Ça sent le brûlé

Lionel Robin

C'est une drôle d'impression, comme un sentiment de fin du monde. Vous vous baladez sur les bords de la Loire, le vent se lève et, tout à coup, ça vous picote le nez, la gorge gratte... Puis il n'y a pas de doute : ça sent le brûlé. Des cendres éparses, déposées çà et là sur le bord du chemin confirment vos doutes. Un incendie, quelque part. On tourne la tête, à droite, à gauche, pour voir d'où ça vient, s'inquiéter de l'imminence du danger. Enfin, c'est une évidence : le feu n'est pas là. Non, ce qu'on sent, ce qu'on voit, ce sont les réminiscences des gigantesques incendies qui dévastent la Gironde, à plus de 300 km de là. Heureusement, la Loire rassure... Enfin, non, le plus long fleuve de France charrie de tristes eaux, faméliques en regard de la largeur de son lit d'où émergent surtout les bancs de sable. La France vient de vivre sa troisième vague de canicule en trois mois, 93 départements métropolitains sont classés en sécheresse, le mois de juillet a vu tomber moins de 10 millimètres de pluie, ce qui en fait l'un des mois les plus historiquement secs. Alors que le mois d'août vient à peine de commencer, plus de 46 000 hectares de forêt ont déjà brûlé. Le constat est terrible : nous plongeons bel et bien dans le réchauffement climatique avec les conséquences qu'avaient prédites les scientifiques il y a déjà plusieurs décennies. Heureusement, nos politiques veillent au grain : dans le cadre de la loi d'urgence pour le pouvoir d'achat, on va pouvoir rallumer nos centrales à charbon. Et construire un méthanier et, surtout, ne pas taxer les profits des grands groupes pétroliers ! Heu... Pardon, quoi ? Ah oui, il n'y a aucune inquiétude à avoir quant au réchauffement climatique : on va continuer encore et toujours à privilégier le court terme au détriment de l'avenir et la Terre va continuer, violemment, de s'échauffer.

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