Agriculture

Quand l'ovin boite, l'éleveur paye

Haute-Vienne
Laurent Saboureau,vétérinaire Alliance pastorale
Les Rencontres du Ciirpo se sont déroulées le 24 septembre, à la ferme du Mourier, à Saint-Priest-Ligoure. Parmi les thèmes abordés : les boiteries et leurs conséquences.

Une vingtaine de personnes, des techniciens, quelques éleveurs, rassemblées dans l'espace restauration alors que d'habitude, ils sont une bonne centaine dans la salle des fêtes de Saint-Priest-Ligoure. C'est une évidence, les Rencontres du Ciirpo (Centre interrégional d'information et de recherche en production ovine) subissent de plein fouet la crise actuelle de la Covid. « Malgré la Covid, nous avons voulu conserver, en l'adaptant, cette journée destinée aux éleveurs » justifie le directeur, Denis Gauthier. En conséquence, toutes les conférences et les ateliers ont été filmés pour que les professionnels y aient accès. Une manifestation boiteuse, serait-on tenté de dire ? Non, une édition riche qui a su aborder des thèmes importants pour les éleveurs. Comme les boiteries. Ces maux de pied qui sont souvent la porte d'entrée d'autres infections ou maladies, notamment les myiases à Wohlfartia.

Au-delà des origines des boiteries, ces affectations du pied sont souvent le siège d'infections locales. « La grande majorité de ces infections ont une origine commune », souligne Laurent Saboureau, vétérinaire à l'Alliance pastorale. Il s'agit d'une bactérie d'origine fécale dont « il est difficile de se débarrasser ». En revanche, elle est peu invasive, il lui faut donc des facteurs favorisants. « Ces facteurs sont l'humidité, notamment des pâtures et des litières, la température, au-dessus de 10 °C, la saleté des onglons, en particulier tout ce qu'il y entre les deux », liste le vétérinaire. Il y ajoute les traumatismes du pied occasionnés par des cailloux ou les larves de strongyloïdes.

Du mal blanc au piétin

Quand cette bactérie d'origine fécale va infecter le pied, cela va se caractériser par le mal blanc qu'on appelle également fourchet. Il s'agit d'une inflammation de l'espace interdigité. Cette première infection peut engendrer une infection secondaire, en particulier le piétin des ovins. « Cette dernière infection est dû à une bactérie extrêmement contagieuse et très résistante dans le pied », révèle Laurent Saboureau.

Le vétérinaire le rappelle avec conviction : « une boiterie, c'est un animal qui souffre et, par voie de conséquence une moindre productivité ». Autrement dit, cette affection ne doit pas être négligée et la prévention est le meilleur moyen de s'en prémunir. Le parage est évidemment une priorité, « pour bien éliminer la corne morte et favoriser l'aération des pieds en évitant les saignements », précise Laurent Saboureau. Au sein des bâtiments, l'hygiène est indispensable et il faut veiller à conserver une litière la plus sèche possible, ce qui permet également de maintenir une température plus basse. « La chaux, sous quelle que forme que ce soit est à bannir », martèle le vétérinaire, un pH basique favorisant la prolifération des bactéries infectieuses.

Une supplémentation en zinc, la vaccination ou le passage en pédiluve sont aussi des moyens de prévention. Pour le pédiluve, Laurent Saboureau aurait tendance à privilégier le pédiluve sec pour des raisons pratiques. Dans tous les cas, une boiterie ne doit pas être prise à la légère et doit inciter l'éleveur à bien surveiller son troupeau.

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