Préserver tous les contre-pouvoirs

Préserver tous les contre-pouvoirs

Publié le 01/03/2019

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Institution. La diminution du nombre de parlementaires était une proposition du gouvernement. La sénatrice Marie-Françoise Pérol-Dumont, un temps favorable, y est désormais tout à fait hostile.

La Constitution et le rôle des élus se sont invités dans le grand débat national. Jusqu’à l’affaire Benalla, la réforme des institutions était une priorité du gouvernement. Le groupe des sénateurs socialistes, qui avait eu l’avant-texte de cette réforme entre les mains, avait vivement réagi et lancé leurs propres propositions. « Le texte du gouvernement comportait beaucoup d’aspects démagogiques. Surtout, il ne consultait pas les citoyens », se souvient la sénatrice de Haute-Vienne, Marie-Françoise Pérol-Dumont.

La sénatrice Marie-Françoise Pérol-Dumont à la tribune du Sénat. (Ph. Sénat)

Sous le titre « Mettre à jour notre constitution : 5 chapitres pour bâtir une nouvelle démocratie », le groupe des sénateurs socialistes et républicains avait donc lancé une consultation sur le site internet parlement-et-citoyens.fr. Certaines propositions des participants ont été retenues. Près de neuf mille votes ont été enregistrés dans les différents thèmes abordés.

Sur la réduction du nombre de parlementaires, la position de Marie-Françoise Pérol-Dumont a évolué : « À titre personnel, je me disais : il n’y a plus le cumul, les parlementaires sont à plein temps, on pourrait peut-être voir à diminuer un peu le nombre de parlementaires. »

Mais la pratique du pouvoir par le gouvernement en place lui fait changer d’avis  : « Quand je vois comment ils se sont attaqués à tous les contre-pouvoirs, les élus locaux, sous des formes budgétaires ou autres, les associations, en supprimant les emplois aidés, la presse, les syndicats, les parlementaires en voulant diminuer leur nombre, en voulant diminuer le droit d’amendement dans les assemblées, je me suis dit : mais non, il ne faut surtout pas accepter leur logique. »

Autant que l’Allemagne

Trop de parlementaires pour la France ? Les sénateurs socialistes font le tour des pays européens, en nombre de citoyens représentés par un parlementaire, la France est au niveau de l’Allemagne. En Italie et au Royaume-Uni, un parlementaire représente moins d’habitants, ils sont donc plus nombreux. « Non, la France n’est pas un contre-exemple », assure la sénatrice qui, s’appuyant sur l’Histoire, estime que « s’attaquer au Parlement ce n’est jamais bon pour la démocratie. »

Recevant des gilets jaunes qui lui font la proposition de réduire le nombre de sénateurs à vingt, comme le nombre de régions, elle les interroge : « Donc, nous, dans cette grande région de la taille de l’Autriche, on aura un sénateur ? Vous ne pensez certainement pas qu’il sera de Limoges ou du plateau de Millevaches ? Il sera bien sûr de l’endroit le plus peuplé. Vous m’avez demandé un rendez-vous, deux jours après je vous ai reçus. Vous pensez que quand il y aura un sénateur qui sera à Bordeaux vous serez reçus du jour au lendemain ? Comment il fera pour recevoir tout le monde ? Pour ma part, les gens qui me demandent une audience, ils sont reçus. Ils ont le droit de venir me demander des comptes. Il n’y a pas une lettre, pas un mail qui n’a pas eu une réponse, pas nécessairement une qui les satisfait, mais une réponse. »

Préserver la démocratie

La sénatrice s’étonne encore que plus la vie politique est encadrée, assainie, surtout depuis les réformes engagées par Lionel Jospin, plus la confiance dans les élus diminue... « Il faut pourtant avoir le courage de dire aux gens : attaquer la démocratie représentative c’est à terme remettre en cause leur liberté. »

La sénatrice n’est pas opposée à l’idée de rendre le vote obligatoire, si le vote blanc, dans le même temps, est reconnu. La proportionnelle ? De façon raisonnable, « Je reste attachée aux scrutins uninominaux directs. Vous engagez votre personne face aux gens et vous rendez des comptes à ces gens. Le meilleur juge de paix, c’est l’électeur, avec son bulletin de vote. Donc il faut qu’il aille voter. »

À l’époque où elle était députée, Marie-Françoise Pérol-Dumont tenait des permanences à Bellac, faisait des réunions pour rendre compte de son mandat, elle y voyait toujours les mêmes personnes. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus une place publique où il se dit tout et n’importe quoi. Les contrevérités y prospèrent. « Notre Constitution doit évoluer, mais elle doit évoluer au service de plus de démocratie et non pas au service de la démagogie. »

STÉPHANE MONNET 

 

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