Tensions à la Région sur la gestion de l’eau

Tensions à la Région sur la gestion de l’eau

Publié le 11/01/2019

Agriculture >

Environnement. Un projet de la région niortaise touchant à la politique de l’eau a été l’occasion d’une passe-d’armes en décembre au Conseil régional entre les élus écologistes et leurs amis de la majorité.

Sur le sujet de la gestion de l’eau, les élus écologistes du Conseil régional sont restés intransigeants et ont fermement combattu un protocole d’accord soumis à approbation lors de la plénière du 18 décembre dernier. Si le « Protocole d’accord pour une agriculture durable dans le territoire du bassin Sèvre niortaise – Mignon » a été finalement adopté, Nicolas Thierry (EELV, Gironde) renonce à sa délégation à la qualité de l’eau. Nicolas Gamache (EELV, Deux-Sèvres) a démissionné du bureau du Parc naturel régional du Marais poitevin. Et Léonore Moncond’Huy (EELV, Vienne) a étonné Alain Rousset par l’impétuosité de son intervention : « Bien sûr, nous avons besoin d’eau pour nous nourrir, et répondre aux besoins de l’agriculture, mais pour quelle agriculture ? Celle qui fait vraiment vivre les territoires, celle qui alimente les circuits courts dont nous avons tant besoin pour nos lycées, celle qui emploie ? Ou celle majoritairement dédiée à l’export et intrinsèquement adossée à l’usage des pesticides ? »

Plus d’une centaine d’anti-Bassines ont manifesté devant la préfecture lors de la signature de l’accord le 18 décembre 2018. (Ph. Anne Frintz / Agri 79)

Origine du projet

Henri Sabarot (PS, Gironde) a rappelé au sujet de ce projet de bassines (grand bassin artificiel dans lequel serait stocké de l’eau notamment pompée en hiver) que la géologie du territoire concerné ne permet pas l’aménagement de retenues collinaires. Il a également réfuté l’idée que ces bassines serviraient à irriguer des champs produisant massivement du maïs envoyé à l’export. « La destination de ce maïs grain, à 85 %, c’est pour le consommer sur place dans un rayon de moins de 150 km, 12 % dans des pays de l’Europe et 3 % dans des pays tiers. »

Pour lui, le clivage ne s’est pas fait entre les partisans de l’irrigation ou non, les gros exploitants et les petits, mais « entre ceux qui voudraient changer de modèle agricole par un claquement des doigts et ceux qui voudraient rester sur les mêmes postures. » Il estime que les nombreuses réunions conduites depuis la première version du projet, celle de 2017, ont permis d’avancer et de proposer « un protocole gagnant-gagnant plutôt qu’un protocole qui ne changerait rien et qui ne ferait que des perdants. »

La députée écologiste des Deux-Sèvres, Delphine Batho, opposée au projet initial, le juge finalement acceptable : « Ce protocole constitue un tournant positif pour l’agriculture Deux-Sévrienne, dont l’avenir est clairement positionné vers le développement de l’agriculture biologique, le maintien de l’élevage, les pratiques agronomiques bonnes pour la biodiversité et bonnes pour l’amélioration du revenu agricole. »

Des engagements

La construction d’une bassine sera conditionnée à des engagements individuels de l’exploitant et de la profession agricole. La baisse des prélèvements par rapport à la situation actuelle est également actée. Mais pour les Verts, les soixante-six pages du protocole ne garantissent pas suffisamment la fin de certaines pratiques agricoles comme l’usage des pesticides.

Pour Benoît Biteau (Radicaux de gauche, Charente-Maritime) le protocole concentre trop d’aides sur une minorité d’agriculteurs. Il a également regretté que ce type de projet ne repose pas sur un financement 100 % public et que ne soit pas assurée « la gestion publique de ces équipements qui stockent l’eau ». À titre personnel, il n’a pas voté pour le protocole.

Guy Moreau (PS, Deux-Sèvres) a regretté l’attitude de certaines associations environnementales et remercié celles qui ont participé jusqu’à la fin aux discussions. « Sous la houlette de madame le préfet, de la DDT des Deux-Sèvres, des élus territoriaux, après les réserves émises sur le premier projet, tout le monde s’est mis autour d’une table. La concertation a bien eu lieu. »

Pour Alain Rousset, les garanties proposées par l’accord et notamment les contrôles qui seront effectués sur le nombre de m3 d’eau pompés sont suffisants et la Région doit soutenir ce type de démarche, « même si elle ne correspond pas à 100 % à une sortie des pesticides par exemple. Si on ne le fait pas, il n’y a pas de survie possible pour ce type d’agriculture. »

STÉPHANE MONNET

1. L’idée est lancée en 2011 par la Société coopérative anonyme de l’eau des Deux-Sèvres dite Coop de l’eau, qui regroupe 230 exploitations agricoles.

2. Treize signataires, sur les 17 attendus, ont entériné le protocole : Isabelle David, préfet des Deux-Sèvres; Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine; Gilbert Favreau, président du Conseil départemental; Marcel Moinard, maire d’Amuré; Jean-Claude Fradin, maire de Plaine-d’Argenson; Jean-Marc Renaudeau, président de la Chambre d’agriculture; Elmano Martins, président de la CLE du Sage Sèvre-Niortaise Marais Poitevin; Pierre Trouvat, président de la coopérative de l’eau; Yanik Maufras, président de Deux-Sèvres environnement; Pierre-Guy Perrier, président du parc naturel régional du Marais poitevin; François-Marie Pellerin, représentant la présidente de la coordination pour la défense du Marais poitevin; Michel Buntz, président du Curet; Pierre Lacroix, président de la Fédération départementale de la pêche. Voir le site de la préfecture 79.

 

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