Agriculture

Premier bilan, un an après

Haute-Vienne
L'installation de méthanisation du Gaec du Lotier à Saint-Brice-sur-Vienne est en activité depuis 1 an.
Un méthaniseur est entré en fonction à la SARL de La Tuilerie à Saint-Brice fin octobre 2019. On revient sur la genèse du projet et les premières leçons qui en découlent un an après.

"On s'est intéressé à la méthanisation parce qu'on réfléchissait à une meilleure gestion de nos effluents d'élevage", indique en préambule Stéphane Prévost, gérant de la SARL de La Tuilerie et du Gaec du Lotier à Saint-Brice-sur-Vienne. C'était il y a 4 ans.

"Nous avons d'abord contacté la Chambre d'agriculture qui à l'époque commençait tout juste à s'intéresser à ce sujet. Du coup, on s'est débrouillés tout seuls. On a contacté différents constructeurs, on a visité plusieurs unités et au final on a opté pour un système de cogénération. C'est celui qui convient le mieux à la valorisation des effluents disponibles sur l'exploitation et qui permet de vendre de l'électricité verte", ajoute-t-il. Un moteur de 250 kW a été installé. "Il a été bridé dans un premier temps à 200 kW, le temps de bien gérer le fonctionnement de l'installation. On pourra augmenter sa capacité si nécessaire", observe Stéphane Prevost.

Autonomes en matières

"Nous mettons chaque jour entre 16 et 17 tonnes de matière dans le digesteur. Il y a du fumier de bovins, de l'ensilage de Cive (Cultures intermédiaires à valorisation énergétique) et des tontes de pelouses fournies par la commune de Saint-Brice", poursuit-il. "Nous sommes pour l'instant autonomes pour la ration", précise Stéphane Prévost. En effet, la quantité d'effluents est abondante puisque le Gaec gère un troupeau de 250 vaches limousines en système naisseur-engraisseur et un troupeau de 50 vaches laitières sur aire paillée. Sur la SAU de 430 ha - qui permet la culture de 70 ha de céréales et de 60 ha de maïs ensilage - la culture de Cive est organisée. Ainsi, un seigle est installé en couvert hivernal sur 30 à 40 ha ; il est ensilé au printemps et un sorgho biomasse est semé derrière lui en mai pour être récolté en octobre. Le choix de ces cultures a fort potentiel méthanogène a été fait avec le technicien de la coopérative qui suit le Gaec, précise Stéphane Prevost. 

Un an après sa mise en route, "on est plutôt content de l'installation en place", note-t-il. La gestion des effluents est améliorée, les besoins du méthaniseur n'entrent pas en concurrence avec la ration des animaux et de l'énergie verte est produite. Un salarié s'occupe de l'approvisionnement du digesteur et du suivi de l'installation la semaine (soit 2 heures par jour). La nuit et le week-end, Stéphane Prévost prend le relais et traite les alertes s'il y en a (panne de courant, micro-coupures, par exemple). Le rythme est pris. Aussi, une réflexion pourrait prendre forme afin d'intégrer d'autres apporteurs agriculteurs et solliciter le moteur de cogénération à son maximum. Mais rien n'est encore sûr.

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