Economie

Le blanchiment des châtaignes, un savoir-faire

Haute-Vienne
L'Atelier de la châtaigne au marché de Noël de Limoges
Du service en milieu rural aux marchés de la capitale, la société l'Atelier de la châtaigne à Dournazac a encore de beaux jours devant elle.

Quand Alexei Delouis reprend l'Atelier de la châtaigne en 1999, les paysans retraités de la région ramassent encore leurs propres châtaignes. À cette époque, la prestation proposée s'adresse au milieu rural. Les habitants viennent avec leurs paniers pesant 50 à 80 kg. Les châtaignes sont épluchées et blanchies avant d'être mises en bocaux pour assurer l'hiver. Alexei ambitionne de valoriser ce fruit. Il apprend sur le tas les techniques de production qui lui confère aujourd'hui son savoir-faire. Mais les années passant, Alexei constate que les paysans qui autrefois faisaient de la châtaigne un produit de subsistance se font de plus en plus rares. « J'ai compris que ça ne serait plus viable longtemps. Il y avait une demande en châtaignes toutes prêtes. J'ai donc eu l'idée de créer une gamme de produits, et les consommateurs sont toujours dans cette tendance », explique-t-il.

Depuis 2005, les produits sont à la fois issus de sa propre châtaigneraie de 5 hectares et d'autres producteurs de Haute-Vienne, de Corrèze et de Dordogne. Pour les choisir, Alexei a deux critères : la qualité gustative et la facilité d'épluchage pour laquelle plusieurs variétés ont été sélectionnées. Cette diversité permet aussi de pallier les aléas climatiques.

Une offre diversifiée

La majeure partie de la production s'effectue de la récolte d'octobre jusqu'à la fin de l'hiver. Malgré un vaste réseau de distribution, la crise de la Covid-19 a ébranlé l'entreprise. Au printemps, les boutiques de touristes fermées n'ont permis aucune vente, tandis que l'annulation des fêtes de la châtaigne a creusé le manque à gagner. Il en est allé de même pour les marrons grillés dans les rues de Paris et Strasbourg, sans compter la fermeture des restaurants. Si Alexei n'a pas encore trouvé de nouveaux débouchés, il peut tout de même compter sur les particuliers : « On propose de la châtaigne fraîche blanchie sous-vide à des grilleurs ou des particuliers, à des professionnels et à des grossistes, mais on propose aussi des produits finis comme la crème de marrons ou la farine de châtaignes. » Les produits sont vendus à l'atelier et dans différentes épiceries et Gamm Vert de la région. Depuis trois ans, Alexei travaille aussi avec l'enseigne parisienne Frichti. Les châtaignes ont enfin rencontré un franc succès sur les marchés de producteurs parisiens du mois de novembre, avant de conclure l'année par le marché de Noël de Limoges. « J'ai encore plein d'idées. Il y a du travail et de la demande, à condition selon moi de faire un bon produit », remarque Alexei, optimiste.

Dans la même thématique

Le président de la Fédération des métiers de la viande, Gilles Gauthier, dresse l'état des lieux des marchés de bovins, en France et à l'export. Une clé pour comprendre les prix actuels.
France
Poker menteur et impact covid
C'est sur la place de la République de Limoges que le marché de Noël s'installe à partir de samedi. Il regroupe quelque 80 professionnels dans une configuration inhabituelle.
Haute-Vienne
Le marché de Noël, coûte que coûte