Agriculture

Colère et séquestration à Ladignac

Haute-Vienne
Belle vache
Intervenant chez un éleveur de Ladignac-le-Long victime de la tuberculose bovine, une délégation a été bloquée sur place par des militants de la Coordination rurale.

Mardi 2 février, 14 h 30, comme le veut le protocole en vigueur, une délégation se présente chez un éleveur de Ladignac-le-Long. Cette délégation est composée de deux agents de la DDCSPP, du président de la CDAAS, Michel Gandois, du président de la Chambre d'agriculture de Haute-Vienne, Bertrand Venteau, et du vétérinaire de l'agriculteur, Henri Derom. Elle est annonciatrice de mauvaises nouvelles : un cas avéré de tuberculose bovine a été détecté chez l'éleveur.

Malheureusement pour lui, l'éleveur connaît la procédure, c'est une récidive chez lui. Malgré tout, la conversation s'engage normalement sur les modalités et les conséquences de cette détection. Au dehors, ce qui semble être des "promeneurs" arrivent. En fait, il s'agit de militants de la Coordination rurale qui portent leur chasuble. Ils sont plusieurs dizaines et entourent la maison de rubalises, ils déversent des tas de fumier pour empêcher les véhicules de sortir et somment les membres de la délégation de venir s'expliquer.

À l'intérieur de la maison, personne ne sort mais l'inquiétude s'installe. Au bout d'un certain temps, le président de la Chambre explique qu'il a un souci professionnel et qu'il doit partir. Les militants de la CR le laisse s'éclipser. Face au mutisme des autres membres de la délégation, une dizaine de manifestants entrent dans la maison. Le président de la CDAAS leur tourne le dos tandis qu'ils réclament des explications. En particulier, ils veulent savoir pourquoi c'est d'abord une autre éleveuse de Haute-Vienne qui a été informée d'être victime de la tuberculose une dizaine de jours auparavant. En fait, et ce sont les explications des responsables de la DDCSPP, les analyses sont effectuées dans le seul laboratoire agréé tuberculose bovine du secteur, à savoir celui de Dordogne. Une erreur de manipulation des tubes et des étiquettes a eu lieu, aboutissant à cette confusion. Les militants exigent des excuses des fonctionnaires qui n'en sont donc pas responsables. Des insultes pour les uns, juste des demandes d'explications pour les autres... Les deux agents de la DDCSPP confieront plus tard qu'elles ont eu peur.

Malgré tout, les militants ressortent mais les membres de la délégation restent cantonnés dans la maison. Alertés, les gendarmes finissent par arriver, une heure environ après le début des faits. Protégés par les forces de l'ordre et sous les huées des militants de la Coordination rurale, le président de la CDAAS, les deux responsables de la DDCSPP et le vétérinaire peuvent enfin quitter les lieux.

À la suite de ce qui s'apparente à une séquestration, des plaintes ont été déposées auprès de la gendarmerie.

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Marc Bourry est éleveur et conseiller municipal, à Saint-Martin-le-Mault. Comme d'autres agriculteurs du secteur, il se pose des questions sur le projet agro-solaire du Couret.
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