Loi de transition énergétique : entretien avec la députée Catherine Beaubatie

Loi de transition énergétique : entretien avec la députée Catherine Beaubatie

Publié le 05/11/2014

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L’Assemblée nationale a adopté le 14 octobre, en première lecture, le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte par 314 voix pour et 219 voix contre. Catherine Beaubatie, députée de la 3e circonscription de la Haute-Vienne, a voté pour. Elle était également présente au sein de la commission spéciale chargée d’étudier les amendements à ce projet de loi.

• Quelle a été votre principale motivation pour participer à la commission et aux débats entourant cette loi dite de « transition énergétique » ?

Catherine Beaubatie : Ma principale motivation était de poser le problème de l’énergie au niveau national. Aujourd’hui, le coût de l’énergie est devenu un problème pour un nombre croissant de ménages. Nous devons mettre en place des mesures pour réduire ce coût et permettre à chacun de regagner en pouvoir d’achat.

Catherine Beaubatie, députée de la 3e circonscription de la Haute-Vienne  : « Aller devant les micros pour passer à BMFTV, ce n’est pas du travail de parlementaire. »

• L’UMP a fait de la défense du nucléaire son cheval de bataille. Qu’en pensez-vous ? Était-ce un sujet tabou ?

C. B. : La stratégie de l’UMP n’a pas de sens. On est tous d’accord pour sortir du nucléaire, mais pas sortir brutalement du nucléaire. Sur une loi comme celle-ci, qui engage notre pays pour les 40 ans à venir, faire de l’obstruction parlementaire de cette manière n’a pas de sens. Pourquoi tenir une position aussi clivante ? Les centrales nucléaires nous ont permis pendant des décennies d’avoir de l’énergie à moindre coût. Certaines centrales arrivent en fin de vie. Nous devons trouver les moyens de les démanteler. Et si la part du nucléaire baisse dans notre production électrique, il faut que les gens de la filière soit reclassés. Cette loi doit permettre à la France de changer son modèle énergétique. Mais cela ne va pas se faire d’un coup de baguette magique.

• Quelles pistes sont envisagées pour faire ce changement ?

C. B. : La première piste est de réduire notre consommation énergétique. Ensuite, il faut investir dans les énergies renouvelables. Il y a 15 ans, le photovoltaïque avait le vent en poupe. Nous avions un savoir-faire à La Souterraine et le moratoire instauré en 2010 a tout stoppé. Dans le nord de la Haute-Vienne, cela fait dix ans que les élus se battent pour mener à bien un projet éolien. Je note que sur de tels sujets il n’est pas normal pour notre démocratie qu’une association devienne une minorité de blocage. Lors des dernières municipales, tous les élus concernés avaient inscrit ce projet éolien dans leur programme et ils ont été élus ou réélus. Je pense qu’une nouvelle phase a commencé, une nouvelle phase dynamique pour ce projet éolien. On a besoin de réforme pour que l’État accompagne correctement les communes, les intercommunalités qui veulent se lancer dans ce genre de projet. Que l’État s’assure que le cadre de la loi est bien respecté, mais que s’il y a un besoin et une volonté, les projets puissent être concrétisés.

• Pour réduire la consommation d’énergie, comment procède-t-on ?

C. B. : On s’intéresse aux secteurs où il y a de grandes déperditions. Le logement, notamment. Cette loi va favoriser la construction de bâtiments à énergie positive. J’entends les remarques de ceux qui disent que ces bâtiments coûtent 15 à 25 % plus cher à construire, dans un contexte déjà difficile. Mais avec la demande, les prix vont forcément baisser. La massification de tels bâtiments va en réduire le coût. Dans un premier temps, un accompagnement financier de l’État est nécessaire.

Sur ce chapitre du logement, je suis très favorable au tiers-financement, à la possibilité donnée aux sociétés régionales de tiers-financement de faire l’avance du coût des travaux des particuliers, notamment pour la rénovation thermique. Nous aurons à revenir sur ce point en seconde lecture, la droite s’y opposant fortement. L’objectif de la loi est de permettre la rénovation de 500 000 logements par an.

• La mobilité a fait l’objet de nombreux débats, notamment sur la promotion faite par le gouvernement de la voiture électrique. Quelle est votre position sur ces questions ?

C. B. : Il ne faut pas opposer l’urbain et le rural. S’il est utile de développer des réseaux de transports en commun non polluants, dans les endroits où il y a beaucoup de population et un grand nombre de passagers potentiels, chez nous, en Haute-Vienne, nous devons développer les infrastructures routières. Je ne suis pas dans le tout routier, mais nos modes de vie ne sont pas les mêmes. Comme députée, je m’intéresse à tout ce qui se passe au niveau national, mais si je dois porter un message au ministre des Transports c’est : faites que la 147 ne traverse plus aucun village. Une vitesse normale sur cet axe entraînera moins de pollution et les populations ayant tendance à s’installer près des axes de communication, elles réduiront leur trajet. Il faut cesser d’opposer les idées. Qu’on interdise les véhicules dans les centres-villes lors des pics de pollution, d’accord. Mais dans un département comme le nôtre, les déplacements en voiture, on ne peut pas s’y soustraire.

Sur la voiture électrique, j’émets les plus grandes réserves. Son autonomie limitée ne convient pas pour des départements comme le nôtre. Je comprends les acheteurs qui se tournent davantage vers les véhicules hybrides. Je ne supporte plus qu’on soit dogmatique, quand il faut être pragmatique.

• La loi prévoit cependant l’installation à grande échelle de bornes de recharges électriques...

C. B. : J’ai eu une discussion avec Denis Baupin (député écologiste de la 10e circonscription de Paris) sur ce sujet. Il me dit que si nous ne mettons pas de bornes, les gens n’achèteront pas de voitures électriques. Je n’y crois pas. La voiture électrique actuelle ne répond pas à nos besoins. Nous devons avancer avec une grande prudence sur ce sujet. Qu’on donne la possibilité d’avoir un nombre minimum de bornes de recharge dans certaines villes, après une étude d’impact et une fois les besoins identifiés... À la rigueur... Mais vraiment, sur les bornes de recharge, il faut être prudent et ne pas faire de l’équipement pour de l’équipement.

• Il est également question d’un appel à projet pour 1 500 méthaniseurs en milieu rural...

C. B. : Je crois que la transition énergétique doit se faire avec tous et surtout avec le monde agricole. Les agriculteurs sont très en avance sur les mesures environnementales. Il faut travailler avec eux. Il ont pris conscience depuis longtemps des enjeux et ils sont formés. Mettre en application cette loi, dans des territoires comme ici, ne me fait pas peur. Nous avons ici des gens avertis et formés. Il ne faut pas que les politiques fassent ces réformes sans le monde agricole.

S. M.

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