Agriculture

Elle a su rassembler les éleveurs

Haute-Vienne
vente virtuelle glbv 032021
Vendredi 19 mars, Sofrelim proposait pour la première fois une vente aux enchères en ligne, en live. Le bilan est plutôt encourageant.

Il est près de 14 h. La salle habituellement dédiée aux réunions ou autres assemblées générales au Verdeau, au siège de la coopérative GLBV, a été réaménagée. Responsables et techniciens de Sofrelim sont installés devant leur ordinateur portable. Devant eux, un écran s'affiche sur lequel les enchères vont démarrer.

La tension est palpable, l'inquiétude aussi un peu, peut-être. Il y a de quoi puisque cette vente en ligne, en direct, est une première et elle a bien failli ne pas voir le jour, le serveur hébergeant le site ayant été impacté par un incendie un peu plus d'une semaine auparavant.

Finalement ça y est. Il est 14 h, le premier veau est annoncé. Et là tout s'enchaîne... Parfois les enchères s'envolent, parfois elles tardent un peu à partir... « C'est hyper stressant ce principe-là », peut-on entendre. Quand ce ne sont pas de grands "oufs" de soulagement quand un veau va finalement trouver preneur à un prix correct, bien que peut-être pas si élevé que s'il avait été présenté sur le ring...

Au final, la vente a su convaincre puisqu'ils sont 139 éleveurs à s'être connectés, sans compter les ordres d'achat qui étaient gérés par les techniciens de Sofrelim, dans la salle. La vente s'est déroulée vite et elle se clôturait à 15 h 35 avec un prix moyen de 3 171 euros pour les 49 jeunes reproducteurs vendus.

Deux veaux affichent ce jour-là de très bonnes enchères : il s'agit de Poilu, un veau né en novembre 2019 chez Sébastien Prat, à Lubersac, et de Panini, né en septembre 2019 au Gaec Sagne-Lescure, enlevés respectivement pour 5 100 et 4 900 euros.

Joint par téléphone, Sébastien Prat se dit très content de l'issue de la vente. « C'était très stressant parce qu'on ne savait pas trop s'il y aurait assez d'offres lors de la mise aux enchères. Je me suis connecté tout de suite pour regarder et pour miser », annonce-t-il. Cet éleveur proposait ce jour-là deux veaux à la vente, Pastis, né en octobre 2019, et Poilu. C'est Poilu qui a fait le "buzz" en partant pour 5 100 euros chez un client fidèle de Sofrelim en Côte-d'Or. Ces qualités viande ont séduit. En effet, « Poilu affiche beaucoup de croissance. Sa mère est une de mes meilleures, une de mes plus grosses. Son père est un veau né sur mon exploitation, c'est un fils d'Ultrabo MN, un taureau avec beaucoup de viande dans le bas de cuisse et un gros bassin », ajoute l'éleveur.

Si l'issue de cette vente s'avère concluante, Sébastien Prat espère retrouver très vite le chemin du Verdeau pour participer en présentiel. « En physique, c'est plus agréable. On se voit entre éleveurs, on voit les animaux, on les compare. On mesure davantage les différences entre les uns et les autres. » Il n'y a pas de doute : c'est quand même plus convivial. D'ailleurs, dès que la situation sanitaire du pays le permettra, ces rendez-vous seront privilégiés, rappelle Sylvie Sylvestre, chargée de la mise en place de ces ventes.

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