Economie

Le plan de relance, c'est du concret

Haute-Vienne
Plan de relance au Club de la presse
Le préfet de Haute-Vienne s'attache à la promotion du plan de relance. Cette fois, invité par le Club de la presse du Limousin, il était accompagné de chefs d'entreprise.

Quatre mois. Juste quatre mois entre le dépôt du dossier et la réponse de l'Administration ou les premières sommes versées. « C'est toujours un peu compliqué de se retrouver dans les méandres de l'Administration, mais là, non seulement nous avons été bien aidés et, en plus, je tiens à souligner la célérité des services pour obtenir une réponse rapide », souligne avec enthousiasme Bruno Faye. Pourtant, le directeur général de la société Champeau, spécialisée dans la charpente, avoue qu'il était plutôt « sceptique » quant au recours aux services de l'État pour son entreprise. C'est donc bien volontiers qu'il est venu témoigner lundi 29 mars après-midi, à l'Hôtel de Région de Limoges en réponse à l'invitation du Club de la presse du Limousin qui organisait une journée sur le plan de relance.

« Même si l'Administration peut être compliquée, ça ne doit pas être le problème des entreprises », reconnaît le préfet de Haute-Vienne. Seymour Morsy est inlassable promoteur du plan de relance du gouvernement, doté de 120 milliards d'euros, et il mouille la chemise pour en faire profiter en Haute-Vienne les entreprises, collectivités, agriculteurs, voire particuliers à travers le dispositif MaPrimeRénov'. Il est épaulé dans ce dossier par le préfet à la retraite Ghislain Chatel, à même de guider les porteurs de projet dans les arcanes administratifs.

Implication des chambres consulaires

Seymour Morsy a loué l'implication des chambres consulaires, en particulier de la Chambre de commerce et d'industrie dont le président, Pierre Massy, participait à cette rencontre. « Donner de l'attractivité au territoire, ça commence par des entreprises, plaide le président de la CCI. Malgré la crise que nous traversons, nous devons les accompagner et le plan de relance tombe pile poil pour soutenir des entreprises qui souhaitent se développer. »

Les trois entreprises amenées à témoigner lundi présentent la particularité d'utiliser le plan de relance pour se développer avec à chaque fois de l'emploi à la clé. Ainsi, la société Champeau veut moderniser son usine d'Eymoutiers en améliorant l'outil de production facilitant le travail des employés.

Airmems est une start-up née en 2013 qui se spécialise dans la conception de commutateurs basée sur des microrelais électromécaniques. « Nous avions prévu en 2020 une levée de fonds auprès d'investisseurs afin d'entrer en phase d'industrialisation », confie Romain Stefanini, dirigeant de l'entreprise. Mais la Covid-19 a bouleversé cette volonté. Le plan de relance va permettre de rassurer les investisseurs « et nous allons pouvoir nous lancer dans la création de la première usine européenne de commutateurs mems », se réjouit Romain Stefanini. Et la première année, ça se compte en 25 à 30 emplois.

De l'argent et des emplois

Christophe Lautrette envisage également une quinzaine d'embauches lorsqu'il aura pu lancer l'industrialisation de la production et de la lecture de son innovation, l'oncogramme. À la fin de son doctorat en biologie passé à Limoges, il discute avec des oncologues. De ces échanges va naître son entreprise, Oncomedics et, surtout, l'oncogramme. « L'idée est de pouvoir tester un traitement sur la tumeur cancéreuse en dehors du corps du patient afin de constater rapidement s'il fonctionne ou pas », explique le chef d'entreprise. Christophe Lautrette a fait appel au plan de relance pour développer un outil de production beaucoup plus industriel.

Ces exemples enthousiasment Pierre Massy : « Voilà, il s'agit d'argent converti en emploi à travers des sites de production qui s'installent ici, en Haute-Vienne. » Pour l'aspect financier, Ghislain Chatel s'est montré très précis en indiquant que « pour ces trois entreprises, ce sont 3,2 millions d'euros et le ministère a validé 11 lauréats pour un montant global de 17 millions d'euros ».

Le préfet Seymour Morsy espère que d'autres entreprises s'inspireront de ces exemples pour prétendre, à un titre ou un autre, au plan de relance.

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