ORAGES DE GRÊLE : les OPA se mobilisent

ORAGES DE GRÊLE : les OPA se mobilisent

Publié le 25/06/2014

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Suite aux violents orages de grêle qui se sont abattus sur une partie du nord de la Haute-Vienne dans la nuit du 7 au 8 juin, une réunion technique a été organisée avec les conseillers de la Chambre d’agriculture vendredi 13 juin, sur l’exploitation de Vincent Damart, à Prousat, sur la commune de Saint-Junien-les-Combes. Un point sur les dégâts constatés sur les exploitations des agriculteurs présents a été fait ; les solutions existantes pour gérer les cultures détruites et des questions quant aux différents dispositifs d’accompagnement existants ont été abordées. Alain Fioux et Danièle Barataud ont animé les discussions.

Un nombre important d’exploitations a été touché par la grêle dans la nuit du 7 au 8 juin. Les communes de Blond, Breuilaufa, Vaulry, Berneuil, Saint-Junien-les-Combes, Balledent, Rancon, une partie de Châteauponsac et de Saint-Sornin-Leulac ont été impactées à des degrés variables.

Alain Fioux et Danièle Barataud, conseillers agricoles sur le secteur, ont été sollicités pour faire un point sur les parcelles grêlées et pour proposer des solutions de gestion des cultures détruites (on broie ? on retourne ? on récolte et comment ?). Près d’une dizaine d’éleveurs venus de différentes communes sinistrées avait fait le déplacement pour échanger.

Des dégâts très variables

L’ampleur des dégâts est variable selon le secteur et les productions développées. Ainsi, Michel Senon, installé à Rancon, a surtout constaté des dégâts sur la commune de Balledent. Il a très rapidement évalué les pertes qui seraient supérieures à 40 % sur la zone impactée. « On est à la bascule entre le choix de garder la culture ou de détruire », note-t-il. Lui, il a choisi de remplacer.

Un autre éleveur, installé à Chamboret, a constaté des dégâts sur des parcelles près de Berneuil (30 % sur orge et 10 % sur blé). Le toit de sa stabulation est détruit ainsi que les bâches de ses silos d’herbe. Heureusement, son assurance peut jouer en sa faveur.

Sur Rancon, Pierre Hedde est sinistré sur toute son exploitation, seules ses parcelles situées à Blanzac n’ont pas été touchées. « Les pois en mélange sont par terre, le blé est cassé, les dégâts sur triticale sont moins visibles mais il tend à devenir blanc. Le soja qui avait levé est à plat. Il n’y a que les haricots qui venaient juste d’être semés qui ont levé suite à cet orage. » Ce céréalier n’a pas d’alternative. Il est trop tard pour ressemer la plupart de ses cultures. Il peut éventuellement proposer à son voisin de faire pâturer ses animaux...

Au Gaec des Deux Villages, toujours à Rancon, les dégâts sont visibles sur l’herbe, les silos en boudin, le ray-grass épié destiné à être gardé qui est détruit.

Les dégâts sur herbe ne doivent pas être ignorés car ils représentent de grosses pertes de matière sèche. « Un mélange trèfle violet-ray-grass est entièrement versé à 15 jours de la récolte. Je peux faucher mais ce sont les derniers jours qui amènent le plus de MS. Là, je vais récolter 1,5 t MS/ha contre 4 t MS en temps normal ! », remarque Michel Senon.

Alain Fioux appelle à la prudence par rapport à la gestion de ces parcelles : « Attention car si on laisse trop longtemps les cultures à terre, elles vont pourrir. »

Vincent Damart, qui accueillait la réunion technique sur son exploitation à Saint-Junien-les-Combes, annonce 80 à 90 % de pertes sur cultures. « Il reste 2 ha de maïs sur 6 ha au départ », dit-il. Par contre, lui ne veut pas ressemer. « Je passe la campagne comme ça ; je ramasserai ce qu’il y aura et je repartirai l’an prochain sur une nouvelle campagne », dit-il.

Chez Fabien Drieux, à Saint-Junien-les-Combes, il y a plus de 60 % de dégâts sur céréales. « Les tiges sont cassées, les épis sont vides ou éclatés. Il y aura peut-être 10 quintaux de récoltés et la paille ne sera pas bonne. Quand à l’herbe qu’on allait faucher, elle est couchée. »

Que choisir ? Les différentes possibilités

La prise de décision quant au devenir de ces cultures appartient à chacun, guidé par son système d’exploitation. « Cette année, le fourrage ne manque pas. Si les céréales doivent être remplacées, il faut semer du maïs à la place le plus vite possible pour l’ensiler à l’automne (maïs d’indice 200-220). Je conseillerais de réimplanter au moindre coût en essayant de ne pas trop charger en engrais », préconise Alain Fioux. Concernant le semis, « sur chaumes, il n’est pas régulier si on ne dispose pas d’un semoir à disque qui tranche le sol », remarque Michel Senon.

Autre solution pour gérer les cultures sinistrées : « On peut y mettre les animaux, par exemple les brebis », indique Danièle Barataud.

N. P.


Questions réglementaires et indemnisations

Assurance : Joseph Mousset, présent en tant qu’agriculteur sinistré et président de la FDSEA, a rappelé que le fonds de calamités agricoles n’intervenait pas en cas de grêle, ce type d’aléa climatique devant être assuré. Or, « l’assurance n’est pas incitative et l’impact toujours lourd à assumer quand ça tombe ! Je propose de travailler pour revoir le modèle d’assurance », dit-il. Il tendrait à proposer la mise en place d’un système basé sur la mutualisation, qui coûterait de ce fait moins cher au souscripteur.

Pour le moment, chacun est invité à se rapprocher de son assureur pour faire le point de ses garanties.

Des questions réglementaires se posent : par rapport à la déclaration Pac, que se passe-t-il si les céréales ne sont plus là en cas de contrôle ? Selon la DDT, les DPU seront quand même activés même si la céréale n’est plus là car elle est arrivée au stade mature. Néanmoins, toutes les personnes qui ont ou vont changer la nature de la culture détruite sont invitées à le signaler à la DDT en remplissant un formulaire de modification d’assolement (disponible sur telepac). Si ce document sécurise la situation par rapport à la Pac, il permet également de recenser les dégâts, souligne Joseph Mousset.

« L’inventaire des dégâts doit être fait rapidement pour pouvoir aborder le sujet lors de la prochaine CDOA », ajoute le président de la FDSEA.

TFNB : Une demande isolée de dégrèvement partiel de la taxe sur le foncier non bâti peut être faite auprès des services fiscaux (art. 1398 du Code général des impôts). Le modèle de courrier ci-contre peut vous y aider.

Quand les pertes de récoltes affectent une partie notable de la commune, le maire peut formuler une réclamation collective au nom des personnes intéressées. Madame le Sous-Préfet de Bellac a été contactée par la FDSEA. Une réponse de sa part est attendue.

Cotisations sociales : Des démarches ont été également initiées auprès de la MSA pour étudier la possibilité de la prise en charge d’une partie des cotisations sociales. Là aussi les réponses sont attendues avec impatience.

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