Agriculture

Une prairie gagnante aux Vaseix

Haute-Vienne
Concours prairies Les Vaseix
Le lycée agricole des Vaseix a accueilli des responsables de Semaé (ex-GNIS) qui ont récompensé les lauréats du concours Prairie temporaire 2020.

À peine vingt ans, la première, originaire d'Angoisse en Dordogne, est fille d'éleveuse et envisage son avenir dans l'agriculture, la seconde, de deux ans son aînée, ne vient pas du tout du monde agricole, vit à Saint-Priest-sous-Aixe et se destine aux études vétérinaires. Ensemble et malgré les circonstances liées à la Covid-19, elles ont mené un gros travail pour remporter le premier prix du concours Prairie temporaire qu'organise tous les ans le Gnis (Groupement national interprofessionnel des semences), devenu en janvier Semaé. Et la Périgourdine Marine Chouly et la Haut-Viennoise Laura Meunier en ont les yeux qui pétillent.

« Moi, je pensais que les vaches mangeaient juste de l'herbe », rigole Laura Meunier qui fait son BTS PA pour s'ouvrir les portes des concours vétérinaires. Mais elle s'est plongée avec plaisir et succès dans ce concours pour améliorer les rations de compléments azotés de jeunes bovins mâles de moins d'un an. L'objet de ce concours est d'être très concret. « Nous avons d'abord réalisé le diagnostic de l'exploitation sur laquelle nous avons travaillé, celle de mon père », souligne Marine Chouly.

Intégrer les résultats économiques

À partir de ce diagnostic, les deux jeunes filles ont proposé la création d'une prairie composée de luzerne, brome et dactyle accompagnée d'une méthode d'implantation. Que ce soit les professeurs et responsables du lycée ou le délégué régional de Semaé, Vincent Delaunay, tous soulignent l'importance de monter un projet qui soit concret, ce qui signifie réalisable par un agriculteur. Aussi, les deux étudiantes ont livré avec leur projet de système fourrager les conclusions technico-économiques. « Sur le papier, le bilan économique est favorable à l'exploitant », se réjouit Laura Meunier. Et Marine Chouly complète : « Par rapport à l'achat de compléments azotés, ça coûte moins et donne plus d'autonomie à l'éleveur. » Pour valider ces conclusions, cette composition de prairie sera implantée en septembre par le père de Marine.

Les responsables du lycée ont insisté sur la manière d'articuler leur pédagogie autour de ce concours pour qu'il devienne un projet pluridisciplinaire incluant toute l'équipe enseignante. « Pour nous, a précisé le professeur Olivier Mathieu, ce concours est un support pédagogique qui permet de faire des étudiants des acteurs en leur donnant une approche terrain de l'enseignement ». Avec ce leitmotiv : que les agriculteurs puissent en faire quelque chose. Et, a priori, avec succès puisque la classe de première année de BTS PA a déposé pas moins de 13 dossiers, impliquant 26 élèves. Du coup, le lycée des Vaseix a remporté les deux premiers prix de cette compétition regroupant la région Centre, le Limousin et la région Sud-Est.

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