Agriculture

La Ferme de Lauzanne se prépare

Haute-Vienne
Foie gras Ferme Lauzanne
Entre crise de la Covid-19 et retour de la grippe aviaire, cette exploitation de canards gras tire son épingle du jeu grâce à une petite production commercialisée en circuits courts.

Lors de ce deuxième confinement comme au mois de mars, c'est d'abord le hasard qui semble avoir bien fait les choses pour Sophie Boulesteix et son compagnon Denis. Les jeunes producteurs ont eu peu de produits frais à vendre durant ces périodes qui sont chaque fois tombées pendant leurs trois semaines d'interruption d'abattage prévues avant l'annonce des confinements.

Si Sophie reste confiante quant à l'écoulement des stocks et à la poursuite de son quota de production, c'est notamment grâce à son réseau de commercialisation en direct et en circuits courts. La fermeture des restaurants n'a donc pas impacté ses revenus puisqu'elle n'en fournissait aucun. Mais concernant les marchés, l'avenir est encore incertain. " Nous n'avons pas vraiment ressenti de perte lors du premier confinement, car les ventes ont explosé au drive fermier de Limoges. Le gros hic est plutôt arrivé cet été. Nous tournions dans un rayon de 10-15 kilomètres sur les marchés fermiers de la Communauté de communes Ouest Limousin, mais 4 sur 10 ont été annulés. L'impact s'est vraiment fait sentir en septembre-octobre. Par chance, les marchés aux gras sont maintenus pour cet hiver à Saint-Yriex-la-Perche, mais on ne sait pas encore si les gens vont venir ", s'interroge Sophie Boulesteix.

Parallèlement, les produits sont proposés au magasin de producteurs La Petite Ferme située à Boisseuil, près de Limoges, et dans le drive À portée de mains. Les ventes à la ferme, qui est située à 1 km d'Oradour-sur-Vayres, sont également maintenues dans le respect des gestes barrières.

Retour de la grippe aviaire

Même si les stocks ont toujours été écoulés jusqu'ici, Sophie confie : " J'avais des craintes, mais les commandes de particuliers commencent à arriver. On a eu la chance de créer une clientèle grâce au bouche-à-oreille et au magasin sur Limoges, mais ça reste encore à voir ."

Bien que les mesures de biosécurité doivent être renforcées, les deux exploitants ont cependant plusieurs raisons de ne pas redouter le retour de la grippe aviaire. Située en dehors des voies migratrices de canards, la concentration en exploitation est aussi très faible autour de la ferme. Sophie Boulesteix compare en prenant l'exemple des Landes. " Les élevages de canards sont plus concentrés dans ce bassin de production, et avec des productions de maïs. C'est ce qui crée le risque. Mais de par notre schéma d'installation et le fait qu'il n'y ait pas d'autres élevages à touche-touche avec nous, ça devrait aller."

Quant à la contamination par les fientes lors de la livraison de nourriture, tout a été planifié pour l'éviter. " Lors de sa construction, nous avons arrangé le site de telle façon à limiter tout contact extérieur. Les aliments sont livrés en amont, les clients ne viennent que dans la boutique, donc personne ne rentre sur le site sauf nous. " Avec une chaîne de production entièrement réalisée sur le site, un parcours sécurisé et une clientèle locale, les deux exploitants restent confiants en cette période de crises sanitaires.

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