Mobilisés autour de l'Entente pour l'eau

Mobilisés autour de l'Entente pour l'eau

Publié le 01/08/2019

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Eau. Le bassin Adour-Garonne est particulièrement impacté par le manque de précipitations. L’État, les Régions Nouvelle-aquitaine et Occitanie et le comité de bassin mettent en place l’Entente pour l’eau afin de limiter le déficit.

«Les deux tiers des départements du bassin Adour-Garonne sont en alerte : c’est une situation inédite », a déclaré Martin Malvy, le président du comité de bassin Adour-Garonne, lors de la conférence de presse préalable à la réunion plénière du comité de bassin Adour-Garonne organisée à Bordeaux le 16 juillet. « À ce jour, 29 arrêtés de restriction des usages de l’eau ont été pris sur 19 départements des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, a indiqué Étienne Guyot, préfet d’Occitanie et coordonnateur du bassin Adour-Garonne. Le déficit annuel (qui est pour le moment de 250 m3) pourrait atteindre 1,2 milliard de m3 d’ici 2050 si rien n’est fait (soit la moitié de la consommation annuelle qui est de 2,4 milliards de m3) », ajoute-t-il.
Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, est entouré (de gauche à droite) de  Fabienne Buccio, préfète de Nouvelle-Aquitaine, Étienne Guyot, préfet d’Occitanie et coordonnateur de bassin Adour-Garonne, Martin Malvy, président du comité de bassin Adour-Garonne et Guillaume Choisy, directeur général de l’agence de l’eau Adour-Garonne. (Ph. Région N-A)

Mobiliser les acteurs
Pour relever le défi et minimiser ce déficit, tel que le préconise l’État (voir encadré ci-dessous), Étienne Guyot entend mobiliser les préfets de départements et de sous bassins. « Je souhaite qu’à tous les échelons d’action de l’État le problème de l’eau soit pris en compte de façon urgente et prioritaire. Tous les préfets de sous bassins vont être sensibilisés pour faire ressortir des projets de territoire. L’objectif est de définir un plan d’actions pour un retour à l’équilibre dans les zones touchées », dit-il. Ce plan d’actions devra en outre être en phase avec les décisions annoncées le 1er juillet, en conclusion des assises de l’eau. Les axes de travail identifiés consistent entre autres à protéger les captages d’eau potable (assurer la qualité de l’eau sur 1 000 captages prioritaires d’ici 2022), à mettre en place une campagne de communication d’envergure afin d’économiser l’eau (sensibilisation et tarification ad-hoc), à protéger les rivières...

Identifier de nouvelles ressources
Aujourd’hui, le bassin Adour-Garonne dispose d’une réserve de 510 millions de m3 d’eau, ce qui est néanmoins insuffisant pour éviter la mise en place de mesures de restriction. Vu le scénario qui se profile, le président Martin Malvy souligne l’importance de s’intéresser aux quantités d’eau disponibles au niveau des ouvrages hydroélectriques sous concession de l’État pour sécuriser les usages. Il souhaiterait en outre que, dans le cadre du renouvellement des concessions hydroélectriques (qui vont être ouvertes à la concurrence), « il soit inscrit dans le cahier des charges que les concessionnaires futurs, quels qu’ils soient, auront à participer au soutien d’étiage ».

Mieux traiter les eaux usées  
Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, a pour sa part insisté sur la problématique de traitement des eaux, en s’appuyant sur les avancées de la recherche, « sujet sur lequel la France a beaucoup de retard ». Il a notamment évoqué la modernisation des stations d’épuration en milieu rural car « c’est simple de mener des actions dans les petites communes pour améliorer ce point ». En plus, « dans les villes, on aurait intérêt à reminéraliser (c’est-à-dire planter des arbres) et de développer l’utilisation des eaux grises pour arroser par exemple. Ces solutions sont ultra-rapides et resolvabilisent en plus les collectivités », note-t-il.

Et le  financement ?
Un point d’achoppement réside par contre dans le financement de ces différents projets. Martin Malvy remarque que le budget réservé aux bassins ne cesse de diminuer (le budget opérationnel d’Adour-Garonne est passé en quelques années de 280 à 250 millions d’euros, l’État souhaitant déployer une part de leur dotation sur d’autres postes). « Le budget ayant été revu (à la baisse), on n’a pas les moyens de mener nos politiques. Si la mobilisation marche, on va voir arriver des projets mais rien n’est pire que de ne pas avoir les moyens de les financer ! », souligne le président.  Alain Rousset  abonde dans le même sens et remarque qu’« on ne peut pas avoir un discours alarmiste et en parallèle nous couper les pattes ». Se voulant rassurant, Étienne Guyot,  préfet coordonnateur, précise : « Les crédits existants doivent être mobilisés au fur et à mesure. Mon rôle est de travailler là-dessus. » La balle est donc dans le camp de l’État.
Nathalie Péneloux

Une organisation territoriale indispensable
Les faibles pluies hivernales et les fortes chaleurs de ce début d’été renforcent le déficit en eau au niveau de plusieurs départements de France. Le bassin Adour-Garonne est particulièrement concerné. Au vu de l’urgence de la situation, l’État a formalisé son engagement sur ce dossier et qualifié cette problématique de « grande cause du Sud-Ouest ». C’est pour mieux l’appréhender que les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ont été sollicitées pour travailler avec les préfets des deux régions et le comité de bassin. Ils doivent établir ensemble l’Entente pour l’eau.
Il faut dire que les actions visant à mieux gérer l’eau sont de natures très diverses. D’ailleurs, à l’issue du comité de bassin, cinq priorités ont été identifiées : accompagner un plan d’économie d’eau dans les différents usages (consommateur, industrie, collectivités et agriculture) ; agir sur la nature (restaurer les zones humides, végétaliser davantage les villes, planter des haies...) ; optimiser les ressources existantes et en mobiliser de nouvelles pour sécuriser les usages notamment en périodes d’étiage ; soutenir l’émergence de nouvelles filières en s’appuyant sur la recherche et les bonnes pratiques (traitement de seaux) ; lutter activement contre l’artificialisation et l’érosion des sols.
Ces priorités devront être traitées dans le cadre de projets de territoire (qui répondent aux objectifs définis par l’instruction du 7 mai).

En bref
• Quelques chiffres : 2,4 milliards de m3 consommés par an ; un déficit annuel moyen de 250 m3 pour le moment qui risque de s’aggraver (prospectives à 1,2 milliard de m3 d’ici 2050).
• Agriculture et eau en Adour-Garonne : la part mobilisée par l’agriculture représente 43 % des volumes prélevés par an (soit un peu plus d’un milliard de m3). En période d’étiage, elle consomme 69 % des volumes prélevés. Les besoins en eau sont en effet les plus élevés quand elle est moins disponible. Les membres du comité de bassin estiment que la réforme de la Pac  devrait intégrer l’accompagnement des pratiques agricoles pour garantir (ou reconquérir) la bonne qualité des rivières.
• Un travail interrégional : Fabienne Buccio, préfète de Nouvelle-Aquitaine a insisté sur la bonne coordination qui allait être nécessaire entre les acteurs des deux régions, la Nouvelle-Aquitaine étant également tourné vers le bassin Loire-Atlantique.

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