Vers une sortie totale des pesticides

Vers une sortie totale des pesticides

Publié le 06/08/2019

Agriculture >

Agriculture. Lors de la deuxième table ronde de la plénière consacrée aux questions environnementales, Jean-Pierre Raynaud a exposé les ambitions portées par la Région en matière agricole, dont la sortie totale des pesticides.

L’ambition n°2 de la feuille de route Neo Terra adoptée par le Conseil régional le 9 juillet (voir p. 12) s’intitule : « Accélérer et accompagner  la transition agroécologique. » Jean-Pierre Raynaud (PS, Dordogne), vice-président de la Région en charge des questions agricoles, en a présenté longuement les grandes lignes : « Néo Terra et l’agriculture, ça  pourrait se traduire par un contrat de confiance entre les agriculteurs et la société. Notre agriculture façonne nos paysages et contribue au dynamisme de notre région dont elle est la première économie. Les modèles agricoles qui ont fonctionné jusqu’ici et ont permis de répondre aux attentes d’une société qui avait besoin de plus de production, doivent évoluer. »
D’après l’élu, quatre défis majeurs attendent les agriculteurs, le premier étant de réussir l’adaptation au changement climatique qui s’accompagne d’une augmentation des températures, une raréfaction de l’eau et une modification des cycles végétatifs.

Sortie totale des pesticides
Le deuxième est de mettre fin avant 2030 à la « dépendance aux produits chimiques, pour des raisons évidentes de protection de l’environnement et de santé, en premier lieu celle des agriculteurs. Nous devons sortir dans un avenir le plus proche possible des pesticides de synthèse ».
Jean-Pierre Raynaud a encore évoqué le défi posé par le renouvellement des générations, « nous comptons actuellement 3 500 départs à la retraite par an pour 2 000 installations » et la nécessité de répondre « aux attentes sociétales, notamment en terme de bien-être animal et de  consommation de proximité ».
  Si les moyens ne sont pas encore connus, la méthode est définie  : « Nous allons contractualiser avec l’ensemble des filières et des principaux opérateurs économiques sur des objectifs précis, des obligations de moyens mais aussi un engagement de résultats. À ce jour, nous avons reçu une quinzaine de plans de filière :  l’AOC Pomme du Limousin, la filière caprine, la filière noisette... C’est au travers de ces plans de filière que nous pourrons convaincre l’ensemble des agriculteurs que des solutions existent. »
Pour Léonore Moncond’huy (Europe Écologie Les Verts, Vienne) le moment est historique : « Nous engageons aujourd’hui notre région dans une trajectoire de sortie totale des pesticides. C’était un signal fort attendu par nos concitoyens, c’est une vraie source d’espoir, et c’est vraiment un très grand pas que nous faisons ensemble aujourd’hui. »
Si le document parle de « sortir des pesticides de synthèse » à l’horizon 2030, Jean-Pierre Raynaud n’a pas caché qu’il existait encore de nombreuses impasses techniques, « il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour trouver des solutions face aux impasses dans certaines filières. »
Yves d’Amécourt (LR, Gironde), absent, avait confié le texte de son intervention à son collègue Pierre Durand (LR, Gironde). Viticulteur, Yves d’Amécourt estime que la sortie des pesticides n’est pas possible : « Non, nous ne sortirons pas des pesticides, c’est un leurre, une utopie, un rêve, pas plus que l’on soignera sans pharmacie et sans médicaments. Utilisés avec précision, biologiques pour les uns ou chimiques pour les autres, les pesticides sont respectueux de l’environnement. »

Profondes transformations
Une position qu’il est le seul à avoir défendue. Son collègue Daniel Sauvaitre (LR, Charente) était beaucoup plus mesuré dans son approche  : « L’équation agronomique à résoudre est nécessairement complexe. Il faut que la ferme, à la fin, assure aussi un compte de résultats positif, pour pérenniser son activité. »
Rappelant que les agriculteurs se sont toujours adaptés aux changements, qu’au début des années 70, l’agroécologie s’appelait la production intégrée mais poursuivait le même but (maîtriser toutes les interactions naturelles, en associant le concours des prédateurs et des auxiliaires pour avoir un sol vivant, et contrôler autant que possible les maladies et les ravageurs), il a estimé que la feuille de route proposée était une « vraie rupture », impliquait « de profondes transformations » et qu’il ne s’agissait plus de s’acommoder d’une « amélioration lente et continue » de l’agriculture. « Je pense que certains objectifs de rupture, a-t-il précisé, sont accessibles à l’horizon 2030 : comme avoir 80 % des exploitations certifiées en Bio ou HVE (Haute valeur environnementale). Avoir 30 % des exploitations en circuit court, cela me paraît plus difficile. Quant à la diminution de 80 % de l’utilisation des produits de synthèse en 2030, en attente d’un abandon intégral de ses substances le plus rapidement possible, c’est un objectif forcément plus difficile. »
Il a conclu son intervention en remarquant malicieusement que « paradoxalement plus on vante le local, les circuits courts et le bio, plus la part de la nourriture importée augmente dans nos assiettes. »
Pascale Requenna (Modem, Landes) s’est interrogée sur la définition même de pesticide de synthèse : « Il nous faudrait une définition nette et arrêtée d’un produit de synthèse. Les molécules issues de la chimie verte et assemblées en usine sont-elles incluses dans ses produits de synthèse ? » tandis que Nicolas Thierry (Europe Écologie Les Verts, Gironde) réaffirmait sa conviction que « le changement du modèle agricole est au cœur du sujet, au cœur des solutions. Il faut être très clair là-dessus, sans un changement profond des pratiques agricoles on ne franchira pas l’obstacle ».
Sans entrer dans le débat de la sortie totale ou non des pesticides et à quelle date, Stéphane Delpeyrat-Vincent (pour une Écologie Populaire et Sociale, Landes) a défendu la position selon laquelle la situation actuelle des agriculteurs et les difficultés économiques que certains pouvaient rencontrer n’étaient pas une conséquence des demandes environnementales, mais « liées à l’organisation de la grande distribution, du marché. Les marges des agriculteurs, malheureusement, sont trop souvent captées par d’autres structures qu’eux-même et ils ont tout à gagner à revenir à des circuits plus courts et plus rémunérateurs. »
Alain Rousset, président du Conseil régional, a conclu les échanges en réaffirmant sa confiance à l’égard du monde agricole. « On n’avance pas sans la confiance et avec le monde agricole, il faudra qu’on travaille pour accompagner cette transition. Et arrêtons de considérer qu’il n’y a pas un problème avec les pesticides. J’ai entendu certains discours... Il y aura peut-être des impasses, ces impasses il faudra qu’on les solutionne. C’est le travail des scientifiques. »
Stéphane Monnet

Hors-Série

Hors-serie

Je commande le hors-série spécial championnat de tonte de moutons

Annonces légales

Deposer une annonce légale

Déposez une annonce légale dans le journal L'Union Agricole

Éditions papier

Voir l'édition papier Consultez les archives de L'Union Agricole

Se connecter

Abonnement

Abonnez-vous

Et accédez dès à présent à nos services exclusifs

Je m'abonne au journal l'Union Agricole

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Déjà abonné

Déjà abonné au journal l'Union Agricole

Saisissez votre numéro d'abonné ci-dessous

Météo du Limousin

La météo Limoges Bellac Rochechouart Brive-La-Gaillarde Tulle Ussel Égletons Uzerche Guéret La Souterraine Bourganeuf Chambon-Sur-Voueize La Courtine
en partie ensoleillé

18°

Limoges

Cotations

Jeunes bovins

Carcasses de veaux de boucherie
Elevé au pis rosé clair u

s.50 : 6,53 €/kg Augmentation

s.49 : 6,42 €/kg

Jeunes bovins

Bovins limousins à engraisser
Mâle u 300kg

s.50 : 2,65 €/kg Identique

s.49 : 2,65 €/kg

Jeunes bovins

Cotations gros bovins entrée abattoir
Vaches

s.50 : 4,60 €/kg

s.49 : €/kg

Ovins

Agneaux de boucherie
Prix moyen pondéré des agneaux

s.50 : 6,49 €/kg Augmentation

s.49 : 6.47 €/kg

Cotations complètes
- Service abonnés -