Economie

Un engouement pour le classique

Haute-Vienne
étal de légumes
La tendance est nette : la demande est très bonne au sein des magasins de producteurs sur les produits de saison, alors que les produits festifs souffrent.

Que ce soit à La Petite Ferme à Boisseuil, à Brin de Campagne à Couzeix ou à Saveurs Fermières à Limoges, le constat est le même : les deux confinements successifs ont engendré une très bonne bonne demande sur les produits de saison ou traditionnels comme la viande ou les légumes, alors que les produits plus spécifiques ou de fête sont à la peine.

À la Petite Ferme à Boisseuil, "on est resté sur notre cœur de métier, on n'a pas développé de nouveau système de vente", indique Émilie Rebeyrat, salariée du magasin. "Lors du premier confinement, on fermait plus tôt, là, on n'a rien changé. Pendant le premier, on a eu moins de monde mais des paniers plus importants. Pendant le deuxième, les clients sont venus normalement, même si des journées ont été plus denses que d'autres et les après-midi plus calmes. On observe un regain d'activité aux heures de débauche," note-t-elle. Un bémol est cependant observé sur les produits festifs. "Aujourd'hui, les producteurs de volailles de fête sont inquiets", souligne Émilie Rebeyrat.

Des drives adaptés

À Saveurs Fermières, à Limoges, Ghislain Trigueros, le directeur, dresse un état des lieux similaire. "Après le premier confinement, nous avons observé une perte de clientèle. Pour y pallier, nous avons développé un système de drive qui n'a pas été reconduit cet automne", indique-t-il. "Dès le premier déconfinement, nous avons observé un relâchement pour les circuits courts. Cet automne, même si le confinement a été différent du premier, un mouvement de soutien envers l'économie locale a été ressenti. On a capté de nouveaux clients, on en a perdu de fidèles qui préfèrent sans doute rester à domicile. Globalement, cette année, on a une baisse de fréquentation d'environ 15 % mais un panier en hausse de 15 à 20 % ", poursuit Ghislain Trigueros.

À Brin de Campagne, à Couzeix, la situation est la même. "On observe une demande plus importante sur certains produits et une baisse significative sur d'autres, indique Patricia Mingotaud, productrice chargée de la communication. Une hausse de la demande est observée sur les fruits, les légumes, les laitages et la viande alors qu'elle diminue sur les produits plus spécifiques comme le foie gras, l'agneau, les escargots, les tisanes ou les cosmétiques", souligne-t-elle. L'annulation de nombreux marchés de Noël inquiète d'autant plus ces producteurs déjà fragilisés.

"Pendant le deuxième confinement, les consommateurs, moins dans la crainte, ont eu l'esprit plus tranquille. Le rush a été moins important qu'en mars", ajoute-t-elle. En prime, "nous avons mis en place un drive qui s'est avéré plus simple à gérer cet automne qu'au printemps", note Patricia Mingotaud. Si "on a fait un bon mois d'octobre et un bon mois de novembre, on est dans l'expectative pour les fêtes de fin d'année. L'annonce du 15 décembre sera déterminante pour les producteurs de produits festifs", estime-t-elle. Un avis partagé par Ghislain Trigueros, qui appréhende aussi cette fin d'année.

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