Forte mobilisation de soutien au projet d'atelier collectif d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux

Forte mobilisation de soutien au projet d'atelier collectif d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux

Publié le 06/07/2015

Agriculture > Bovins >

De nombreux agriculteurs, des acteurs de la vie économique locale, des politiques, des représentants syndicaux nationaux se sont mobilisés vendredi autour du projet d'atelier collectif d’engraissement de Saint-Martial-le-Vieux. Le préfet du département de la Creuse,  Philippe Chopin, est également venu visiter le site.

Un projet porté par 45 exploitations

Ce projet est porté par des éleveurs du plateau de Millevaches aux confins des départements de la Creuse et de la Corrèze. Ayant tous pour activité principale l’élevage allaitant à l’herbe avec vente de broutards, ils se sont associés pour constituer la SAS Alliance Millevaches et créer un atelier collectif d’engraissement à Saint-Martial-le-Vieux (23). Les éleveurs détiennent plus de 60 % du capital de la société. Ces 45 élevages représentent 76 chefs d’exploitation.

L’objectif de ce projet est :

— d’engraisser sur place, et dans les meilleures conditions, des animaux initialement destinés à l’exportation sur l’Italie ;

— de développer de la valeur ajoutée et de l’emploi dans la région tout en contribuant à pérenniser les outils locaux (marché au cadran, abattoir d’Ussel…).

Il s’inscrit dans une démarche de développement territorial. Son caractère novateur et collectif sera utile à tous les éleveurs pour partager l’expérience et donner de nouvelles références, indispensables pour favoriser la mise en œuvre de nouveaux schémas de production durables pour demain.

Le projet a bénéficié d’une opportunité, avec la reconversion partielle du camp militaire de La Courtine, permettant d’accéder au programme financier qui l’accompagne. La subvention accordée par le ministère de la Défense permet d’entreprendre le projet en limitant le risque. Il en aurait été de même pour toute autre activité de reconversion du site.

Fonctionnement proche d’une démarche concrète d’économie circulaire

— Les broutards mis à l’engraissement proviendront tous des élevages de la région Limousin. L’approvisionnement sera assuré pour l’essentiel par les éleveurs adhérents de la SAS et complété si nécessaire auprès des autres éleveurs livrant au marché au cadran d’Ussel.

— L’essentiel des matières premières pour l’alimentation (céréales, maïs, colza) ainsi que la paille pour les litières seront achetées dans un rayon de 100 à 150 km. En effet, la ration a été composée en visant l’objectif de la plus grande autonomie fourragère possible au plan régional avec des aliments énergétiques et protéiques cultivés en Limousin, Auvergne et Centre. En particulier, il n’y aura pas d’importation de soja.

— Les fumiers issus de l’atelier d’engraissement alimenteront l’unité de méthanisation dont la construction est prévue sur le site. Le digestat qui constitue un amendement organique naturel et de qualité sera épandu par les agriculteurs locaux.

— La production d’électricité issue de l’équipement photovoltaïque des bâtiments et de l’unité de méthanisation en fait un projet à énergie largement positive. On estime que la production d’électricité photovoltaïque et celle issue de la méthanisation correspondent à la consommation de 900 foyers.

— La majorité de la production animale sera abattue à Ussel et destinée à l’exportation sur les marchés du Sud de l’Europe (grecs, espagnols, italiens) demandeurs d’une viande jeune et de couleur claire.

— Des entreprises locales pour construire le bâtiment.

Toutes les entreprises retenues après appel d’offre ont leur siège proche du site. Les équipements intérieurs des bâtiments seront achetés à des entreprises locales. Sont concernées :

- la maîtrise-d’oeuvre-architecture Valade, Ussel (19),

- la maçonnerie Bredèche, Ussel (19),

- l’électricité Gauthier, Ussel (19),

- la serrurerie Rigaudières, Saint-Martin-Valmeroux (15),

- la plomberie Trullen, Lavaveix-les-Mines (23),

- le terrassement TPPM, Aubusson (23),

- la charpente Gouny, Ussel (19).

Les bâtiments sont construits en bois en dépit d’un petit surcoût par rapport au fer.

La SAS négocie l’achat des équipements et des matériels (tracteurs, remorques, aplatisseurs…) avec des entreprises situées à moins de 50 km.


Interview de Gilbert Mazaud, membre d’Alliance Millevaches

De g. à dr., Gilbert Mazaud, éleveur à Clairavaux et membre de la SAS Alliance Millevaches, Jean-François Loge, maire de Sornac (19) et membre de la SAS Alliance Millevaches, Jean-Marc Pouzaud, chef d’agence de la Colas à La Brionne, et Angélique Bartaire, p.-d.g. de TTPM à Aubusson sur le site de l’atelier d’engraissement.

• Pourquoi vous êtes-vous associé à ce projet entre éleveurs ?

Gilbert Mazaud : C’est un projet novateur. On peut même dire que c’est une première en France. Une cinquantaine d’éleveurs ont réfléchi à mettre en place en commun l’engraissement des veaux au lieu de les faire partir vers l’Italie. La réflexion a abouti à la création de la SAS Alliance Millevaches. Chaque éleveur est actionnaire sur la base de 3 000 euros par éleveur, réglés en trois fois à raison de 1 000 euros par an. La société Jean Rozé est elle aussi actionnaire ; elle est au capital de la SAS. La SAS est donc constituée d’éleveurs et d’une société d’abattage.

• Pour vous, quels sont les points positifs de ce projet ?

G. M. : D’abord, c’est la première fois qu’autant d’éleveurs sont capables de se réunir autour de la table pour réfléchir à leur avenir, dans le sens où c’est dangereux d’avoir un client principal qui est l’Italie. Ça peut nous péter à la figure assez rapidement. Donc trouver une solution locale entre éleveurs me paraît une solution importante.

Ensuite, ce projet contribue à maintenir, voire à créer de l’emploi au niveau local. À terme, il représente 2,5 à 3 emplois ; c’est toujours bon à prendre. Et puis, il va conforter un site d’abattage. Avec les céréales qui vont être fournies et tout ce qui gravite autour, l’impact va être important.

• Comment va se passer l’approvisionnement des matières premières composant la ration ?

G. M. : Le partenaire pour les céréales et le maïs est la coopérative Natéa. La zone d’approvisionnement retenue est la plus près possible de Saint-Martial-le-Vieux. Nous allons travailler avec le bassin Centre, Auvergne et Limousin.

D’autre part, les protéines de la ration sont apportées par du tourteau de colza (et non de soja comme évoqué par nos détracteurs). Côté énergie, ce sera de la pulpe de betterave, des céréales à paille et du maïs. Les veaux seront conduits en ration sèche avec 1,5 kg de paille par animal pour amener de la fibre.

• Vous avez subi de nombreuses critiques. Comment réagissez-vous face à vos opposants ?

G. M. : C’est une infime minorité qui tape sur tout ce qui bouge, sur tout ce qui sort de l’ordinaire. Sans médias, ils n’existeraient même pas !

Mille veaux, ça paraît beaucoup mais, ramené à l’échelle de l’exploitation, c’est 25 veaux par an...

Le 4 juillet, nos détracteurs organisent une manifestation. Vous dire qui ils sont est compliqué... J’ai du mal à suivre... Il y a des gens qui vous interpellent sur le bien-être animal, d’autres sur l’abattage halal, comme si cette question pouvait se régler à La Courtine...

Pour moi, ces gens sont uniquement là pour se faire connaître. Ils ont des arrière-pensées politiques, ils veulent exister, voilà.

Propos recueillis par T. Ganteil.

 

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