Fortes chaleurs attendues

Fortes chaleurs attendues

Publié le 19/07/2019

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Les fortes chaleurs nuisent au confort des animaux d’élevage notamment quand ils sont en bâtiment. Des mesures peuvent être mises en place pour les aider à supporter ces conditions difficiles.

«Les ruminants quels qu’ils soient luttent contre la chaleur dès 20 °C », indique le docteur Christian Dauphin, vétérinaire à Bellac. Quand les températures sont supérieures, ils sortent très vite de leur zone de confort ce qui peut entraîner des problèmes plus ou moins graves, même si les pathologies sont difficiles à identifier. « Quand ils sont à l’extérieur, ils vont trouver de l’ombre ; s’ils sont à l’intérieur, ils faut essayer de ventiler en créant des courants d’air en ouvrant les portes ou bien en installant des ventilateurs. L’emploi de brumisateurs permet aussi de faire baisser la température », indique-t-il. Installer des thermomètres dans les bâtiments permet d‘anticiper les gros coups de chaleur, la « zone rouge » correspondant à des températures de 30 °C. 

En élevage ovin, la problématique se pose surtout pour les agneaux finis en bergerie. « La tonte améliore considérablement le confort de l’animal », souligne le docteur Dauphin. Pour les bovins mis à l’engraissement, il conseille de mettre moins d’animaux par box quand cela est possible et surtout d’assurer un abreuvement suffisant et de qualité (eau propre). Dans tous les cas, l’utilisation d’un ventilateur et/ou d’un brumisateur rend les conditions encore plus favorables. 

Des éleveurs soucieux du confort de leurs animaux

Les problèmes sanitaires constatés suite à des épisodes de fortes chaleurs ne sont pas trop fréquents. « Une hyperthermie (température de l’animal supérieure à 40 °C) peut s’observer sur de jeunes veaux (notamment en veaux de lait). Sur les gros bovins, on est sur des problèmes de confort, qui se traduisent ensuite par une baisse de croissance car les animaux mangent moins », remarque le docteur Dauphin. Sur la région de Bellac où il exerce, « nous n’avons pas eu de gros cas car les périodes de canicule restent réduites à 3 ou 4 jours. Par contre, si on dépasse les dix jours, la situation risque d’être compliquée. Mais les éleveurs sont déjà extrêmement sensibles à ce sujet », conclut-t-il.

NB : En Espagne, où il fait chaud l’été, les bâtiments d’engraissement sont des bâtiments standards ouverts, bien ventilés et paillés.

Michel Senon à Rancon : Une pailleuse transformée en brumisateur

« Quand on voit ses animaux mis à l’engraissement qui tirent la langue, il faut faire quelque chose », indique Michel Senon, éleveur en système naisseur-engraisseur à Rancon. « J’ai trouvé une solution. J’utilise ma pailleuse que je mets en bout de bâtiment, la goulotte orientée vers l’intérieur. Je fais tourner la turbine à grande vitesse. J’installe un jet d’eau à l’entrée de la turbine, l’eau est aspirée comme de l’air et rejetée par la goulotte dans le bâtiment sous forme de bruine très fine. Ce principe génère un courant d’air rafraîchissant que les animaux apprécient beaucoup. Les parois du bâtiment sont humidifiées légèrement, le tout fait baisser la température. On renouvelle l’opération deux fois par jour, à 16 h puis à 18 h. On a observé une baisse de la température de 4 à 5 °C dans le bâtiment qui fait 80 m de long sur 10 m de large et qui a un côté plein puisqu’il est adossé à la stabulation », explique l’éleveur. 

Michel Senon respecte aussi les fondamentaux comme ils les appelle : « On passe de 8 animaux par case à 5, on essaie de revoir la ration en diminuant la quantité de céréales (énergie), on assure un abreuvement suffisant avec de l’eau claire. » Enfin, « si un animal a vraiment trop chaud, s’il est essoufflé, on l’arrose avec un jet d’eau le temps qu’il se réhydrate », ajoute-t-il. 

Michel Senon a mis en place ce dispositif en 2003, pendant l’épisode de canicule. Depuis, il reproduit le même scénario dès que la chaleur devient trop importante. C’est un système D. « Dans le commerce, il existe des brumisateurs. Mais déjà avec ce qu’on a chez soi, on peut faire quelque chose », conclut-il.

La pailleuse est installée devant le bâtiment.

L’eau arrive juste devant la turbine (tuyau) qui tourne à fond. La brume sort par la goulotte et elle est envoyée dans le bâtiment.

La brume s’échappe de la goulotte.

Gaec de la Chevêche à Azat-le-Ris : Un brumisateur fixe 

Paul et Marc Massart sont associés au sein du Gaec de la Chevêche, aux Fraux, à Azat-le-Ris. Ils conduisent un troupeau de bovins allaitants en système naisseur-engraisseur.

« Après la période de fortes chaleurs de 2003, puis celles qui ont suivies, nous avons décidé d’améliorer le confort du bâtiment où sont installés les jeunes bovins mis à l’engraissement. On a opté pour un brumisateur fixe et un ventilateur », indique Paul Massart. « Cette installation nous a coûté entre 7 000 et 10 000 euros. Une rampe munie de gicleurs est installée au-dessus de la mangeoire. L’objectif est d’optimiser le bien-être des animaux à cet endroit pour limiter la baisse de consommation et donc la baisse de croissance. Ce choix permet également de maintenir une température plus basse au niveau de la ration, ce qui évite son échauffement notamment quand elle est à base d’ensilage », ajoute-t-il. 

« Un programmateur permet de régler le déclenchement de l’installation en fonction de la température et de l’hygrométrie. Nous l’avons paramétré pour que la brumisation se mette en route à partir de 20 °C avec une hygrométrie inférieure à 80 %. Quand le temps est orageux, la forte hygrométrie bloque le dispositif. Seul le ventilateur continue de fonctionner. On peut également choisir la fréquence de la brumisation ; plus les jours sont chauds, plus la fréquence va être augmentée (on peut passer de 1 minute à 30 secondes). C’est la même chose avec la durée de brumisation qui va de être de 2 secondes pour des températures moyennes et de 4 secondes quand elles sont plus élevées. Globalement, avec ce système, on abaisse la température de 5 à 6 °C », poursuit-il. 

Cette installation, qui fonctionne aussi la nuit, est mise en service dès que les températures commencent à augmenter. Même si ce système nécessite un peu d’entretien (les gicleurs doivent être débouchés de temps en temps) et si le bâtiment ne lui permet pas de présenter une efficacité optimale (il n’a pas un gros volume d’air et ne peut pas être fermé), « on ne saurait pas revenir en arrière », conclut Paul Massart. 

Une rampe équipée de gicleurs éjecte de la brume au-dessus de la mangeoire pour un meilleur confort. Ce dispositif ne génère pas d’humidité dans le bâtiment.

Nathalie Péneloux

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Cotations

Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

s.50 : 4,60 €/kg

s.49 : €/kg

Ovins

Agneaux de boucherie
Prix moyen pondéré des agneaux

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s.49 : 6.47 €/kg

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