Alain Juppé était l’invité du Limoges Business Club

Alain Juppé était l’invité du Limoges Business Club

Publié le 22/10/2015

Ruralite > Collectivités >

Alain Juppé, maire de Bordeaux, a répondu pendant une heure et demie aux questions des membres du Limoges Business Club. Il a notamment évoqué la réforme territoriale en cours et l’agriculture. Il a également invité les agriculteurs à réfléchir avant de se tourner vers le vote protestataire.

Alain Juppé, maire de Bordeaux, ancien premier ministre (1995 - 1997), lors de son déplacement dans la capitale régionale.

Alain Juppé, en déplacement à Limoges pour soutenir la tête des listes du parti Les Républicains, a discuté pendant une heure et demie avec les membres du Limoges Business Club.

Dans son propos introductif, il est revenu sur la réforme territoriale en cours qui verra Bordeaux, commune dont il est maire, devenir la capitale régionale de la grande région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes. S’il n’a pas caché son opposition à cette réforme et à la constitution de grandes régions, il a reconnu qu’il fallait maintenant « réussir cette grande région. Il ne faut surtout pas, j’espère que ce n’est pas votre disposition d’esprit, poser le problème en termes de compétition, d’hostilité. Je sais que parfois le poids de Bordeaux fait un peu peur... Bordeaux va tout manger, j’entends cette chanson depuis longtemps. Vous avez peut-être été témoin de la transformation de Bordeaux. Qui peut s’en plaindre ? Personne. Je crois que le fait d’avoir une capitale régionale, et des capitales territoriales, comme Virginie Calmels l’a dit hier, attractives et en bonne santé profite à tout le monde. Nous devons créer entre nous des synergies. Nous devons introduire de la souplesse dans le dispositif. Faciliter les expérimentations, faire un peu du sur mesure, notamment au niveau intercommunal. Des villes nouvelles sont en train de se constituer, pourquoi pas, si c’est sur la base du volontariat. Des mutualisation, des délégations de compétences... Ceci va demander beaucoup de bonnes volontés de part et d’autre ».

L’énarque assure que la réforme ne produira aucune économie, bien au contraire : « Cette réforme va coûter cher. Pour prendre un exemple bordelais, quand je mutualise les services sur les 28 communes de Bordeaux métropole, parce que j’ai 28 directions de finances, 28 directions informatiques, 28 directions des achats, dans un premier temps, je garde les fonctionnaires qui sont là. Et quand je les transfère d’une commune à la métropole, qu’est-ce que je fais ? Le régime indemnitaire de la métropole est plus favorable que celui des communes et la loi m’impose d’aligner sur le régime le plus favorable. Pour transférer 1 000 agents, ça va me coûter presque un million d’euros. Alors d’où viendront les économies ? Des économies d’échelle, qui viendront dans les 3 - 4 ans qui suivent, à l’occasion des départs à la retraite, des restructurations de services. Voilà l’enjeu de cette réforme. En elle-même, elle ne génèrera pas d’économies, on n’y arrivera que si on en a véritablement la volonté. »

Sur l’agriculture

Une exploitante agricole, présente dans la salle, a lancé au maire de Bordeaux : « Il faut sauver l’agriculture en Limousin ! » Alain Juppé lui a répondu : « Il faut sauver l’agriculture du Limousin, qui souffre particulièrement, mais au-delà il faut sauver l’agriculture française. L’agriculture française, la filière agroalimentraire sont un atout formidable. D’ici 2050, on aura à nourrir 10 milliards d’humains. Il y a quelques grandes puissances agricoles, dont la France. Longtemps, nous avons été la deuxième. Il faut absolument que l’on reste présent dans ce secteur et que l’on permette à nos exploitants agricoles de se développer.

Pourquoi les agriculteurs souffrent ? D’abord, là aussi, par excès de normes. C’est le président de la FNSEA qui m’a donné ce mot d’ordre : aucune norme française qui en rajoute par rapport aux normes européennes... Notamment dans le domaine agroenvironnemental. Simplifier, alléger.

Deuxième point : le problème des coûts de production et du prix au consommateur. Entre les deux, on sait ce qui se passe, la grande distribution sert le kiki des producteurs.

Il faut aussi aider les entreprises agricoles à se moderniser. Vous dites que vous êtes les fonctionnaires de l’Europe... Moi, quand je visite une exploitation agricole, je vois des entrepreneurs innovants et modernes. Un jour, j’étais monté dans un tracteur et j’avais l’impression d’être dans un cockpit d’airbus.

Vous me parlez des circuits courts. Évidemment qu’il faut les développer. Dans les cantines, à Bordeaux, on a l’essentiel de nos approvisionnements qui sont des produits de proximité. Il faut développer toutes les formes de circuits courts, c’est évident. Mais est-ce que ça va représenter 100 % des débouchés de l’agriculture française ? Non, il ne faut pas se raconter d’histoires. Il faut aussi que l’agriculture soit forte à l’exportation, sur les marchés mondiaux. Il faut que l’agriculture joue sur les deux tableaux. »

Alain Juppé a également reconnu que la LGV Poitiers-Limoges était une infrastructure plus que jamais nécessaire avec la constitution de la grande région. « Il vous faut un TGV, indéniablement ! » Il en a profité pour dénoncer l’attitude des Verts, qui sont « contre les autoroutes, contre les trains, il ne faut plus bouger, il faut rester chez soi, tranquille, et comme ça on sauvera la planète. Il faut combattre l’idée qui est en train de se répandre que ces grands investissements d’infrastructures ne sont plus utiles et ne sont plus à notre portée. Nous avons besoin de continuer à développer de grandes infrastructures de transports. »

S. M.


Alain Juppé ne comprend pas le vote Front national de certains agriculteurs

Répondant à la question d’une agricultrice, Alain Juppé a fait un commentaire « plus politique », comme il l’a lui-même indiqué : « Pourquoi les agriculteurs, qui depuis 50 ans ont beaucoup reçu de la communauté européenne, sont-ils tentés de voter pour un parti qui veut faire voler l’Europe en éclat ? On me dit que le vote Front national monte dans les milieux ruraux. On l’explique par la souffrance, le sentiment d’impuissance, le sentiment d’abandon. Que tout ceci conduit à voter pour des gens qui n’ont jamais fait l’expérience du pouvoir. Mais il faut voir ce qu’ils proposent ces gens-là. Ils proposent de casser l’Europe. Pas de sortir de l’euro, mais de sortir de l’Europe ! Alors il faudrait réfléchir un petit peu pour ne pas se laisser aller à des votes protestataires. »

Annonces légales

Deposer une annonce légale

Déposez une annonce légale dans le journal Union & Territoires


Consultez les annonces légales

Éditions papier

Voir l'édition papier Consultez les archives de L'Union Agricole

Se connecter

Abonnement

Abonnez-vous

Et accédez dès à présent à nos services exclusifs

Je m'abonne au journal l'Union Agricole

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Déjà abonné

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Météo du Limousin

La météo Limoges Bellac Rochechouart Brive-La-Gaillarde Tulle Ussel Égletons Uzerche Guéret La Souterraine Bourganeuf Chambon-Sur-Voueize La Courtine
beau temps

14°

Limoges

Cotations

Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

s.50 : 4,60 €/kg

s.49 : €/kg

Ovins

Agneaux de boucherie
Prix moyen pondéré des agneaux

s.50 : 6,49 €/kg Augmentation

s.49 : 6.47 €/kg

Cotations complètes
- Service abonnés -