Visite préfectorale à Royères au Gaec Brégaint junior

Visite préfectorale à Royères au Gaec Brégaint junior

Publié le 23/09/2016

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La FDSEA et les JA ont invité le préfet, Raphaël Le Méhauté, à se rendre sur une exploitation agricole. La visite a eu lieu lundi en fin de matinée. Emmanuel Rabaud et Jérôme Gourcerol avaient préparé un panel de revendications pour qu’elles soient transmises à Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, ou à Ségolène Royal, ministre de l’Environnement. Mais d’autres sujets étaient de son ressort et de ses services comme sur les problèmes des dégâts de la faune sauvage sur les cultures ou les animaux. Dominique et Philippe Brégaint, deux des quatre associés du Gaec Brégaint junior à Royères, ont fait visiter leur exploitation à Raphaël Le Méhauté, accompagné de deux responsables de la Direction départementale des territoires et d’une stagiaire de l’ENA.

Après avoir accueilli le préfet, Emmanuel Rabaud, le président de la FDSEA, a souligné son interrogation quant au devenir de notre modèle de production familiale dans une Europe qui se veut ultralibérale et compétitive même dans l’industrie agroalimentaire et sans tenir compte de la répartition équitable des marges. 

Les producteurs ne peuvent plus être la seule variable d’ajustement du niveau de prix. La vision actuelle de l’Europe est celle des pays du Nord et ne correspond pas à sa vision de l’agriculture régionale. Il a aussi évoqué la communication négative sur le métier d’agriculteur et il a regretté l’absence de réaction des responsables politiques après la diffusion de reportages à charge sur des chaînes publiques. Pour lui, face à ces émissions, il y a clairement un manque de courage politique pour condamner ce type de reportages. 

D’autre part, Emmanuel Rabaud a déclaré qu’il souhaitait mettre en œuvre des moyens utiles aux agriculteurs dans ce contexte de crise avec le concours des organisations agricoles départementales. Mais il reconnaît que les coopératives et les autres organisations à elles seules n’ont pas la puissance financière suffisante pour mettre en place des mesures permettant de surmonter les difficultés actuelles.

La preuve par les chiffres

Dominique et Philippe Brégaint ont présenté leur exploitation, notamment l’impact du prix du lait sur l’exploitation. Sur l’année 2014, le prix moyen a été de 380  les 1 000 litres, de 300  en 2016 et l’estimation pour 2016 est de 280 . Cette évolution de prix va induire une perte d’environ 66 500  avec les mêmes charges. 

Les taurillons sont réglés actuellement 3,65  alors qu’en année normale ils sont autour de 4 , soit une différence de prix de vente de plus de 150  par taurillon. Sur ce point, Régis Desbordes a souligné qu’en réalité les cours actuels sont autour de 3,50  ; si le Gaec est réglé 3,65 ,c’est leur coopérative qui ajoute au travers d’une caisse de péréquation 15 ctes d’euro au kg ; la différence est en réalité sur ce type de taurillon de plus de 220 

Les deux associés ont aussi évalué les pertes de rendement sur les récoltes de céréales ou de maïs. Elles vont de 30 à 40 % selon les cultures. 

Le Gaec achète également chaque année environ 350 tonnes de paille qui est aujourd’hui à environ 70  la tonne. Dominique Brégaint a souligné : « Si on fait ce métier, c’est par passion, il ne faut pas le faire pour l’argent. C’est ce que j’ai dit à mes deux fils quand ils ont voulu s’installer. J’ai le sentiment aujourd’hui que l’on glisse. Avec les déficits de trésorerie que l’on a, nous avons fait des prêts de trésorerie mais ce n’est qu’un pansement, il faut faire le dos rond. On serre, on serre mais voilà, jusqu’où pourra-t-on serrer ? » Emmanuel Rabaud est intervenu pour préciser que la sortie de crise ne pourra se faire que lorsque les exploitations redeviendront rentables. Pour cela, il faut une Pac qui équilibre, mais il faut aussi des prix pour un redressement durable. 

La crise de l’élevage

Jean-Marie Delage avait en charge la présentation du dossier sur l’élevage. Il a mis surtout en avant le discours « anti-viande » délétère très mal perçu par les éleveurs de la région qui font une production exemplaire à partir de l’herbe. Mais la baisse de 3,5 % de la consommation de viande sur la moitié de 2016 pèse fortement sur le marché. Les difficultés en production laitière et le plan de réduction de production qui démarre risquent de mettre plus de vaches laitières sur le marché de la viande et cela va encombrer le marché d’animaux finis qui est déjà bien fragile. Il a demandé au préfet :

  • une réaction de l’État avec l’affirmation de son positionnement vis-à-vis du discours « anti-viande » ;
  • la mise en œuvre de moyens nécessaires à la dynamisation de l’export pour désencombrer le marché européen ;
  • la reconnaissance d’IGP pour la production bovine du limousin.

La sécheresse

Le dossier sécheresse a été porté par Jean-Jacques Lamant. Il a souligné que l’affouragement estival inhabituel et précoce va impacter fortement les stocks de fourrages grossiers disponibles pour l’hiver. Selon une première estimation, il indique que 2 000 exploitations devront en moyenne dépenser 10 000  pour faire face au manque de fourrage, soit 20 millions d’euros. Il a également évoqué les difficultés rencontrées par les vergers non irrigués qui accusent parfois des baisses de rendement de 50 %. Il a demandé au préfet :

  • que l’État engage la procédure de reconnaissance des calamités agricoles et qu’un nouveau mode de calcul des pertes basé sur des critères mesurables et non statistiques soit testé au niveau départemental ;
  • la mise en place d’un dispositif pour aider à l’achat de concentrés de substitution au maïs et aux céréales pour les exploitations qui sont réellement dépendantes de ces deux productions ;
  • la mise en place d’exonérations fiscales et sociales ;
  • la mise en place de dérogations par rapport à certains engagements de la Pac ou de certaines MAEC compte tenu de la sécheresse.

La chasse

Sur ce dossier d’actualité, Pascal Germond (ci-dessus), secrétaire général adjoint de la FDSEA, a fait une intervention énergique pas toujours du goût de la directrice adjointe de la DDT. En effet, il a demandé au préfet de soutenir les agriculteurs dans les démarches qu’ils conduisent actuellement. Pour Pascal Germond, les plans de chasse du sanglier et du cerf sont bien écrits et ils devraient permettre de réguler ces animaux. Hélas ! il constate qu’ils sont appliqués selon le bon vouloir des responsables de la Fédération départementale de la chasse et cela avec la complaisance de l’Administration. Il souligne que toutes les demandes de la Fédération de la chasse sont validées alors que les demandes de la profession agricole ne sont même pas examinées et donc pas présentées à la commission départementale où sont invités les représentants des agriculteurs. 

Il a donné en exemple celui de la demande commune de la Chambre d’agriculture, de la FDSEA et des JA sur le tir libre sur les jeunes sangliers de l’année. En effet, pour la FDSEA, il faut absolument réguler les populations de sangliers et de cerfs. Aujourd’hui, la gestion telle qu’elle est conduite s’apparente plus à un développement des effectifs qu’à une régulation. En élevage bovin ou ovin, quand on garde toutes les jeunes femelles et que l’on préserve les adultes, c’est pour augmenter son troupeau...

Il a donc demandé au préfet de prendre un arrêté comme cela se fait dans beaucoup de départements, pour autoriser le tir libre pour les animaux de moins d’un an.

T. G.

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