Economie

Un protocole rigoureux

Nouvelle Aquitaine
Veaux sous la mère dans leur cage collective
La mise en place de la Filière excellence cuir en Nouvelle-Aquitaine prolonge le protocole qu'ont organisé le GDS Corrèze et les Tanneries Haas pour améliorer la qualité des peaux.

Julien Semblat entraîne ses nombreux visiteurs dans l'étable où sont élevés les veaux sous la mère et il leur explique ce qu'il fait au quotidien pour améliorer les cuirs. L'éleveur du Gaec de Germignac, à Beyssenac en Corrèze, produit de 25 à 30 veaux sous la mère par an, l'exploitation comptant 170 mères sur une SAU de 190 hectares dont une partie en verger. Julien Semblat est pleinement engagé dans le protocole d'amélioration de la qualité des cuirs mis en place par les Tanneries Haas et le GDS de Corrèze.

La directrice du GDS 19, Christelle Roy, a rapidement fait un rappel historique de cette aventure démarrée en 2017. Le constat de l'époque montrait que plus de 55 % des cuirs étaient dégradés. Une piqûre, une griffure, une cicatrice ne sont révélées qu'après le traitement de la peau en tannerie mais rendent le cuir quasi invendable, en tout cas auprès des industriels du luxe, et occasionnent beaucoup de déchets. Pour y remédier, c'est dans les bâtiments d'élevage qu'il fallait intervenir.

Le GDS 19 et les Tanneries Haas ont donc financé le protocole auprès de plus de 300 éleveurs de veaux sous la mère. Ce dernier se décline en deux volets essentiels. D'une part, la traçabilité dès avant le départ du veau de l'exploitation est très importante pour pouvoir remonter jusqu'à l'éleveur et comprendre ses pratiques. D'autre part, le déparasitage en particulier contre les poux doit limiter au maximum les piqûres. « L'idée est de traiter moins mais mieux », résume Christelle Roy. En gros, tous les veaux, les animaux contact sont traités, y compris les nouveaux entrants avec l'objectif d'éviter toute recontamination. « En ce qui concerne les piqûres, nous sommes aujourd'hui arrivés à seulement 12 % de cuirs dégradés », se réjouit Christelle Roy. Pour autant, des pistes d'amélioration existent, notamment pour les cicatrices qui restent encore trop importantes. En revanche, outre la plus-value apportée par la qualité des peaux, le protocole sanitaire a un impact bénéfique sur les performances zootechniques. Pas négligeables non plus pour l'éleveur engagé dans la démarche.

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