Un engagement à mesurer

Trombinoscope. Jean-François Dubaud
La FDO 87 travaille sur une charte permettant d'encadrer les futurs parcs solaires sur les exploitations. Si certains y voient un réel levier, d'autres ont quelques réserves.

« On n'est pas pour, on n'est pas contre, il faut faire les choses dans la bonne intelligence agricole », déclare Jean François Dubaud, président de la Fédération départementale ovine de la Haute-Vienne au sujet du photovoltaïque au sol. Les éleveurs ovins sont de plus en plus sollicités pour faire pâturer et entretenir des parcs photovoltaïques au sol, voire pour en implanter sur leur exploitation. Et pour cause, la filière y voit une opportunité « de stopper l'hémorragie, de maintenir les exploitations, de trouver des jeunes, énumère Jean-François Dubaud. C'est une possibilité parmi d'autres qu'on ne peut pas écarter ». Toutefois, il faut trouver « des limites au développement » car les craintes de la part des éleveurs sont encore fortes : le prix du foncier qui risque d'augmenter, l'intérêt pour l'élevage qui n'est pas garanti, le délaissement de l'exploitation au profit des panneaux... et elles sont légitimes.

Un cadre réfléchi

La FDO 87 travaille ainsi sur une charte départementale qui permettra « de ne pas faire n'importe quoi et de ne pas perdre l'intérêt agricole », explique le président. Cette charte mentionne, entre autres, que la surface couverte par les panneaux doit être plafonnée à 30 % maximum de la surface d'une même exploitation, ou ne pas représenter plus de 30 ha sur une même exploitation ; les panneaux ne pourront être implantés que sur des terrains déjà pâturés ou remis en prairies, notamment des friches remises en état (aux frais de l'exploitant solaire) ; le maintien de l'activité agricole doit être soumis à vérification contraignante. Ce sont des garanties sans lesquelles « les projets auront du mal à être acceptés » par la profession, souligne Jean-François Dubaud. Les lignes directrices de la charte ont déjà été acceptées par le conseil d'administration de la FDO. « Il y a encore des clauses à ajouter que l'on devra faire valider par l'ensemble des représentants, précise l'éleveur. C'est un travail de longue haleine. » Ce document devra également être validé par les développeurs mais ils y sont manifestement favorables, ayant bien compris que sans ce cadre les projets n'aboutiront pas.

Deux projets en cours d'instruction

Pour l'instant en Haute-Vienne, aucun projet de parc photovoltaïque sur une exploitation n'a été validé. Toutefois plusieurs sont à l'étude dont deux qui sont en très bonne voie d'aboutissement, un à Saint-Hilaire-la-Treille et l'autre à Lussac-les-Églises. « Le projet du Gaec La ferme de Bord, à Saint-Hilaire-la-Treille, me paraît aller dans le bon sens. Il est réfléchi et pertinent, affirme Jean-François Dubaud. L'intérêt économique est là mais ce n'est pas la seule motivation. » Si ce premier projet voit le jour, il permettra « de constater ce qui est réaliste, ce qui doit être adapté ». Un premier exemple qui aidera peut être d'autres éleveurs hésitants à se lancer. Le photovoltaïque au sol peut indéniablement permettre de valoriser des « zones à faible production » et ainsi aider des exploitations à se développer mais « il faut d'abord regarder le projet agricole et voir comment on peut y intégrer les panneaux et pas l'inverse », conclut le président de la FDO 87.

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