Hôpital de Saint-Junien : quel accès aux soins pour les territoires ruraux ?

Hôpital de Saint-Junien : quel accès aux soins pour les territoires ruraux ?

Publié le 15/11/2018

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Santé. Alors que des services ont fermé et que des médecins sont « partagés » avec le CHU, usagers, personnel et élus ont manifesté leur soutien à un service de santé publique complet pour l’Ouest limousin et la Charente limousine.

L’hôpital de Saint-Junien est le plus important établissement entre Limoges et Angoulême. Il dispose actuellement d’un pôle médecine-chirurgie-obstétrique et urgences, d’un service de consultations externes, d’un service d’examens (radiologie, scanner, IRM) et d’un pôle de gériatrie. « La chimiothérapie est partie au CHU » a rappelé Didier Lekiefs, secrétaire de la CGT. (Ph. E. Dueso)

« Hôpital en danger, population sacrifiée », tel était le slogan qui résonnait samedi 10 novembre, sous une pluie battante, alors que 3 000 personnes manifestaient à Saint-Junien pour un hôpital de qualité à la mesure des besoins du territoire. La population, le personnel hospitalier et les élus, à l’exception des parlementaires tous absents, ont martelé leur attachement à cet outil aujourd’hui menacé par une dégradation des conditions de soins. Pour les représentants syndicaux et les élus, le maintien de cette situation va mener à la fermeture des services les plus « techniques ».

Leur inquiétude est d’autant plus grande que le « Plan santé 2022 » vise la création d’hôpitaux de proximité dont les missions seront réduites à la portion congrue : gériatrie, suivi des maladies chroniques, rééducation, consultations avec mises à disposition de plateaux et équipements de télémédecine pour les médecins de ville... La chirurgie, la maternité et la médecine spécialisée ne feraient pas partie des missions de ces établissements. « Je préfère qu’un patient subisse une opération lourde à 50 km de chez lui, avec le plus haut niveau de qualité, s’il peut ensuite faire sa rééducation, son suivi postopératoire au plus près de chez lui, entouré de ses proches dans un établissement de proximité », avait déclaré Emmanuel Macron lors de la présentation de ce plan en septembre dernier.Pour les manifestants, l’hôpital de Saint-Junien doit au contraire continuer à assurer toutes ses missions hospitalières. « Aujourd’hui nous sommes réunis pour délivrer un message fort au gouvernement sur sa volonté de réduire constamment la voilure des hôpitaux publics. Il doit entendre les besoins de santé qui montent des territoires. La population dans sa diversité doit avoir accès à des services hospitaliers publics (médecine, obstétrique, oncologie, chirurgie, maternité, urgence, psychiatrie) de proximité, qui soient de vrais hôpitaux et non des dispensaires comme ce qui semble être en préparation. Nous ne voulons plus de ces disparitions de services, camouflées sous des fermetures de lits » a argumenté Pierre Allard, maire de Saint-Junien. Il a souligné l’attachement de la population à l’hôpital en rappelant qu’il n’avait plus vu de mobilisation aussi importante depuis 1989, pour l’obtention du premier plateau de chirurgie.

Personnel sous pression

Pour l’heure, la tendance n’est plus à la création mais à la suppression. Didier Lekiefs, secrétaire de la CGT à l’hôpital de Saint-Junien, a indiqué qu’un récent audit confié par l’ARS à un cabinet et rendu très récemment préconisait la suppression d’une quarantaine d’emplois. Des conclusions incompréhensibles pour le personnel : « La situation actuelle de notre établissement est très fragile [...] : moins d’effectifs dans tous les services, médecine, chirurgie, obstétrique, les Ehpad, les soins de suite, etc. Il faut mettre des moyens humains pour consacrer plus de temps aux patients. La réponse ne peut pas être de rappeler les personnels sur leur temps de repos ou des fermetures de lits qui diminueraient le nombre de places nécessaires aux besoins de la population. Le personnel est épuisé car depuis des mois il s’auto-remplace. [...] Au SSR, vous avez un infirmier pour 60 patients la nuit. À la maternité, les aide-soignants sont passés à 12 heures, par manque de remplaçants. » Et de rappeler que plusieurs services ont déjà fermé par manque de personnel.

Pierre Allard, qui est également président du conseil de surveillance de l’établissement, a fait savoir qu’il refuserait de discuter de tout projet impliquant de supprimer du personnel, de réduire le budget ou de fermer des lits. Pour lui, les orientations de la loi de finances amèneront le territoire à ne plus disposer que d’un « dispensaire ». Un courrier de la mairie devait être expédié dans la semaine pour demander un rendez-vous à la ministre de la Santé.

ESTELLE DUESO


La motion

Réunis [le], 10 novembre 2018 devant l’hôpital de Saint-Junien, nous demandons :

  • Que dans le cadre d’une médecine s’appuyant sur les avancées technologiques, sur la montée en compétence de tous les personnels soignants, sur le soutien entre établissements hospitaliers, soit bâtie une offre de soins qui réponde aux exigences de notre bassin de vie.
  • Que l’hôpital de Saint-Junien maintienne la totalité de ses services et soit doté de moyens humains et financiers à hauteur des besoins, sans suppressions de postes, de service et de lits,
  • Que l’hôpital de Saint-Junien, plus gros hôpital entre Limoges et Angoulême, accueillant 50 000 patients par an et pratiquant 20 000 actes chirurgicaux soit le pilier de soins pour les populations pour qui il représente une solution de proximité et de premier recours face à la raréfaction de la médecine de ville sur nos territoires par l’engagement exceptionnel de l’ensemble des personnels, des hommes et des femmes qui composent le service public hospitalier.
  • Qu’alors que s’ouvre le débat sur le budget de la Sécurité sociale, et donc le budget des hôpitaux, à l’Assemblée Nationale, budget annoncé en excédent, il est indécent de vouloir encore réduire la voilure des hôpitaux, comme il est prévu dans le projet de budget.
  • Qu’alors que de tous les territoires, de tous les hôpitaux, la colère monte, par la voix des élus, des collectifs de défense, des syndicats, des personnels, nous devons réaffirmer que l’enjeu c’est l’égalité sur tout le territoire de notre pays, que l’égalité est la condition de la République.
  • Que les pouvoirs publics, en la personne de Mme la ministre de la Santé reçoive une délégation composée de l’ensemble des forces et acteurs concourant à la pérennité et au développement de notre hôpital, pour entendre nos demandes.

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