Agriculture

"On a bien fait de la maintenir"

Bellac
Eleveurs et acheteurs, avec masque, lors du CGOB de Bellac, le 3 septembre.
Michel Maisonnier, président du CGOB.
Des élus en campagne...
Pas de buvette ni de repas cette année.
57e foire nationale de reproducteurs ovins de Bellac.
La 57e foire nationale des reproducteurs ovins s'est tenue le 3 septembre, toujours au parc Charles-Silvestre de Bellac, mais avec masque et gel.

Michel Maisonnier, président du Carrefour génétique ovin de Bellac, ne cachait pas sa satisfaction, jeudi 3 septembre, en voyant tant de monde sous les arbres du parc Charles-Silvestre à Bellac. "Nous sommes très contents que cette foire ait lieu, a-t-il déclaré. Je crois que nous avons eu raison, avec la municipalité de Bellac, de s'obstiner et de garder cette foire. On a bien fait de la maintenir."

Avec 850 béliers présentés, 72 exposants, 14 races et des acheteurs motivés, "la seule foire aux reproducteurs ovins qui aura lieu cette année" a tenu ses objectifs avec 60 % des animaux vendus. "Nous sommes une équipe bien soudée, s'est encore félicité Michel Maisonnier, on était motivés, il a fallu qu'on fasse un protocole sanitaire, pas de buvette, pas de repas, mais le nombre d'exposants et d'acheteurs prouve bien que cette foire était nécessaire."

Le nouveau maire de Bellac, Claude Peyronnet, qui n'avait pas prévu de faire un discours, a rappelé que "l'élevage du mouton n'est pas une activité très ancienne dans le nord du département" et, citant le préfet Louis Texier-Olivier, il a dressé un portrait de l'élevage ovin au début des années 1800, quand des troupeaux de 10 à 20 bêtes "de race médiocre" peuplaient le territoire. "Quand je suis arrivé à Bellac en 1970, il y avait 380 000 mères brebis, a-t-il ajouté, pour 38 000 habitants. Dix fois plus de moutons que d'hommes. On a dû tomber aujourd'hui à 150 000..." Il a toutefois conclu son discours en félicitant les organisateurs de la foire et en assurant que l'élevage du mouton dans le nord du département était un élément essentiel, "même si le cheptel a diminué".

Des filières d'excellence

Claude Souchaud, le président de Tech-Ovin, a également pris brièvement la parole pour affirmer que Bellac est bien "la capitale de l'élevage ovin du centre ouest et aussi de la Nouvelle-Aquitaine. On reste encore le premier département français producteur de viande ovine". Mais pour conserver cette place, il a insisté sur la nécessité de "rendre attractif le métier" et de trouver des solutions "pour pouvoir transmettre les exploitations, dans un territoire qui a des atouts. Nous avons par exemple des filières qui existent, des filières d'excellence, et qui fonctionnent".

Claude Souchaud a encore attiré l'attention des personnalités présentes sur la réforme de la Pac en cours à Bruxelles. "On parle beaucoup des énergies renouvelables, s'est-il interrogé. Même ici, la méthanisation, les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, mais je pense que nous devons faire attention, notre cœur de métier, ici, c'est l'élevage. Nous devons entendre ces gens qui veulent encore vivre de leur métier et ne sont pas d'accord pour abandonner leur vocation, celle d'être éleveur, de croire à ce qu'ils font, et de proposer des produits de qualité aux consommateurs."

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