Agriculture

À la fois ancestrale et pleine d'avenir

Haute-Vienne
réunion châtaignes octobre 2020
Il n'y a pas eu de Tech-Châtaignes cette année mais une rencontre pour parler de cette filière qui n'en finit pas de prospérer.

Ils étaient nombreux à avoir répondu à l'invitation d'Emmanuel Rabaud, président du Syndicats des producteurs de marrons-châtaignes et petits fruits du Limousin, le lundi 26 octobre à La Barrière, sur la commune de La Roche-l'Abeille. Seymour Morsy, préfet du département, Jean-Claude Leblois, président du Département, Yves Raymondaud, vice-président du Département en charge de l'Agriculture, et bien d'autres encore à être venus découvrir, sur le terrain, au milieu d'un verger, la châtaigne et sa filière.

« La relance du verger de châtaigniers a été initiée il y a une dizaine d'années, explique Emmanuel Rabaud, avec l'objectif de le professionnaliser et de structurer la filière. » Le syndicat a été accompagné dès le départ par la Chambre d'agriculture et Limdor, la coopérative fruitière basée à Saint-Yrieix-la-Perche, qui doit son existence à la châtaigne, la pomme se développant bien après. Ensuite, une réflexion autour de l'agroforesterie en châtaigniers s'est structurée via un GIEE, un premier Tech-Châtaignes a été mis en place en 2014, aujourd'hui un autre GIEE se constitue autour de la transformation de ce produit... L'Union interprofessionnelle châtaigne Périgord-Limousin porte en outre le programme ChÂtlenge, qui veut développer la châtaigne destinée à l'industrie, comme l'explique Bertrand Guérin, le président. 

Dix ans plus tard, le travail porte donc ses fruits, si l'on peut dire. Mais attention car le châtaignier est la cible de nombreuses maladies et il souffre du changement climatique. Ainsi, « 70 % du verger limousin est en Marigoule, une variété très sensible au cynips", indique Emmanuel Rabaud. Ce ravageur étant très présent au sein du verger, une baisse de production est redoutée dans les prochaines années malgré la mise en place du Thorymus, un insecte auxiliaire censé limiter ses effets. Emmanuel Rabaud en appelle donc aux pouvoirs publics afin de conforter la recherche, aujourd'hui à la peine.

Tous sur l'eau

Le carpocapse, la tordeuse s'ajoutent à cette problématique sanitaire. Et puis viennent les sécheresses récurrentes qui, année après année, impactent les réserves en eau des sols. Afin de limiter les problèmes d'enracinement puis de croissance des arbres, l'irrigation s'impose comme la solution. Mais malheureusement elle représente un dossier bien épineux...  Qui mobilise. Ainsi, Bertrand Venteau, président de la Chambre d'agriculture, rappelle que, même si la profession s'engage sur ce dossier, « on est bloqué d'un point de vue réglementaire pour développer l'irrigation. On a beaucoup de gens qui nous tirent dans les pattes. Ce sujet est un vrai défi et il faut travailler tous ensemble ». Seymour Morsy est quant à lui clair : « Travailler sur l'eau est l'une des première choses que j'ai identifiée. Dès qu'on aura défini un plan stratégique clair, que tous les partenaires parleront d'une même voix, on portera notre projet plus haut », indique-t-il, confiant. Jean-Claude Leblois a évoqué quant à lui la signature d'une convention avec le bassin Loire-Bretagne. À suivre.

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