Agriculture

Un magasin pour recréer des liens

Haute-Vienne
Le directeur de Saveurs fermières, Ghislain Trigueros
Saveurs fermières est une boutique de producteurs sous forme coopérative qui regroupe des agriculteurs du Limousin et de Dordogne. Elle est basée en centre-ville de Limoges.

Parfois, il suffit d'une crise, plus ou moins sévère, pour amorcer une réflexion. Puis une idée en amenant une autre, on se réinvente. Saveurs fermières, c'est cette aventure. En mai 2003, une dizaine d'agriculteurs s'interrogent sur l'impact qu'a la crise de la vache folle sur les liens ente eux et les consommateurs. « Ils se sont rendu compte que ce lien avait été rompu et qu'il leur fallait trouver le moyen de le recréer », raconte Ghislain Trigueros. De cette volonté est née la boutique de producteurs Saveurs fermières.

Quelques éleveurs, viande ou lait, un maraîcher, quelques arboriculteurs ont donc décidé d'acheter collectivement un garage situé au 10, rue de la Céramique à Limoges, en ville. C'était en mai 2003. Le lieu change de destination pour devenir une boutique de producteurs. « L'originalité, c'est d'avoir intégré dès le départ un rayon de boucherie traditionnelle avec l'embauche d'un boucher », souligne le directeur actuel, Ghislain Trigueros. Ces premiers coopérateurs jouent à fond la carte de la communication et ça marche. Très vite, la coopérative emploie un deuxième boucher et les clients affluent. En 2010, un atelier de transformation est monté pour réaliser de la charcuterie, des plats cuisinés...

Les coopérateurs de Saveurs fermières s'imposent un cahier des charges : « On pourrait le définir par une agriculture paysanne, c'est-à-dire des petites fermes, pas d'OGM, des conditions d'élevage respectueuse avec litière et paille, au moins 50 % d'autoalimentation, une structure familiale... », résume Ghislain Trigueros. Surtout, l'idée était de permettre aux agriculteurs de vivre normalement de leur activité.

« Les prix sont fixés par l'agriculteur, révèle le directeur. Un prix juste pour faire vivre l'agriculteur et satisfaisant pour les clients. » De toute façon, pour Ghislain Trigueros, la régulation se fait toute seule car si les prix sont trop élevés, ça ne se vend pas. En revanche, ils correspondent le plus souvent aux prix pratiqués sur les marchés. La coopérative prélève un taux de commission sur les ventes qui est aujourd'hui de 21 %, en baisse puisque précédemment il était à 23 %. Pour les apporteurs non-adhérents, il est de 30 %. En fonction des volumes de vente, chaque coopérateur doit passer du temps dans le magasin, d'une demi-journée jusqu'à 12 jours par mois pour certains. Du temps pour recréer un lien solide avec les consommateurs.

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