« Rien n’a été fait depuis l’euro »

« Rien n’a été fait depuis l’euro »

Publié le 03/05/2019

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Élections. La tête de liste UDI aux élections européennes, Jean-Christophe Lagarde, était à Limoges le 19 avril pour présenter le programme de son parti : il prône pour un budget européen non dépendant de la contribution des États.

Jean-Christophe Lagarde, tête de liste UDI (Union des démocrates et indépendants) aux élections européennes du 26 mai prochain était en déplacement en Haute-Vienne le 19 avril. Le matin, il visitait le pôle de Lanaud et pouvait dérouler le programme de son parti touchant aux questions agricoles. Reçu au club de la presse en début d’après-midi, il a tancé le président de la République : « Emmanuel Macron a fait un très beau discours au salon de l’agriculture, mais après, quand il écrit une lettre à 450 millions de citoyens, il n’utilise pas une seule fois le mot agriculture. Quelle est l’ambition de Macron pour l’agriculture, alors qu’on parle d’une réduction du budget de la Pac ? »

Jean-Christophe Lagarde, président et tête de liste de l’UDI aux élections européennes, était à Limoges le 19 avril pour présenter le programme de son parti. À sa droite, Vincent Rey, président de l’UDI Haute-Vienne. (Ph. Stéphane Monnet)

Pour le député la Seine-Saint-Denis, l’agriculture française souffre de « cette folie qui nous fait ajouter des règles françaises aux règles européennes. Cela plombe nos agriculteurs, nos PME et TPE. Quand on joue au foot : il y a les règles de la Fifa, on n’oblige pas l’équipe de France à jouer avec une main dans le dos et à cloche-pied ». Autre élément qui, selon lui, joue en défaveur de l’agriculture nationale : la concurrence déloyale. « On ne doit pas, on ne doit plus accepter que des aliments qui sont produits à l’étranger soient importés chez nous, alors que pour les élever ou les faire pousser on a utilisé des produits interdits en Europe. »

Sur de nombreuses questions, le président de l’UDI n’a pas caché son scepticisme. Il a vivement regretté que la campagne électorale peine à démarrer : « Le débat européen n’a pas encore commencé alors que le danger de la destruction de l’Union européenne n’a jamais été aussi grand. La Chine, les USA n’attendent que ça, la fin de l’Europe, car il leur serait tellement plus facile d’imposer leurs intérêts si nous sommes désunis. Quatre cent cinquante millions d’Européens pèsent peu face à un milliard de Chinois, mais sans l’Europe, nous ne pouvons pas créer de rapport de force. »

Un nouveau Delors

Jean-Christophe Lagarde reste très critique sur les vingt dernières années de l’Union européenne : il trouve que les accords signés avec d’autres pays sont déséquilibrés pour cause de « dérive ultralibérale », il espère l’émergence « d’un nouveau Jacques Delors pour relancer l’Europe », estimant que rien n’a été fait depuis le lancement de la monnaie commune. Il dénonce le retard pris dans de nombreux domaines : « Israël va envoyer une mission sur la lune dans les deux ans et les Européens n’en ont même pas le projet. L’entreprise Google à elle seule met 15 milliards dans l’intelligence artificielle (IA) et nos vingt-sept pays, séparés, divisés, proposent 8 milliards. Google consacre à sa recherche dans ce domaine deux fois plus d’efforts que tous nos pays coordonnés. Nous allons être largués. »

Dans les mesures emblématiques du programme de l’UDI, on trouve la fin du financement de l’Europe par les États, « c’est une machine à nourrir les égoïsmes. Comme on donne de l’argent, on attend toujours de savoir quel est le retour. » Le budget européen serait assis sur plusieurs taxes : taxation des produits importés en Europe en fonction de leur impact carbone, taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,01 %, attribution d’une fraction d’impôt sur les sociétés et mise en place d’un système d’exemption de visa européen, sur le modèle de l’ESTA (Demande d’autorisation de voyage aux États-Unis, demande qui est payante) aux Etats-Unis. Avec le nombre de touristes accueillis en Europe, l’UDI a calculé que cette simple mesure pourrait rapporter six milliards d’euros. « Cela suffirait a payé nos gardes-côtes et nos gardes frontières » a précisé Jean-Christophe Lagarde qui n’est pas pour le retour de frontières nationales : « quand on en avait, il y avait déjà de l’immigration clandestine et déjà des terroristes... Sur l’immigration, le FN pourrit le débat en France depuis 40 ans. » 

Sur le fonctionnement de l’Europe, le tête de liste UDI a été clair  : « Je prône la fin de la règle de l’unanimité, sauf dans trois domaines : le droit des citoyens, les questions d’adhésion à l’Europe et la politique étrangère. »

Stéphane Monnet

Voir aussi : Karine Gloanec Maurin, députée européenne, « Le Parlement européen est démocratique »

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