Agriculture

Compter sur les vergers

Haute-Vienne
pâturage additionnel
Le programme Brebis link a pour objectif d'améliorer les surfaces de pâturage additionnel en ovin. Un échange a eu lieu le 2 février au lycée agricole de Saint-Yrieix-la-Perche.

Le 2 février, plus d'une vingtaine de participants - éleveurs et techniciens - étaient au lycée agricole de Saint-Yrieix-la-Perche pour échanger autour du pâturage additionnel, un sujet étudié dans le cadre du programme Brebis link. Développé en différents points de France, il veut mesurer l'intérêt du pâturage de landes et forêts (pastoralisme), mais aussi de vignes, grandes cultures et vergers. « Aujourd'hui, on va parler de vergers de pommiers et de châtaigniers », a indiqué Camille Ducourtieux, technicienne à la Chambre d'agriculture de Dordogne. Le lycée de Saint-Yrieix-la-Perche est d'autant plus indiqué qu'une expérimentation y est conduite depuis trois ans.

Marc Bassery, responsable de l'exploitation du lycée, l'explique : « Nous avons décidé de tester ce type de pâturage sur le verger de pommiers parce qu'il permet d'économiser deux broyages et parce qu'il a un impact sur la gestion sanitaire du verger (gestion des insectes, des parasites, des champignons), même si les effets n'ont pas été quantifiés. Nous avons observé que le désherbage était super bien fait par les brebis qui nettoient toutes les zones. Le palissage n'est pas un problème, le système d'irrigation en hauteur non plus. » Ce pâturage est recommandé après la cueillette, d'octobre à mi-février. Marc Bassery note qu'il est préférable d'installer un lot de brebis homogène à faibles besoins et de les parquer la nuit dans un autre espace pour éviter qu'elles ne s'attaquent aux arbres. Le chargement qu'il préconise est élevé : 180 brebis pour 1,20 ha pour un pâturage d'environ 10 jours.

Pascal Babaudou, installé en Gaec à Saint-Genest-sur-Roselle avec son frère, a lui aussi opté pour le désherbage de son verger conduit en bio avec des brebis. Après un essai peu concluant avec des brebis viande, il a opté pour des brebis rustiques, d'origine anglaise, à faibles besoins. « Le pâturage est occasionnel, hivernal, pour nettoyer le verger. Je pense qu'il faut être prudent sur des vergers de 1 à 2 feuilles », note-t-il.

L'emploi de cuivre, fait après la cueillette car il a un effet cicatrisant, pose question. Un travail réalisé par le Ciirpo montre cependant qu'il est responsable de très peu de problèmes sanitaires sur de courtes périodes de pâturage.

Et les châtaigniers ?

Patrick Buisson, qui développe un verger de châtaigniers à Saint-Yrieix-la-Perche et Coussac-Bonneval, utilise une trentaine de brebis sous ses châtaigniers conduits en bio. « Les brebis tournent sur les vergers et sur des parcelles qui leur sont réservées. Je les sors deux mois et demi avant la récolte, pour que les châtaignes ramassées à la machine soient propres », explique d'emblée Patrick Buisson. « En plus de nourrir les brebis, ce système diminue les passages de tracteur et de broyeur. Je compte aussi sur la matière organique qu'elles apportent et j'ai diminué mes apports de compost », ajoute-t-il.

Afin de protéger les troncs, qui sont fragiles jusqu'à 15 ans, Patrick Buisson a imaginé un système de protection : un grillage d'1,20 m de haut et d'un diamètre de 50 cm environ. Ce dispositif est voué à limiter les attaques de chevreuils et des brebis quand elles pâturent.

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