Agriculture

Comment pallier le manque de paille ?

Haute-Vienne
litière plaquettes Magnac-Laval
La Chambre d'agriculture et cinq étudiants en BTS productions animales ont proposé un après-midi d'échanges autour d'alternatives à la paille de céréales.

Le motif est simple : face à la difficulté récurrente de trouver de la paille de céréales à des prix non prohibitifs, la Chambre d'agriculture et cinq étudiants en BTS productions animales ont travaillé ensemble pour proposer, mercredi 3 février, un après-midi d'échanges autour de quatre alternatives.

Cinq étudiants et un projet

Tous les ans, la Chambre d'agriculture de Haute-Vienne propose, dans le cadre d'Innov'action, des journées axées autour de l'innovation. De son côté, le lycée agricole des Vaseix implique les étudiants en BTS productions animales dans des projets au travers du module Initiatives locales : innovations en agriculture. Magali Cubizolles, professeure d'économie/gestion, Olivier Mathieu, professeur d'agronomie, et Léa Goin, professeure de zootechnie, encadrent des groupes d'étudiants de cinq, chacun œuvrant autour d'une thématique. « Cette année, nous avons travaillé avec la Chambre d'agriculture sur les journées Innov'action organisées entre autres autour des alternatives à la paille avec le concours de Jeanne Joubert, responsable des relations entre le lycée et les Organisations professionnelles agricoles », indique Magali Cubizolles.

Cinq étudiants en deuxième année de BTS productions animales au lycée des Vaseix avaient organisé l'animation proposée le mercredi 3 février sur l'exploitation du lycée agricole de Magnac-Laval. Simon Poupard raconte comment il a travaillé aux côtés de Léo Varacher, Jérémy Vinet, Clément Puech et Théo Monceau : « Le thème nous a intéressé. Nous nous sommes rapprochés de la Chambre d'agriculture puis nous avons demandé au lycée de Magnac-Laval de nous mettre à disposition quatre cases identiques pour pouvoir mettre en place une comparaison entre différentes alternatives », indique-t-il. Ensuite, le lycée agricole leur a trouvé les matériaux qu'ils avaient choisi de tester. « Le miscanthus a été fourni par l'EARL La Luzernière, de Couzeix, les plaquettes viennent du broyage de bois résultant de l'entretien de haies, la dolomie a été achetée à une carrière et la paille de colza chez un agriculteur du secteur. Dans chaque case, d'une surface de 40 m2, nous avons étalé environ 8 m3 de matériau, soit une épaisseur d'environ 20 cm. Le nombre d'animaux installés par case devait correspondre au même nombre d'UGB. Ensuite, quand cela a été nécessaire, nous avons fait un premier apport de paille, ensuite nous avons paillé à date fixe pour mesurer l'évolution de la litière. »

Le jour J, près de quarante personnes se sont intéressées à la présentation des cinq étudiants. Case par case, des explications ont été données et des échanges ont eu lieu.

Miscanthus, plaquettes...

Les éleveurs présents se sont beaucoup intéressés au miscanthus, une graminée originaire d'Afrique et d'Asie du Sud dont l'espèce cultivée en France, un triploïde stérile, est réputée non invasive. Cette graminée a d'ailleurs été reconnue comme pouvant faire partie des surfaces d'intérêt écologique (SIE) de la Politique agricole commune.

Le miscanthus peut être utilisé en litière dès la récolte, en avril-mai. Son fumier ne chauffe pas, n'a pas d'odeur et présente peu de jus. Le curage est par conséquent moins fréquent et les animaux sont propres et calmes. En revanche, son stockage demande des adaptations (le miscanthus est volumineux) et son utilisation générant de la poussière, il est préférable de l'étaler au godet.

Les plaquettes bois ont fait l'objet de nombreuses études et leur intérêt n'est plus à démontrer. En sous-couche de 8 à 10 cm, la litière reste plus sèche et moins chaude, ce qui limite la prolifération des pathogènes et neutralise les odeurs. Si la source des plaquettes est souvent locale (bois de haies par exemple), il est nécessaire d'anticiper pour les faire faire : le broyeur doit être disponible, de préférence après la chute des feuilles. Et puis un temps de séchage de 3 à 6 mois en bâtiment est recommandé avant utilisation.

... dolomie et paille de colza

La dolomie est un calcaire magnésien qui peut être utilisé en sous-couche, en bâtiment. La dolomie est livrée en vrac et doit se stocker au sec. Sa granulométrie fine nécessite de l'épandre de préférence un mois avant l'entrée des animaux. Une sous-couche de 10 cm suffit pour une économie d'un tiers de paille en association. La dolomie permet d'avoir une litière moins chaude et plus sèche. Épandue, sa composition permet d'apporter en même temps matière organique et amendement.

Enfin, la paille de colza est intéressante quand elle est produite sur l'exploitation. Facile à conditionner et à stocker, elle s'utilise facilement, à la pailleuse ou à la désileuse/pailleuse. Néanmoins, elle ne présente qu'un faible pouvoir absorbant et, compte tenu de sa faible densité, les animaux s'enfoncent.

Outre leurs aspects positifs, ces alternatives présentent un coût qu'il est nécessaire d'appréhender dans sa globalité. Les personnes intéressées par l'une ou l'autre de ces solutions sont donc invitées à se rapprocher de leur technicien de secteur.

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