sont rendus à l’abattoir de Charal en fin de semaine dernière. Depuis la table ronde du 18 juin, les charolaises R+ ont pris 17 centimes, les limousines R3, 10 centimes. D’une manière générale, les bovins de race à viande de moins de 10 ans et des catégories R et U ont vu une hausse de 15 centimes et les laitières de 6 à 10 centimes. Par ailleurs, l’abattoir a apparemment dû refuser 200 bêtes la semaine passée ; la sécheresse conduirait les éleveurs à préférer vendre les animaux plutôt que de les nourrir. Au niveau national, le comité de suivi de l’accord du 18 juin a conduit à des constatations similaires (voir article ci-contre). Si les cotations montrent une hausse, elle reste inférieure aux cinq centimes promis. Pour les gros bovins, la hausse est ainsi en moyenne de 2 centimes. Affaire à suivre.

P. Dumont.


Dossiers FAC à déposer avant le 28 août

Dans le cadre des mesures conjoncturelles, le ministère de l’agriculture a décidé de mettre en place une mesure d’accompagnement de type Fonds d’allégement des charges financières (Fac) en faveur des agriculteurs réalisant une production de bovins viande affectés par un contexte de prix à la production fortement dégradé. Le Fac est une aide qui intervient sous forme d’une prise en charge d’intérêts sur les échéances des prêts bancaires professionnels à long et moyen termes, d’une durée supérieure à 24 mois.

Pour être éligible à la mesure, les exploitations doivent répondre à plusieurs conditions :

— être spécialisées dans la production de bovins viande à hauteur au minimum de 75 % du chiffre d’affaires,

— présenter un taux d’endettement d’au moins 35 %,

— présenter un taux de perte de l’EBE d’au moins 12 %.

Le montant alloué à ce dispositif a conduit la cellule d’urgence Haute-Vienne en charge du suivi Fac bovins viande à déterminer des critères locaux afin de cibler les aides en faveur des éleveurs les plus en difficulté, au regard notamment de la chute du cours de la viande.

Le critère retenu est le suivant : “Éleveurs bovins viande dont le taux de finition des animaux est supérieur ou à égal à 98 %”. Un courrier est envoyé par la DDT aux éleveurs de bovins viande remplissant ce critère.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 28 août 2015.

• Pour tous renseignements, s’adresser à la DDT : 05 55 12 90 82 – 05 55 12 91 33.

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Cotations

Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

s.50 : 4,60 €/kg

s.49 : €/kg

Ovins

Agneaux de boucherie
Prix moyen pondéré des agneaux

s.50 : 6,49 €/kg Augmentation

s.49 : 6.47 €/kg

Cotations complètes
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