Agriculture

La gestion des agneaux est primordiale

Haute-Vienne
AG Limovin 09-2020
Des hausses de charges rencontrées par la coopérative Limovin et des éleveurs confrontés à des difficultés techniques et de trésorerie compliquent les derniers exercices.

Au 31 décembre 2019, 432 éleveurs pour 90 127 brebis constituaient le socle de Limovin. " Les adhésions ne couvrent pas les départs et le cheptel moyen par exploitation passe de 215 à 209 brebis ", est-il indiqué. Le départ à la retraite d'éleveurs sans repreneurs pourrait être à l'origine de ce constat...

L'activité économique de toute une filière est donc en jeu. Pour faire face à la baisse des effectifs en production ovine, un rapprochement a été initié en 2018 avec les coopératives OBL (Ovins Berry Limousin en Creuse) et ABS (Agneau Berry Sologne dans l'Indre). En 2019, OBL n'a pas souhaité aller plus loin ; en revanche, un projet de fusion avec ABS est aujourd'hui en réflexion et sera bientôt présenté aux adhérents de Limovin, indique François Vannier, le président de la coopérative. Car la situation demande de se réorganiser pour "casser la spirale" des résultats d'exercice négatifs. " Des réserves ont été accumulées lors des exercices antérieurs mais là, il faut trouver des solutions ", note François Vannier. Aujourd'hui, " la marge commerciale reste insuffisante avec en plus une baisse nette de la valeur du cinquième quartier. 2020 ne s'annonce pas facile non plus ", note-t-il.

Mieux suivre les agneaux

La sortie des agneaux doit faire l'objet d'une attention particulière. Les deux derniers exercices le montrent. En 2019, des stocks d'agneaux à écouler importants se sont doublés de délais d'enlèvement longs, une sécheresse est apparue, la mouche à myiases Wohlfahrtia magnifica a continué d'impacter les troupeaux... En début d'été, ils ont été commercialisés en "agneau français" ; les volumes se sont tenus d'octobre à mi-novembre mais ils ont manqué en fin d'année et il a été difficile de servir les clients. En 2020, malgré des sorties plus étalées et une offre moins importante, une nouvelle sécheresse et des problèmes de trésorerie ont conduit certains éleveurs à commercialiser des agneaux de moins de 12 kg, ce qui "engendre des pertes financières aussi bien pour l'éleveur que pour la coopérative ", note un adhérent de Limovin. Si en 2019, François Vannier rappelait l'intérêt du désaisonnement pour servir les clients toute l'année, il insiste aujourd'hui sur l'importance d'affiner le prévisionnel de production. " On va demander à l'équipe technique de revenir dans les élevages avec le logiciel de gestion de troupeau. C'est un outil idéal pour mieux cibler les sorties ", dit-il.

Valoriser au mieux les agneaux produits en misant sur l'accompagnement technique de la coopérative est donc un enjeu fort. L'important est bien de tout mettre en œuvre pour permettre à la fois à l'outil coopératif de garder le cap et de rémunérer les éleveurs.

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