Championnats du monde de tonte de moutons

Championnats du monde de tonte de moutons

Publié le 17/07/2019

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Pour la première fois, un Gallois champion du monde de tonte à la machine

Le Gallois Richard Jones lors de la remise de prix. Ému, il n’a réussi à dire que quelques mots, remerciant Christophe Riffaud et son équipe pour l’organisation, disant un mot en direction de son épouse, avant de lancer un dernier « Thank you very much ! » (Ph. Stéphane Monnet)

Compétitions. Un championnat du monde, un concours international et un championnat de France, le site du mondial de tonte a accueilli de nombreux compétiteurs et champions. Le grand chapiteau, aux gradins déjà bien pleins dès le jeudi, n’a ensuite jamais désempli et les amateurs comme les novices en tonte de moutons se sont laissés prendre au jeu et à l’ambiance survoltée qui régnait lors des épreuves finales.

Les compétiteurs néo-zélandais se tenaient prêts, en coulisse, à monter sur scène pour exécuter leur célèbre haka, mais la première place à la tonte à la machine leur a été ravie par le Gallois Richard Jones. Rowland Smith et Cam Ferguson arrivent tout de même en deuxième et troisième position, mais ce n’est pas suffisant pour se lancer dans l’une de leurs danses rituelles. Pour la troisième fois en dix-huit championnats du monde, la Nouvelle-Zélande n’a remporté aucun titre en tonte à la machine mais repart quand même avec trois récompenses : Allan Oldfield est champion du monde de tonte aux forces, Allan Oldfield et Tony Dobbs sont champions du monde par équipe de tonte aux forces, Pagan Karauria et Sheree Alabaster sont championnes du monde par équipe de tri de laine.

Richard Jones, trop ému pour prendre la parole, est le premier Gallois à devenir champion du monde de tonte de moutons à la machine. Les trois rounds de qualification avaient été dominés par l’Écossais Gavin Mutch (champion du monde en 2012). Le Néo-Zélandais Rowland Smith (champion du monde en 2014) se tenait en embuscade. Richard Jones s’était qualifié pour les demies-finales en se portant à la sixième place, tandis que le Français Thimoléon Resneau (12e) décrochait lui aussi son ticket pour les demies sans toutefois réussir à accéder à la finale.

La rapidité ne suffit pas

Lors de la finale, Rowland Smith a été le plus rapide et a tondu ses vingt brebis en 14 minutes et 32 secondes, devant son compatriote Cam Ferguson (14 minutes et 48 secondes). Dans une ambiance surchauffée et devant un chapiteau plein à craquer, Richard Jones mettait presque une minute de plus pour tondre son lot de brebis (15 minutes et 30 secondes). Rowland Smith pensait sans doute l’avoir à nouveau emporté. Mais dans cette compétition, la vitesse n’est pas le seul critère. Quand il tond, le compétiteur est surveillé par un juge qui à la moindre faute lui octroie des pénalités et en coulisse d’autres juges scrutent les brebis tondues et les évaluent. Leurs notes sont bien souvent déterminantes. Grâce à la qualité de sa tonte, Richard Jones est sacré champion du monde de tonte à la machine, devant Rowland Smith avec 0,15 point d’avance...

En concours féminin international All Nations, la Française Éléonore Resneau (après un petit problème de chronomètre en demie-finale) a terminé de tondre en dernier lors de la finale « mais j’ai été suffisamment propre pour quand même passer devant ! » et remporter ce tournoi féminin. « Ce n’est pas important de ne pas connaître les autres compétiteurs, a-t-elle encore remarqué, en tonte, il faut surtout se connaître soi-même ! »

Le Français Loïc Jauberthie, champion de France de tonte aux forces pour la quatrième fois consécutive savait que la partie serait difficile dans la compétition mondiale : « On sera face à des tondeurs très confirmés qui tondent presque tous les jours aux forces, et c’est là où ça devient difficile pour nous, car en France la tonte aux forces existe encore par tradition mais on tond la plupart du temps à la machine. »

Ces trente dernières années, les championnats du monde de tonte aux forces ont été dominés par les tondeurs d’Afrique du Sud et du Lesotho. Mayenseke Shweni (Afrique du Sud), 46 ans, champion du monde 2014 et 2017 espérait repartir avec un troisième titre, mais il s’est incliné en final devant Allan Oldfield, 29 ans, qui a tondu ses six brebis en moins de 13 minutes. La résistance physique a sans doute joué à ce moment de la compétition. Comme l’a fait remarquer Ken Payne, le manager de l’équipe de Nouvelle-Zélande, les conditions météorologiques de ce championnat du monde étaient difficiles, « vendredi, il faisait encore 31° à une 1 heure du matin, pas facile de s’endormir. Les journées étaient longues, lever à 6  heures et retour au logement pas avant vingt-deux heures. »

La France sur le podium

Dans l’épreuve du tri de laine, le Gallois Aled Jones remporte le titre en individuel. Le Pays de Galles s’était déjà distingué à deux reprises aux championnats du monde dans cette épreuve. Angharad Lewis a été championne du monde en 1998 et Bronwyn Tango en 2010. Là aussi, la compétition ne s’arrête pas lorsque le trieur de laine a fini de rouler toutes les toisons et a nettoyé sa station de travail. En coulisse, les juges vérifient que la laine a été soigneusement triée et chaque fibre correctement identifiée.

La championne de France en titre, Lucie Grancher, et sa coéquipière Adèle Lemercier, ont réalisé un joli parcours. Si Adèle Lemercier échoue de peu à se qualifier en demie-finale au terme des deux rounds qualificatifs (10e place) et si Lucie Grancher (7e  après les rounds qualificatifs) ne décroche pas une place en finale individuelle, en équipe elles sont finalistes et confrontées aux Nouvelles-Zélandaises et aux Écossaises. « On a tout donné et on a pris beaucoup de plaisir », a confié Adèle Lemercier à l’issue de la compétition. Mais cette fois encore, l’équipe de Nouvelle-Zélande, Pagan Karauria et Sheree Alabaster, très soudée, a remporté la mise. Depuis vingt ans, la Nouvelle-Zélande n’a laissé échapper ce titre qu’une seule fois, en 2014 en Irlande. Meinir Evans et un certain Aled Jones l’avaient emporté !

Stéphane Monnet

62 000 visiteurs

Avec un objectif annoncé de 30 à 50 000 visiteurs sur les quatre jours, les organisateurs des championnats du monde de tonte de moutons ont annoncé avec satisfaction avoir passé la barre des 60 000 visiteurs.

Bruce Lang, président du Royal Highland and Agricultural Society of Scotland (RHASS), a reçu des mains de Christophe Riffaud (à droite) le trophé destiné à l’organisateur du prochain événement en présence de Greg Herrick, président du Golden shears world coucil. (Ph. S. M.)

Le pays organisateur des prochains championnats du monde de tonte de moutons a été révélé lors de la cérémonie de clôture. Il s’agit de l’Écosse. La compétition aura lieu en 2022, lors du Royal Highland Show qui se tient au Royal Highland Centre, à quelques pas du centre d’Édimbourg. « C’était un grand moment d’émotion de voir la vidéo de promotion de notre candidature diffusée devant des milliers de compétiteurs et speactateurs lors de la cérémonie de clôture, a commenté Bruce Lang, président du Royal Highland and Agricultural Society of Scotland (RHASS).

Un au revoir à la française

Spectacle. Le spectacle de clôture a été réalisé par l’association organisatrice des réputés spectacles de Bridiers en Creuse.

La clôture du championnat du monde de tonte de moutons a été animée par l’association organisatrice des célèbres spectacles estivaux de Bridiers en Creuse.

200 participants (dont des danseuses) et 450 costumes tous confectionnés à la main par les bénévoles de l’association. (Ph. Stéphane Monnet)

Jamais un championnat de tonte de moutons n’a été clôturé par un spectacle. Pour l’occasion, le metteur en scène a voulu proposer une clôture sur le même principe que les Jeux Olympiques avec tous les symboles qui s’y rapportent : la flamme, la parade de drapeaux... Il a souhaité également mettre à l’honneur les grands savoir-faire régionaux et proposer un au revoir de la France tel que les étrangers peuvent l’imaginer.

C’est ainsi que 200 bénévoles de l’association, en costume d’époque (de 1800 à 1930), ont fait le show pendant près d’une heure avec un défilé des nations, des danses traditionnelles (danses de sabots, valse, french cancan), des tableaux retraçant les métiers régionaux (maçons de Creuse, ramoneurs, tisserands...), etc. Un intermède au spectacle a permis de remettre le trophée au prochain organisateur du Mondial de tonte qui est l’Écosse.

Retrouvez prochainement les acteurs

Vous pourrez retrouver toute l’équipe d’acteurs de cette association les 2, 3, 4 et 5 août à La Souterraine en Creuse pour leur traditionnel spectacle de son et lumière. Cette 14e édition emmènera les spectateurs suivre le périple maritime et les aventures de Baptiste, charpentier de marine de Noël 1758 à la Saint-Jean 1800.

Plus d’infos : www.bridiers.fr

Sandra Driollet

Les dessous de Bernard

Mascotte. Bernard, la mascotte, a arpenté le site du Mondial de tonte pendant les quatre jours. Mais qui se cache derrière le costume ?

Ella Richardson a enfilé le costume de Bernard. Elle est avec Élisa Louis, une amie, qui lui servait de guide ce jour-là. (Ph. N. P.)

Un événement tel que le Mondial de tonte devait se doter d’une mascotte. Bernard avait d’ailleurs été présenté à tous lors de la cérémonie des Rubans verts du Crédit Agricole à l’automne dernier.

Pendant la manifestation, il était fréquent de tomber nez à nez avec lui. Et parfois, on croyait voir double car on se trouvait face à deux Bernard !

Les organisateurs avaient tout prévu : deux costumes et six bénévoles assuraient l’animation et se relayaient. Parmi eux Ella Richardson, 18 ans, explique comment elle en est venue à enfiler le costume. « Mes parents sont éleveurs à Saint-Barbant. Ils ont des moutons, des vaches laitières et des limousines. Naturellement, je me suis inscrite pour être bénévole à l’AMTM. Quand j’ai appris que les organisateurs recherchaient quelqu’un pour faire Bernard, je me suis spontanément proposée », indique-t-elle. En effet sa personnalité colle avec le rôle de la mascotte. Ella aime le contact, la fête... « Sous le costume, il fait chaud. Les pieds sont un peu grands, je les perds. En plus, on ne voit pas trop bien quand on marche mais ce n’est pas grave car on rend les gens heureux quand ils nous rencontrent ! », ajoute-t-elle ravie de cette expérience.

Nathalie Péneloux

Petit tour sur le site à quelques heures de l'ouverture

Speed-shear du champ de Juillet à Limoges

En pré-ouverture des championnats du monde de tonte de moutons (4-7 juillet, Le Dorat, Haute-Vienne), un speed-shear était organisé au champ de Juillet à Limoges. Jack Fagank, le tondeur néo-zélandais habitué des compitions françaises à remporter ce premier concours.

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