Santé

Une question de santé publique

France
Si la découverte d'un cas de tuberculose bovine est un drame pour un éleveur, il faut remettre les choses en perspective : cette maladie est une zoonose et la tuberculose humaine tue.

Abattre, ne pas abattre ? Éradiquer la tuberculose bovine ? Ou laisser faire ? Les éleveurs se posent la question parfois. Pas toujours aidés par des prises de position de certains à l'emporte-pièce et, surtout, à la mémoire courte. La tuberculose bovine est d'abord, et avant tout, une zoonose. Cela signifie que la maladie est transmissible à l'homme. Et l'être humain peut mourir de la tuberculose. Faut-il le rappeler ?

On a oublié. Les plus jeunes ne peuvent pas se souvenir parce qu'avec l'arrivée des antibiotiques, de la vaccination, la tuberculose a disparu de notre quotidien mais pas du monde, ni même de France. La tuberculose tue chaque année 1,5 million de personnes dans le monde. Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), c'était 1,4 million en 2019 pour 10 millions de personnes ayant contracté la maladie.

La tuberculose est considérée comme l'une des dix premières causes de mortalité dans le monde.

En revanche, c'est bien la maladie infectieuse la plus mortelle du monde. On considère que 30 % des cas avérés de tuberculose sont dus à la bactérie de la tuberculose bovine.

L'impact de la Covid-19

Jusqu'en 2019, la maladie régressait d'environ 2 % par an. Avec l'apparition de la Covid-19, cette baisse du nombre de cas est mise à mal. D'une part, le dépistage est moindre, les personnes potentiellement atteintes sont moins bien détectées et les financements manquent pour poursuivre le programme de l'OMS dont l'ambition est de réduire de 90 % les décès dus à la tuberculose.

Évidemment, cette maladie frappe principalement les pays en voie de développement. Pour autant, il ne faudrait pas croire que la France n'en est pas victime. Même si bien des progrès ont été effectués. Ainsi, en 1972, on comptait 31 167 cas pour un taux pour 100 000 habitants de 60,3. En 2015, ces chiffres sont au plus bas avec 4 536 cas pour un taux de 7. On pourrait se réjouir d'une telle baisse, sauf que, depuis, le nombre de cas est remonté à 5 092 pour un taux de 7,6 (chiffres 2018). En Haute-Vienne, pour la même année, on dénombre 32 cas avec un taux supérieur d'un point à la moyenne nationale à 8,6.

La transmission de la tuberculose de la vache à l'homme peut se faire par voie aérienne et directement par contact. Elle est également possible par la voie digestive : en mangeant de la viande ou bien en consommant du lait insuffisamment pasteurisé. C'est bien parce que ce risque existe que la grande partie des pays développés s'attachent à assainir leur cheptel bovin.

La tuberculose bovine a la réputation d'être "une maladie du passé". Or, depuis 2004, on observe en France une recrudescence du nombre de cas. D'où la nécessité d'une surveillance accrue.

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