Mobilisés malgré un contexte compliqué

Mobilisés malgré un contexte compliqué

Publié le 22/06/2019

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Filière ovine. Le contexte particulier qu’a rencontré la filière ovine en 2018 a largement été abordé par les responsables de Limovin réunis en assemblée générale le 12 juin.

En 2018, le contexte de la production ovine a été compliqué. Pour faire face à la baisse du nombre d’agneaux chez ses adhérents, afin de conserver une activité suffisante à l’abattoir de Bellac et un approvisionnement régulier de la filière, l’ensemble de l’équipe de Limovin se mobilise. 

Développer des liens entre coops
Limovin développe aujourd’hui des liens avec OBL (Ovin Berry Limousin) et ABS (Agneau Berry Sologne). Ces échanges se sont concrétisés en 2018 par l’apport de 600 agneaux par ABS et de 7 000 agneaux par OBL, ce qui a permis « de compenser largement la baisse des 7 100 agneaux provenant des adhérents de Limovin », remarque François Vannier, le président. Au final, malgré une hausse d’activité (+ 2 %), « le résultat de la coopérative est négatif », ce qui semble dû essentiellement « à la hausse du coût de l’énergie qui se répercute sur le transport des carcasses et à la continuité de la baisse du 5e quartier (voir encadré) », poursuit-il. 
Retard dans les ramassages
Cette année a également été marquée par un retard des ramassages d’agneaux sur une longue période malgré les efforts des techniciens. « Les retards ont été les mêmes pour tous les adhérents et ils ont été liés à une volonté de ne pas faire s’effondrer les prix », précise Catherine Coeffeteau. L’organisation à l’abattoir obéit à des règles et une arrivée trop importante d’agneaux par rapport aux besoins des clients engendre des difficultés, ajoute-t-elle. D’où la nécessité de ramasser au fur et à mesure des besoins. À ce propos, les adhérents sont invités à consulter le site internet de la coopérative pour anticiper les sorties. Afin de mieux s’organiser en bout de chaîne, les échographies peuvent jouer un rôle : x agneaux par brebis, disponibilités y sur période n... Autant de  données qui donneraient de la lisibilité... 
Pour compenser les désagréments engendrés par cette situation inhabituelle, « les responsables de la coopérative ont choisi de maintenir le prix payé au détriment de la marge commerciale », ajoute François Vannier. 
Trouver de nouveaux clients
Dans ce contexte, « nous devons investir davantage sur la commercialisation en recherchant de nouveaux débouchés tout en gardant un prix rémunérateur pour les éleveurs. Nous devons aussi garder une activité suffisante pour honorer nos contrats avec nos clients toute l’année », souligne le président. C’est pourquoi il est primordial de conserver une production étalée sur l’année, même si cela semble difficile puisque le nombre d’inséminations tend à diminuer et qu’un manque d’agneaux de Pâques est observé depuis deux ans. Il rappelle cependant que « l’équipe technique est à votre service pour vous aider à faire des plannings de reproduction et répondre au mieux à vos besoins. Elle vous organise des formations collectives. N’hésitez pas à proposer des thèmes que vous souhaiteriez aborder ». 
Aller plus loin
Cette proximité et cette écoute des adhérents se double chez Limovin d’une préoccupation pour l’aval. Afin de mieux communiquer vers le consommateur en mal d’informations sur l’origine des produits, la coopérative propose sa propre marque : « En direct des éleveurs ». Pour la suite, « nous souhaiterions davantage mettre en avant la notion de commerce équitable encadrée par la loi afin d‘éviter les discours sans fondement. La démarche Agri-Éthique serait une bonne approche, nous l’étudierons », conclut le président. Mais avant tout, pour l’avenir proche, les adhérents pourront compter sur leur coopérative qui entend bien poursuivre son travail d’accompagnement et de conseil. 
Nathalie Péneloux

Quid du 5e quartier ? La baisse de la valorisation du 5e quartier est liée à l’effondrement des prix des peaux. Les boyaux se heurtent eux aussi à une forte concurrence, d’autant plus que le travail de préparation est important pour un prix de vente dérisoire, note Catherine Coeffeteau, directrice de Limovin. Pour la laine, les prix restent peu élevés. Néanmoins, le stock entreposé à la coopérative a été entièrement vendu. Le ramassage de la laine dans les élevages devrait reprendre très prochainement, ajoute-t-elle.

Focus sur l’activité de Limovin en 2018, points forts et difficultés
Quelques chiffres
Au 31 décembre 2018, Limovin comptait 430 éleveurs adhérents pour une troupe de 92 175 brebis. 19 éleveurs ont quitté la coopérative  (- 5 291 brebis) et 16 nouvelles adhésions ont apporté 2 362 brebis. Le manque de repreneurs pour certains élevages explique la perte importante de brebis (2 929). 
Activité technique
• Démarche IGP : 422 éleveurs sont engagés dans la démarche IGP Agneau du Limousin et Baronet. Le respect du cahier des charges par tous les maillons de la filière est indispensable à la crédibilité de la démarche de production d’agneaux certifiés. 
Génétique : La coopérative accompagne ses adhérents pour l’achat d’animaux reproducteurs. Cette année, 186 béliers ont été achetés dont 118 inscrits. Les achats en ferme tendent à augmenter car la concurrence avec des élevages hors de la zone est rude et il est nécessaire d’agir très en amont pour obtenir des antenais de qualité. Les techniciens ont aussi acheté 1 016 agnelles et brebis. Une offre importante est observée en raison des départs en retraite. L’objectif est de replacer le plus de femelles possible afin de  conserver le pool de production chez les adhérents. 
• Inséminations animales : Elles sont principalement réalisées d’avril à juillet. Le nombre de mises en place (14 326 IA dans 120 élevages) est en baisse de 2 000 par rapport à 2017. Cette situation est inquiétante car elle va impacter le nombre d’agneaux de contre-saison. Elle s’explique entre autres par l’important nombre de départs en retraite enregistrés cette année, mais aussi par la recherche de modes de désaisonnement plus naturels (l’injection de PMSG pose question). Cette situation interpelle quant à l‘avenir d’Insem Ovin. François Vannier souligne cependant l’importance de conserver cette coopérative sur le territoire. 
• Constats de gestation : La coopérative a mis en place une politique vouée à développer les échographies. Depuis 2015, elles sont gratuites pour l’ensemble des adhérents. En 2018, 47 068 constats de gestation ont été faits. Si ce chiffre accuse une baisse par rapport à 2017 (- 6 000), en janvier 2019, 4 000 échographies de plus ont été réalisées par rapport à janvier 2018. François Vannier souligne l’importance de cette opération qui doit faire progresser les élevages et faciliter la commercialisation. 
Sanitaire : Limovin a mis en place une campagne d’analyse coprologique de septembre à mars en lien avec le laboratoire départemental. En 2018, 168 prélèvements ont été faits. Même si leur nombre varie fortement d’une année sur l’autre, il est important de prendre le sujet au sérieux, d’autant plus que les strongles développent une résistance à certaines molécules. « Il faut donc être attentif et éviter de traiter à l’aveugle », souligne le président. 
• Divers : En plus de fiches conseils régulièrement diffusés à l’attention des adhérents et de réunions techniques d’information, la coopérative déploie différentes actions financières. Il faut citer pour mémoire une aide à l’insémination, une aide au désaisonnement, des aides en faveur des jeunes agriculteurs et une avance de trésorerie pour l’achat d’un cheptel reproducteur. 
Enfin, 108 élevages sont en appui technique.
Activité commerciale
Les besoins des clients nécessitent 1 500 agneaux par semaine. L’activité est importante à Pâques, en été (opérations avec les GMS) et à Noël. Au final, les prix ont été plus élevés qu’en 2017 de janvier à Pâques. Ils ont ensuite baissé suite à l’affluence des agneaux de Roquefort (les opérations GMS sur ces produits sont nombreuses, notamment au deuxième trimestre) et aux sorties d’agneaux d’herbe plus importantes qu’en 2017, malgré la mise en place d’opérations afin de les vendre sans les brader.
La part des agneaux vendus sous signe officiel de qualité se maintient : 53 % des carcasses commercialisées par Limovin ont été valorisées en Baronet, IGP Les Bergers ou en bio (ce mode de production est difficile et peu rémunérateur). 
N. P

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Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

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s.49 : €/kg

Ovins

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Prix moyen pondéré des agneaux

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