CR 87 : Une AG sous le signe de la mobilisation

CR 87 : Une AG sous le signe de la mobilisation

Publié le 21/04/2019

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Syndicalisme. La Coordination rurale s’est réunie en assemblée générale le 4 avril à Pierre-Buffière. Encore sous le coup du succès de ce syndicat aux élections Chambre d’agriculture, la mobilisation a été importante. 

L’ouverture de l’assemblée générale a été faite par Émilie Pons, installée depuis 2014 en ovin sur la commune d’Eymoutiers, secrétaire générale de la Coordination rurale, pressentie pour devenir présidente, Bertrand Venteau ayant démissionné de cette fonction après son élection en tant que président de la Chambre d’agriculture. Ce dernier n’a cependant pas manqué d’intervenir longuement afin de remercier les électeurs de leur choix et de rappeler la mobilisation qui a été à l’origine de la victoire. 

Indemnités sécheresse : il y a trop d’exclus

L’essentiel de la réunion a concerné le dossier sécheresse. L’instruction des dossiers n’a pas permis de prendre en compte tous les agriculteurs du département, certains ne remplissant pas les critères d’éligibilité. Le montant des aides versées n’a pas atteint le montant de l’enveloppe théorique validée par le CNGRA (Comité national de gestion des risques en agriculture). Il y aurait une différence de 25 %. L’indignation de la salle à ce propos était palpable. « Pourquoi autant d’argent est reparti ? Qu’est-ce qui rend inéligible autant de gens ? Si c’est le chiffre d’affaires, quand on vend des vaches parce qu’on n’a pas de quoi les nourrir, c’est une aberration ! », pouvait-on entendre. 

L’assemblée générale de la CR a mobilisé autour de 200 personnes. Les débats ont été animés par Émilie Pons et Bertrand Venteau. (Ph. N. P.)

Devant ces remarques un tant soi peu virulentes, Michaël Chariot, chef du service Économie agricole à la DDT, a rappelé quelques points essentiels. Dans l’instruction de ce type de dossier, « les critères d’éligibilité relèvent du Code rural », annonce-t-il. Ensuite, il rappelle la procédure : enquêtes sur le terrain, définition des chiffres théoriques de perte – qui se basent sur un manque de 32 % sur prairies et de 30 % sur maïs fourrage –, auxquels se greffe le chiffre d’affaires théorique (qui ne tient pas compte des ventes de l’année de la sécheresse) validé en Comité départemental d’expertise par l’ensemble des syndicats présents, dont la Coordination rurale qui comptait deux représentants. « C’est une approche purement théorique. La difficulté cette année a été le seuil de perte de chiffre d’affaires de 13 %. Vous avez ensuite télédéclaré vos données personnelles dans un outil qui mouline tout seul et le couperet est tombé », indique-t-il. Il ajoute que, à la date de l’assemblée générale, les personnes qui ne bénéficiaient pas de ce dispositif n’avaient pas reçu de courrier, la DDT privilégiant la mise en paiement de ceux identifiés comme éligibles. Il tient à préciser également que l’argent n’est pas reparti : en effet, les calculs réalisés avec l’ensemble des partenaires ont permis d’estimer un besoin d’argent suffisant pour couvrir largement les besoins. La somme estimée a été validée par le CNGRA. Les paiements suivent après l’instruction des dossiers. Rien n’est donc reparti, insiste-t-il. 

Bertrand Venteau n’a pas pu s’empêcher de souligner qu’en Creuse, sur les 11,5 millions d’euros annoncés, 90 % ont été consommés, alors qu’en Haute-Vienne sur les 8,6 millions, seulement 75 % ont été affectés aux agriculteurs. Il a salué de fait le bon travail fait par le syndicalisme creusois, même s‘il est FDSEA… Pour lui, « la DDT doit être un facilitateur, ce qui n’est pas le cas ». Il estime que « le travail a été mal fait » en Haute-Vienne. « Ça a merdé grave (…). Ceux qui en paient les pots cassés aujourd’hui, c’est nous », ajoute-t-il à l’attention de l’assistance. 

Des défis à relever 

Après avoir rappelé l’importance d’être aux côtés des agriculteurs confrontés à de réelles difficultés, après avoir largement critiqué le journal Union et Territoires, qu’il avait déjà dans un passé plus ou moins récent qualifié de « torche-cul » alors que le journal lui avait ouvert ses colonnes comme aux autres syndicats agricoles, il en est arrivé à la question de la Chambre d’agriculture. Conscient des défis que lui et son équipe vont avoir à relever, il a souligné : « Pour le conseil technique, on fera ce qu’on peut. Mais j’ai bien peur qu’on ait une masse salariale à la Chambre d’agriculture dont on n’a plus les moyens. (…) C’est compliqué », note-t-il. « On va faire le boulot. On verra dans six ans. Tout ce qu’on aura pu sauver ou aider, ce sera pris », dit-il. Quoi qu’il en soit, si le ton de la soirée était alarmant et pointait une situation extrêmement précaire dans les campagnes, ce jeudi soir, la salle des fêtes de Pierre-Buffière était comble : « Ici, il y a du monde. C’est une belle histoire humaine qui nous a réunis. J’espère qu’elle va continuer. » Bertrand Venteau invite alors ses camarades de lutte à poursuivre leur action sur le terrain pour épauler celle qu‘il compte mener grâce à la Chambre d‘agriculture.

Nathalie Péneloux

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